Barrage de la Renaissance : Réunion au Caire des ministres de l’Irrigation des trois pays

Test Acount Mardi 03 Décembre 2019-20:45:31 Actualités
Les ministres égyptien, soudanais et éthiopien de l’Irrigation ont débuté hier lundi leurs réunions de deux jours au Caire
Les ministres égyptien, soudanais et éthiopien de l’Irrigation ont débuté hier lundi leurs réunions de deux jours au Caire

Les ministres égyptien, soudanais et éthiopien de l’Irrigation ont débuté, hier lundi, leurs réunions pour reprendre les négociations autour du Barrage de la Renaissance, dans un nouveau round au Caire. Ces réunions de deux jours et qui prennent fin aujourd’hui mardi, se focalisent sur le remplissage et le fonctionnement du barrage éthiopien.

Les ministres doivent étudier et discuter des visions des trois pays autour des mécanismes de remplissage et de fonctionnement du Barrage de la Renaissance, avec la participation d’un représentant de la Banque Mondiale et d’un autre représentant des Etats-Unis.

Les trois ministres doivent discuter des points en suspens dans ce dossier, depuis la première réunion qui s'est tenue au début du mois passé à Addis-Abeba. Les points notamment relatifs aux facteurs techniques qui régissent le remplissage et le fonctionnement du Barrage, ainsi que les stratégies et démarches à entreprendre en cas de sécheresse et de sécheresse étendue. Les ministres ont également examiné les mécanismes de coordination entre les trois pays pour poursuivre l’examen des visions de chaque Etat quant aux différents éléments.

Le ministre éthiopien de l’Irrigation, était arrivé au Caire à la tête d’une délégation importante des responsables concernés.

Le ministre égyptien de l’Irrigation, Dr Mohamed Abdel Aati, a souligné qu’il est nécessaire de discuter des règles régissant le remplissage et le fonctionnement du Barrage de la Renaissance. Des discussions plus approfondies, a-t-il dit, et de poursuivre les consultations déjà débutées lors de la dernière réunion d'Addis-Abeba.

Dr Abdel Aati, qui s’exprimait dans son allocution inaugurale, a mis l’accent sur l’engagement de l’Egypte à parvenir à un accord équitable et équilibré concernant le remplissage et le fonctionnement, conformément aux points sur lesquels les plus hautes autorités égyptiennes s’étaient mises d’accord et qui ont été inclus dans l’Accord de principes en 2015. “Cela confirme notre foi que le Nil est un lien éternel d’interactivité entre les populations de nos trois pays et tous les pays riverains du Fleuve”, a-t-il souligné.

Et Dr Abdel Aati de marteler : “Je vois qu’il existe une voie claire qui peut aboutir à une solution satisfaisante et bénéfique aux différentes parties dans ces négociations. Notre objectif est d’aboutir à un accord d’une part, pour permettre à l’Ethiopie de réaliser son objectif de produire de l’énergie hydrique, sans pour autant causer des dégâts dans les autres pays. Ceci reflète les vraies intentions de l’Egypte qui appuie sincèrement les efforts éthiopiens de développement et de croissance économique”.

Le ministre égyptien a poursuivi en disant: “Permettez-moi d’être très clair sur ce point. L’Egypte désire parvenir à un accord concernant le Barrage de la Renaissance, qui comportera le plan de remplissage du Barrage et qui permettra à l’Ethiopie de produire son énergie électro-hydrique dans les plus brefs délais.

Cet accord comportera également les règles de fonctionnement du Barrage pour poursuivre la production d’énergie et réaliser des rendements d’investissement. Toutefois, cet accord devra en même temps protéger et sauvegarder les pays de l’aval : l’Egypte et le Soudan, des grands dégâts qui peuvent être causés par l’utilisation des eaux en introduisant un nouveau système sur le bassin Est du Nil”, a-t-il réitéré, avant de réaffirmer : “Nous avons besoin de parvenir à un accord concernant le remplissage des réservoirs, de sorte à permettre au réservoir du Barrage de la Renaissance de réaliser son objectif, tout en protégeant le Haut Barrage et le Réservoir d’Assouan et leur permettre également de réaliser leur objectif”.

Dr Abdel Aati a enfin appelé à considérer les effets qui peuvent résulter de la sécheresse lors du remplissage et du fonctionnement du Barrage de la Renaissance. “C’est une question d’une importante priorité pour l’Egypte”, a-t-il dit, espérant aboutir à un accord définitif concernant le remplissage et le fonctionnement du Barrage en 2020.

Le ministre soudanais de l’Irrigation, a pour sa part, souligné lors des réunions, que les négociations du Barrage de la Renaissance sont “fructueuses” et avancent sur la bonne voie. Il a, à cet effet, exprimé l'espoir de réaliser un vrai progrès dans ce dossier, pour défendre les droits et les intérêts des populations des trois pays, ainsi que pour trouver de nouvelles opportunités de coopération conjointe. “Nous focalisons nos discussions sur les points techniques, et discuter de nos soucis et préoccupations est susceptible de frayer la voie pour réaliser une avancée sur ce point”, a souligné le ministre soudanais, appelant à se focaliser sur le reste des problèmes relatifs à la construction du Barrage. “Je propose pour que ces négociations soient objectives, d’adopter deux volets : le premier est de poursuivre les négociations sur la base de ce qui été réalisé à Addis-Abeba, et le second est de se focaliser sur deux ou trois points, dont le remplissage à long terme”, a-t-il ajouté.

Quant au ministre éthiopien de l’Irrigation, il a mis l’accent sur l’engagement total de son pays au fait que le Barrage de la Renaissance soit un modèle d’inclusion et d’intégration dans la région, exprimant l'espoir de voir les négociations du Caire aboutir. “L’Ethiopie accorde un grand intérêt à ces réunions afin de parvenir à des décisions concernant le Barrage, tout en respectant tous les accords”, a expliqué le ministre éthiopien.

Et d’ajouter que les observateurs jouaient un rôle important en présentant leurs conseils aux concernés et que les trois pays se sont focalisés sur les problèmes techniques, espérant voir toujours cet esprit régner lors des réunions du Caire.

“L’Ethiopie cherche, à travers le Barrage, à faire produire l’électricité pour améliorer la qualité de vie des Ethiopiens et à mettre un terme au paupérisme. Ce Fleuve est vital pour l’Egypte et le Soudan, et l’Ethiopie a le droit d’utiliser ses ressources. Les négociations techniques ne visent pas à trouver la légitimité de la construction du Barrage. Nous devons mieux négocier et nous devons chercher des solutions aux problèmes en suspens. Nous nous attendons à réussir à parvenir à un moyen collectif qui nous permet à tous, de réussir et d’avancer au niveau de ce dossier”, a-t-il renchéri.

Cette réunion du Caire est une poursuite des réunions tenues le mois dernier dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba, en présence des représentants américains et de la Banque Mondiale en tant qu’observateurs.

 

 

 

en relation