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Brexit : Macron perçu à Londres comme un “faucon”

Dalia Hamam Samedi 23 Mars 2019-14:13:02 Actualités Internationales
Le président français Emmanuel Macron arrive à un sommet européen le 21 mars 2019 à Bruxelles
Le président français Emmanuel Macron arrive à un sommet européen le 21 mars 2019 à Bruxelles

Emmanuel Macron est une nouvelle fois perçu comme un faucon en Europe dans les négociations sur le Brexit, soumettant les députés britanniques à d’intenses pressions afin qu’ils ratifient l’accord négocié par la Première ministre Theresa May. Le président français a rejeté un report trop conséquent du Brexit, qui doit intervenir le 29 mars, se disant même prêt à une absence d’accord sur le retrait du Royaume-Uni.

Jeudi encore, il a exhorté les députés britanniques à approuver l’accord sur le Brexit négocié entre Theresa May et les 27 autres membres de l’UE, même si celui-ci a déjà été rejeté par deux fois par le Parlement de Westminster. Un autre vote est attendu la semaine prochaine.

“Je suis évidemment tout à fait ouvert à une prolongation technique qui doit être la plus courte possible en cas de vote positif”, a dit le chef de l’Etat français lors d’un sommet européen à Bruxelles.

Mais “en cas de vote négatif britannique, nous irions vers un no deal”, a-t-il mis en garde, répétant que l’accord de retrait tel qu’il a déjà été négocié par l’UE “ne peut pas être renégocié”.

Dans un éditorial jeudi, le quotidien conservateur The Daily Telegraph établit une “symétrie” entre le général De Gaulle, qui avait empêché que le Royaume-Uni rejoigne l’UE en 1963 et 1967 et Emmanuel Macron qui cherche aujourd’hui à “nous pousser plus rapidement” vers la sortie.

Le président français est régulièrement perçu par la presse britannique de droite, depuis le référendum sur le Brexit en 2016, comme à la tête des “faucons” partisans de fermeté dans les négociations avec Londres. Mais l’attitude française n’est qu’une rhétorique consistant à dire plus directement ce qu’autres dirigeants européens sont plus prompts à taire, selon des analystes et des diplomates.

“Nous avons souvent eu des débats sur la tactique à adopter, entre les 27, mais jamais de dissensions réelles sur les choses fondamentales”, estime un haut responsable européen dans un entretien à l’AFP.

“Je n’ai trouvé personne qui ait une approche plus flexible”, analyse François Heisbourg, ancien diplomate français et conseiller à l’International Institute for Strategic Studies (IISS) à Londres.

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