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Brexit : Theresa May hésite sur sa stratégie avant une semaine cruciale

Walaa Al-Assrah Lundi 25 Mars 2019-12:46:34 Actualités Internationales
Theresa May
Theresa May

Theresa May va-t-elle représenter son accord de Brexit aux députés britanniques? Les hésitations de la Première ministre alimentaient hier dimanche un climat de crise, voire de fin de règne pour la dirigeante, avant une semaine cruciale pour les modalités du divorce.

Destiné à mettre en oeuvre un Brexit en douceur, ce Traité de retrait de l’UE, un texte de près de 600 pages conclu après de difficiles négociations avec Bruxelles, a déjà été rejeté, massivement, par la Chambre des Communes le 15 janvier, puis le 12 mars.

Un nouveau vote avait été présenté par Theresa May comme la suite logique du sommet européen qui s’est tenu cette semaine, lors duquel elle a obtenu un report du Brexit au-delà de la date initialement prévue du 29 mars, fixant désormais au 12 avril au plus tôt l’échéance fatidique. Mais la dirigeante conservatrice a semé le trouble vendredi dans une lettre aux députés, laissant entendre que le vote pourrait finalement ne pas avoir lieu la semaine prochaine, “s’il apparaît qu’il n’y a pas suffisamment de soutien” pour l’approuver, ce qui semble fort probable.

Le gouvernement devrait dévoiler ce lundi ses intentions, et pourrait proposer une série de votes indicatifs pour déterminer les desiderata du Parlement.

Une option qui n’est pas sans danger en raison des tensions qu’elle pourrait susciter au sein de l’exécutif, les eurosceptiques craignant que le Parlement n’en profite pour prendre le contrôle du Brexit, et en dénaturer la substance.

Organiser de tels votes serait “l’idée la plus ridicule, enfantine et irréaliste que j’aie jamais vue”, a lancé le député conservateur Marcus Fysh, pro-Brexit.

Dans le cas où elle présenterait finalement son accord aux députés, Theresa May devra surmonter deux obstacles, le premier ayant trait à la possibilité même de soumettre le texte. Ce vote, initialement prévu cette semaine, avait été bloqué par le président des Communes, John Bercow. Lors d’un énième coup de théâtre dans la saga du Brexit, le “Speaker” a estimé que l’exécutif ne pouvait soumettre à nouveau l’accord sans changement.

Les récentes décisions de l’UE peuvent toutefois apparaître comme des éléments nouveaux permettant le vote, selon les analystes.

Le deuxième obstacle fait en revanche figure de gageure, puisque la Première ministre doit convaincre les députés de changer d’avis, qui plus est après les avoir échaudés en rejetant sur eux la responsabilité des atermoiements du Brexit dans une allocution mercredi, à la veille du sommet européen.

Signe de la montagne à gravir, le petit parti nord-irlandais DUP, qui assure à Theresa May une fragile majorité absolue au Parlement, a souligné que la dirigeante avait “raté une occasion” d’améliorer son accord lors du sommet de l’UE.

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