Dalida, un mythe de son vivant et une légende aujourd'hui

Soha Gafaar Vendredi 24 Janvier 2020-21:57:43 Chronique et Analyse
Dalida, un mythe de son vivant et une légende aujourd'hui
Dalida, un mythe de son vivant et une légende aujourd'hui

Le 17 janvier de chaque année ses fans de par le monde entier animent la commémoration de son anniversaire. Ils tiennent même à compter son âge jusqu'à nos jours si elle continuait encore de vivre parmi nous. Cette année elle aurait 87 ans. Nous parlons sans doute de la star de tous les temps, Dalida, la dame de cœur. Elle vivait une vraie relation passionnelle avec son public. L’annonce de sa disparition, au soir du 3 mai 1987, a fait une foule d’orphelins, dans le monde. Pas un magazine, pas un quotidien ne continue de lui consacrer sa Une 32 ans après…

Elle continue de fasciner public et médias. Mieux qu’aucune autre, Dalida a incarné pendant plus de trente ans un certain idéal féminin, à la fois proche et fatal, relevant au fil des années de nouvelles facettes de sa personnalité, et aussi de nouvelles failles. Essayons alors aujourd'hui de lui faire hommage en exposant sa biographie et son archive de photos. Pour plus de détails sur sa vie consultez:  

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dalida

https://dalida.com/biographie/son-histoire.html

https://www.linternaute.fr/musique/biographie/1777558-dalida-biographie-courte-dates-citations/

https://www.universalmusic.fr/artiste/1940-dalida/bio

Dalida personnage incontournable magnifié par une carrière exceptionnelle. A travers ses refrains cousus à fleur de peau, Dalida construit et déconstruit le puzzle de sa vie.

Sa voix chaude, en a fait l'une des vedettes préférées du public français. Elle enregistre en 10 langues près de 1 000 chansons, en Français, mais aussi en italien, espagnol allemand, japonais, égyptien, anglais, flamand et libanais.

Dalida a vendu plus de 125 millions de disques dans le monde, ses succès ont été couronnés par des dizaines de trophées, dont certains ont été inventés à son intention comme le «Disque de Diamants» en 1981. Elle recevra au cours de sa «carrière à deux reprises» l'Oscar mondial. Depuis son départ de ce monde, elle est une des figures culte pour les nouvelles générations qui la redécouvrent. Dalida était un mythe de son vivant elle est aujourd'hui une légende.

De son vrai nom Yolanda Gigliotti, Dalida est née au Caire le 17 janvier 1933. Issue d'une famille italienne immigrée en Egypte, elle est la seule fille parmi deux frères, Orlando son aîné et Bruno, le cadet. Leur père, Pietro, est premier violoniste à l'Opéra du Caire.

Adolescente, elle se destine à une carrière de secrétaire. En 1951, elle se présente en cachette à un concours de beauté. Trois ans après, elle participe au concours de Miss Egypte et gagne le premier prix. Elle est alors engagée comme actrice pour tourner dans des films au Caire, le Hollywood de l'Orient. Elle y est repérée par un réalisateur français. Yolanda, devenue Dalila, rêve de Paris. Malgré les réticences de sa famille, le 24 décembre 1954, elle s’envole pour Paris.

Les temps sont difficiles. Le cinéma français n’a pas de place pour elle. Alors, pour subvenir à ses besoins, elle prend des cours de chant. Elle est engagée dans un cabaret des Champs Elysées, et plus tard à la Villa d'Este. Elle y est présentée comme la «Révélation de la chanson française».

A «l'Olympia», Dalila est invitée et elle choisit d'interpréter «Etrangère au Paradis». A cette occasion, elle rencontre deux hommes : Lucien Morisse, directeur artistique d'Europe 1, et Eddy Barclay, éditeur de disques. Ils sont décidés à trouver la perle qui leur permettra de lancer leurs entreprises respectives. Dalila, devenue DALIDA, semble être l'artiste qu'il leur faut.

Elle enregistre son premier «45 tours» chez Barclay, «Madonna», mais c'est avec «Bambino» que Dalida va s'imposer. C'est un immense succès.

L'année  1956 est pour Dalida l'année de tous les succès. Elle fait ses premiers pas à l'Olympia en vedette américaine de Charles Aznavour. «Bambino» la propulse et le public l'accueille avec enthousiasme. Il en redemande. C'est chose faite en septembre où l’on frise l'émeute à l'entrée. Dalida fait désormais les couvertures des magazines. Le 17 septembre 1957, on invente pour elle le premier disque d'or. Lucien Morisse est devenu plus qu'un pygmalion pour la jeune chanteuse. Une idylle est née entre eux. En 1958, elle reçoit l'Oscar de Radio Monte-Carlo, qu'elle garde sept ans de suite. Puis, elle part en tournée à travers le monde. Elle passe ensuite à Bobino où elle triomphe.

Lucien Morisse continue à lui faire enregistrer des succès. Elle est la chanteuse préférée du moment et trône dans les hit-parades devant Edith Piaf, Jacques Brel…

Le mariage tant attendu tarde à se faire. Le 8 avril 1961, après de nombreuses tergiversations, Lucien et Dalida se marient à Paris.

Lucien Morisse ne la laisse pas souffler : travail, travail, travail. Aux dépens de leur vie de couple. Dalida se sent délaissée. Quelques mois après, elle rencontre Jean Sobieski lors d'une escale à Cannes. C’est le coup de foudre réciproque. Un bras de fer va alors commencer entre elle et Lucien Morisse. Malgré sa dette artistique envers lui, elle désire retrouver sa liberté, ce qui est difficile à accepter pour le nouveau marié.

Malgré sa nouvelle passion, Dalida n'oublie pas sa carrière. Les jeux sont loin d'être faits car Dalida ne fait plus office de jeune première dans le monde du showbiz. C'est pourtant un triomphe. Cela réconforte la chanteuse et ses fans. Elle se produit durant un mois dans la salle qui accueille plus de deux mille spectateurs par soir.

Après le divorce avec Lucien Morisse et son emménagement dans sa nouvelle maison, Dalida finit par rompre avec Jean Sobieski. Elle prend un peu de recul. Elle se métamorphose, devient plus sophistiquée et continue son travail d'autodidacte en lisant toujours plus.

En octobre 1966, la maison de disques italienne RCA lui présente un jeune auteur-compositeur plein de talent, Luigi Tenco. Ce jeune homme fougueux et contestataire fait forte impression à Dalida. Pour une nouvelle campagne italienne, le label décide de présenter la chanteuse au Festival de San Remo. A cette occasion, ils annoncent à leurs proches leur mariage prévu en avril. Malheureusement, la soirée tourne à la tragédie. Luigi Tenco, extrêmement angoissé, sous l'emprise de l'alcool et de tranquillisants, ne supporte pas que le prix échappe à l'un et à l'autre. Il fustige les membres du jury et dénonce la mainmise de l'argent sur le festival. Dégoûté et incompris, il se suicide dans la chambre de son hôtel. Dalida est anéantie. Quelques mois plus tard, désespérée, elle tente à son tour de se suicider à l'aide de barbituriques.

Cet épisode malheureux augure en fait, une nouvelle ère dans la carrière de Dalida. C'est le début de la période «Madone» en robe longue blanche. La dévotion du public semble éternelle pour «Sainte Dalida», comme la surnomme la presse.

Le temps de «Bambino» est révolu. Elle lit maintenant beaucoup, s'intéresse à la philosophie, se passionne pour Freud et s'initie au yoga. L'élévation de l'âme est désormais sa seule raison de vivre. Mais sa carrière continue : elle retourne en Italie pour participer à une célèbre émission de télévision, et le 5 octobre 1967, remonte sur la scène de l'Olympia.

Toujours à la recherche d'elle-même, Dalida entreprend plusieurs voyages en Inde pour suivre les enseignements d'un sage. En même temps, elle commence une analyse selon la méthode de Jung. Tout cela semble l'éloigner de la chanson qu'elle n'oublie pourtant pas. En août 1970, c’est le succès populaire avec «Darla Diladada». A l'automne, elle rencontre Léo Ferré lors d'une émission de télévision. Dès son retour à Paris, elle enregistre «Avec le temps» qu'elle tend à populariser. Elle ne veut plus chanter que des chansons qui ont à ses yeux un intérêt et une dimension poétique. Dalida doute énormément en entrant sur scène sur l'Olympia. Mais le succès est total, une fois de plus.

Elle retrouve Alain Delon, un ami de toujours, avec qui elle avait partagé une liaison passionnelle dans les années 60. Ils n’ont rien oublié de leur histoire d’amour et leur complicité n’est que plus forte. Ils chantent ensemble en 1973 «Paroles paroles». Ce titre devient en quelques semaines le N°1 des hit-parades de France, d’Europe et du Japon.

Les années 70 voient le développement des émissions de télévision consacrées à la variété. Elle en profite largement car elle y est souvent invitée aussi bien en France qu'à l'étranger.

Dans les pays arabes, Dalida est fortement appréciée. On la sait originaire du Caire en Egypte. Cela renforce les liens que le public peut entretenir avec elle. Son retour dans les années 70 en Egypte et ses voyages au Liban lui donnent l'idée de chanter en arabe. Elle reprend en 1977 une chanson du folklore égyptien «Salma Ya Salama». Le lancement se fait en France et au Moyen-Orient. Le succès est vertigineux. Elle l'enregistre finalement en cinq langues.

En juin 79, elle retourne en Egypte pour chanter. Son voyage est très attendu, le public est présent et le Président Anouar El-Sadate reçoit la chanteuse à cette occasion. Elle part ensuite pour une tournée dans les Emirats puis rentre en France.

Le début des années 80 démarre par un feu d'artifice. Elle part ensuite pour une tournée triomphale jusqu'à l'automne.

En 1981, après sa rupture douloureuse avec le Comte Saint-Germain, Dalida, comme toujours, se lance dans un travail acharné pour oublier sa vie privée chaotique, où elle finit toujours par se retrouver seule.

Les deux années qui suivent sont marquées par sa prise de position en faveur du nouveau président de la République Française, François Mitterrand. Son engagement plus amical que politique lui vaut des critiques qui la desservent professionnellement.

En 1983, elle enregistre un nouvel album sur lequel on trouve des chansons comme «Mourir sur scène» et «Lucas».

Au cours de ses trente-sept années de succès ininterrompu, elle trouvera le temps de tourner quelques films, mais devra attendre 1986 pour trouver un vrai rôle de composition. Elle n’hésitera pas à se vieillir pour être l’héroïne du film de Youssef Chahine «Le sixième jour», dans lequel elle se révèlera être une grande tragédienne. La critique saluera sa performance. Mais du haut de leur piédestal en porcelaine, même les déesses ont du vague à l'âme et le blues au cœur. Dalida n'échappe pas à la règle. La légende qui se nourrit de destins tragiques exceptionnels est déjà en marche. Toutes ces années de travail l'ont fatiguée, éprouvée. Elle se sent de plus en plus seule et pense que si elle a réussi sa vie d’artiste, elle a raté sa vie de femme. Elle n’a pas de mari, pas d’enfant, les années commencent à lui peser. Elle interprète : «Moi, je veux mourir sur scène… ». Mais, considérant que la vie ne peut plus rien lui apporter, elle décide de s’endormir à jamais dans la nuit du 2 mai 1987, et laisse pour dernier message: «Pardonnez-moi, la vie m’est insupportable».

 

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