D'une péninsule désertique en "un espace projet"

Nevine Ahmed Vendredi 04 Mai 2018-15:29:12 Chronique et Analyse
Dans le cadre des festivités du 36e anniversaire de la libération du Sinaï
Dans le cadre des festivités du 36e anniversaire de la libération du Sinaï

Sinaï, une péninsule désertique. Longtemps, et par le passé, cette région a joué un rôle de glacis et d'espace de confrontation lors du conflit égypto-israélien. Nous célébrons chaque année, depuis 1982, sa restitution totale à l'Egypte. Aujourd'hui, le Sinaï est l'objet d'un investissement sans précédent de la part de l'Etat.

 

 

Le mois d'avril marque souvent chez les Egyptiens, le couronnement de leur victoire contre Israël. C'est au cours de ce mois, précisément le 25, que l'Egypte a réussi à restituer le total du Sinaï. Si la péninsule a été considérée comme une zone désertique inexploitée pour de longues années, aujourd'hui, elle est l'objet d'un ambitieux plan de développement, qui sert une double cause: d'une part, le Sinaï devient un espace projet essentiel dans le cadre de la politique d'aménagement du territoire, et de l'autre, ces projets de reconstruction et de développement servent comme meilleur moyen de lutte contre le terrorisme, puisque le facteur humain s'avère être la meilleure arme de combat.

Ce volontarisme étatique s'est donc traduit par un rapide processus d'urbanisation impulsé par l'investissement et par le développement touristique.

Le Sinaï a une résonance universelle. La péninsule a été pour longtemps considérée comme un espace mythique, symbolisant un lieu hautement spirituel avec sa fameuse Montagne sacrée, qui lui a donné son nom.

A présent, la stratégie de l'Etat vise à installer des méga-projets sur cette parcelle du territoire, ce qui lui a valu une valeur économique supplémentaire. Marge jusque-là encore vierge, le Sinaï est de plus en plus ouvert aux dynamiques de l'Etat. Et c'est notamment dans ce contexte que sont élaborés de nombreux projets d'investissement, devenus la priorité des politiques du gouvernement, partant d'une conviction inébranlable: mettre un terme au terrorisme passe notamment par le vrai développement, et le progrès et la floraison de l'économie de l'Etat passent par la hausse des taux de développement dans ses différentes villes.

Le ministère du Logement vient de révéler les détails de son plan au Sinaï et des taux de projets en cours d'exécution. Le ministre, Dr Mostafa Madbouli, parle donc d'un certain nombre de projets mis en place dans la péninsule avec des investissements d'un montant de 5,5 milliards de L.E. pour assurer les différents services aux habitants locaux.

Ces projets couvrent les secteurs de routes, de logement, des bâtiments de service, d'un développement global et complémentaire des communautés bédouines, ainsi que des projets d'illumination des villages et de développement des zones informelles, afin d'assurer une meilleure qualité de vie aux citoyens de la péninsule et leur assurer leurs besoins en alimentation.

Le président de l'Organe central de reconstruction, le général Mostafa Al-Agouz, souligne que parmi les projets sous exécution à présent au Sinaï, figurent 26 nouveaux complexes de développement dans les milieux bédouins, dont 19 au Nord Sinaï et 7 au Sud. Ces projets ont un financement assuré par les Fonds arabes. Il s'agit entre autres, de la construction de logements conçus en respect des traditions des habitants sinaïtiques, outre les bâtiments de service et les réseaux de routes, d'une distance de près de 93,5 km. Le but est principalement d'améliorer ces routes et de contribuer au développement des villages et des rassemblements de bédouins. Citons également entre autres servicesn ceux relatifs à l'acheminement du courant électrique à ces rassemblements et l'amélioration des services d'électricité dans ces zones pour ainsi appuyer et consolider les efforts sécuritaires, notamment au Nord Sinaï.

Et à l'Organe de reconstruction de Sinaï, les responsables ont confirmé la présence de nombreux projets de développement relatifs à la culture de fruits et de dattiers, ainsi qu'à l'installation de serres agricoles et de projets de pisciculture.

Ces projets comportent également la création d'un village pour les jeunes diplômés afin de contribuer au développement technologique de cette région. Des écoles et des bâtiments relatifs aux activités éducatives seront également fondés, ainsi que des embuscades sécuritaires et des projets d'eau et de drainage.

Parallèlement, des grandes compagnies d'entrepreunariat contribuent à l'embellissement des différentes régions de la péninsule sinaïtique, pour embellir les rues, les carrefours et les différents quartiers des villes du Sinaï.

Au Sud Sinaï, notamment à Charm El-Cheikh, un géant projet de réaménagement de la ville a été installé pour effectuer un développement global dans cette région afin qu'elle soit à la hauteur de grandes villes touristiques mondiales.

Ce projet, d'un montant de près de 10 millions de L.E. et dont la durée d'exécution ne doit pas dépasser les 30 jours, comporte le réaménagement de l'axe routier "Al-Salam" avec ses deux phases, la modernisation de la zone du "souk" pour ainsi la transformer en "un Champs-Elysées de l'Orient", ainsi que le développement de la zone touristique d'Al-Nabq.

Les responsables ont également révélé la mise en place d'autres projets de développement, avec un chiffre d'affaires dépassant les 2 milliards de L.E. à Ras Sedr, Abou Znéma, Abou Rédis, Siante-Catherine, Dahab et Nouweiba. Le musée d'Oyoun Moussa fera également l'objet d'une majeure rénovation, ont-ils conclu.

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