Ados : Une alimentation plus saine pour une scolarité plus sereine

Ghada Choucri Mercredi 06 Novembre 2019-13:43:00 Jeunesse
Une alimentation plus saine pour une scolarité plus sereine
Une alimentation plus saine pour une scolarité plus sereine

 

Sensibiliser les ados à la qualité de leur alimentation à une période où nombre d’entre eux ne jurent que par le fast-food, peut s’avérer une mission ardue. Mais nécessaire car les études montrent qu’une alimentation saine favorise à la fois un meilleur moral et des résultats scolaires à la hausse.

Les ados sont volontiers attirés par le cocktail salé-sucré-gras de la restauration rapide plutôt que par les vertus subtiles des légumes. Même les produits les plus anodins achetés au supermarché, comme un dessert lacté ou une sauce salade, incorporent aujourd’hui des émulsifiants, des conservateurs, des arômes artificiels, des édulcorants, des colorants etc. Or tous ces aliments transformés et leur cohorte d’additifs portent atteinte à l’intégrité des voies digestives.

Le « régime ado » attaque le système digestif

Benoît Chassaing, un chercheur français exerçant aux Etats-Unis, a montré que certains émulsifiants (E433 et E466) utilisés à grande échelle en agroalimentaire pour stabiliser les mélanges de matières grasses et d’eau, induisent un syndrome métabolique, des colites et des changements du comportement chez les souris ; normalement la muqueuse digestive est isolée des bactéries par un mucus, mais les émulsifiants permettent aux bactéries de franchir cette barrière protectrice et d’induire une inflammation .

Une équipe israélienne de l’Institut Weizmann a montré en 2014, également chez la souris, que les édulcorants de synthèse (sucralose, aspartame et saccharine) modifient la flore intestinale dans le sens d’un déséquilibre pathogène propre à favoriser les maladies chroniques de l’intestin (MICI) comme la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique. Pour Benoît Chassaing, « le parallèle entre le développement de ces maladies et celui de l’alimentation industrielle, et de ses additifs de synthèse, est évident ».

Un ado heureux est un ado qui mange mieux

Le lien entre l’alimentation, la santé du système digestif et la santé globale de l’individu est de mieux en mieux étayé. Si le syndrome métabolique et les MICI sont les manifestations de dysfonctionnements déjà bien installés, les stades intermédiaires moins flagrants ont aussi des répercussions bien réelles, notamment sur l’humeur et les compétences cognitives.

Plusieurs études ont conclu qu’un régime alimentaire de qualité, inspiré du régime méditerranéen riche en légumes, en fruits et en bons gras, améliore les résultats scolaires ainsi que l’humeur des ados par rapport à ceux qui consomment habituellement de la « junk food ». Des chercheurs suédois, australiens et français confirment, en particulier, l’importance des acides gras polyinsaturés les fameux oméga-3 pour le bon fonctionnement des capacités cognitives et d’apprentissage.

Les comportements et les émotions aussi sont influencés par ce que mangent les ados. Des chercheurs de l’Université Macquarie (Australie) ont mis en évidence la corrélation entre une alimentation incorporant régulièrement des produits transformés et les symptômes dépressifs comme la tristesse, la faible estime de soi ou la fatigue chronique. Pour la chercheuse australienne Felice Jacka, «trop de malbouffe et pas assez d’aliments sains génère plus de comportements colériques et agressifs, mais aussi plus de tristesse, d’anxiété et de cauchemars».

en relation