Covid-19 : Les hôpitaux portugais en ordre de bataille face à la deuxième vague

Dalia Hamam Dimanche 25 Octobre 2020-11:28:43 Actualités Internationales
 Un professionnel de santé prend en charge un patient atteint de Covid-19 dans l’unité  de soins intensifs de l’hôpital Sao Joao de Porto, Portugal, le 22 octobre 2020
Un professionnel de santé prend en charge un patient atteint de Covid-19 dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital Sao Joao de Porto, Portugal, le 22 octobre 2020

“Vous êtes un guerrier, il vous faut juste un peu de temps”, dit une infirmière portugaise pour encourager l’un des 25 patients atteints du Covid-19 qui ont poussé à la limite de sa capacité l’unité de soins intensifs de l’hôpital Sao Joao, à Porto. “A partir de maintenant, pour répondre à une courbe épidémiologique qui continue de monter, nous devrons occuper d’autres parties de l’hôpital”, s’inquiète le docteur José Artur Paiva, directeur du service de soins intensifs de cet hôpital de référence pour tout le nord du Portugal.

C’est dans cette région que la deuxième vague de la pandémie frappe le plus fort ce pays qui, au printemps, était parvenu à éviter une surcharge de ses hôpitaux en se confinant de façon précoce, grâce à une arrivée du virus plus tardive qu’ailleurs en Europe.

“Nous avons à nouveau un léger décalage cet automne. C’est un avantage, car cela nous donne plus de temps pour nous préparer, mais il faut le faire”, souligne le Dr Paiva, dont l’hôpital a dû passer au troisième cran d’un plan de contingence à quatre niveaux.

Au printemps, sa capacité avait été temporairement doublée, mais au détriment des soins apportés aux malades souffrant d’autres maux et dans un contexte de confinement généralisé que les autorités veulent désormais éviter.

Au sixième étage, réservé aux cas les plus critiques, les infirmières, équipées de masques, de lunettes, de blouses et de charlottes, s’affairent dans le calme autour de malades dévêtus, reliés par des câbles et des tuyaux à une série d’appareils et d’écrans clignotants.

La “peur de l’inconnu” qui avait marqué la première vague de l’épidémie s’est estompée au fur et à mesure que les soignants ont appris à mieux connaître le virus et à faire de meilleurs choix dans les traitements aux malades, explique l’infirmière en chef Patricia Cardoso.

“Nous sommes fatigués, et cela se voit dans nos équipes, mais nous sommes prêts pour cette nouvelle bataille”, assure-t-elle à l’AFP, même si elle regrette d’assister à “une hausse de la transmission communautaire lors de rassemblements conviviaux”.

Si l’extrême prudence reste de mise sur la ligne de front que représentent les unités de soins intensifs, c’est surtout à la population de mieux se protéger, plaide-t-elle, alors que les experts avancent des estimations “effrayantes”.

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