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Des préjugés qui nous préjugent!

Nermine Khatab Vendredi 06 Avril 2018-14:23:06 Chronique et Analyse
Des préjugés qui nous préjugent!
Des préjugés qui nous préjugent!

«Il est plus facile de désintégrer l'atome que de vaincre un préjugé». Sans nul doute, Einstein lorsqu'il a marqué cette réalité, il avait présenté à l'humanité une justification à  pas mal d'actions et de comportements humains qui paraissent, à première vue, injustifiés et incompréhensibles à la fois. La raison, la logique et la sagesse se montrent incapables face aux contraintes qui figent notre jugement et brouillent notre vision quant à notre entourage. Sa puissance est-elle telle qu'il est impossible de faire changer l'avis de quelqu'un à propos d'une idée tout faite? Si oui, sommes-nous responsables de ces idées reçues que nous avons parfois sans vraiment en avoir conscience? Comment s'en faire alors?

 

Dans notre société multiculturelle il existe beaucoup de stéréotypes et de préjugés. Il s’agit de concepts très proches de sorte qu’il est difficile de les distinguer. Jugements de valeurs, lieux communs, banalités, opinions, stéréotypes, clichés, préjugés, idées reçues, stigmatisations et phrases cousues en fonction des espaces dans lesquels elles sont employées. Nous avons tous en tête des stéréotypes et des préjugés qui façonnent nos pensées. Nous avons beau nous en défendre, argumenter ou prendre le contrepied des idées reçues, difficile de s'en détacher; pour la simple et bonne raison que nous sommes tous constitués de ces préjugés.

Nous ne nous reconnaissons que par la représentation mentale que nous nous en faisons. Ces préjugés ne font en définitive que dissimuler notre ignorance de la réalité. Ils conduisent parfois à des jugements de valeur plus ou moins simplistes qui constituent autant d’obstacles à une communication réussie avec notre entourage. Quelques-unes de nos erreurs les plus grossières résultent ainsi de notre incapacité à nous faire de l’autre une image réaliste.

Ces préjugés, de part et d’autre, ne cessent de compromettre la qualité des relations sociales. Le risque d’incompréhension résultant de cette méprise implique ainsi  une révision globale du système éducatif et culturel dans la société, comme pas pour faire la lumière sur les points faibles tout comme les plus forts. 

On dirait que les préjugés que nous avons dépendent souvent de nos relations sociales, de notre éducation ou encore de notre religion. Ils sont en quelque sorte imposés par ces différents facteurs. Notre entourage joue un rôle dans notre façon de percevoir les choses, d'appréhender le monde mais aussi dans notre capacité de jugement. Si nos parents ont toujours fait preuve de racisme, nous serons plus enclins à raisonner de la même façon qu'eux. Si à l'inverse, nous le serions également plus facilement. Parfois, sans nous en rendre compte, nous préférons croire ce que l'on nous raconte, par simple paresse sans même prendre le souci de faire d’examen critique au préalable.

Convaincue du propos de Victor Hugo, «Les préjugés sont des ligatures», un homme emplit de préjugés est un homme qui n'est pas réellement libre. Ils nous oppressent. Parfois nous sommes en quelques sortes emprisonnés par eux, ils nous ralentissent.  Avoir des préjugés, c'est nous empêcher d'aller plus loin, rester les pieds cloués au sol. Si nous nous basons sans cesse sur eux, ils nous empêcheront d'évoluer socialement.  Mais, une question frôle notre esprit: pourquoi  opter pour la vie dans  la noirceur de l'errance des contraintes et des moules stériles que de vivre libre et à l'aise, cette liberté tant recherchée par les philosophes et qui lui chantent les poètes.

D'après le prof en philosophie, Dr Azmi Zakaria a imputé cette problématique à «la crainte de s’isoler du groupe». Lorsque nous craignons l'inconnu, que nous sommes intimidés, nous jugeons sans connaitre pour nous défendre.

Nous pouvons dire ce que nous voulons, nous finissons toujours par suivre l'autrui. Inconsciemment, beaucoup d'entre nous ne contrediront pas personne par simple peur d'avoir tort et d'avoir air ridicule. Et de souligner que le fait de vaincre les croyances  et surpasser les préjugés est une tache qui sollicite beaucoup de force de caractère. Pourtant, abandonner nos idées reçues relève d'un énorme travail sur soi.

Il s’agit d'éveiller l’esprit critique qui sommeille en chacun de nous, tout en sachant que la tâche sera longue, ardue et périlleuse. Enfin prendre des distances avec les préjugés suppose de pouvoir en rire, en les traitant sous la forme humoristique, en les parodiant. Après tout, la bêtise de ces préjugés est purement humaine non discriminatoire, touche tout le monde, sans à priori, ni distinction de classe, de sexe, d’origine ethnique, de religion, etc…
Si Einstein a dit: «il est plus facile de fissurer un atome que de venir à bout d’un préjugé», mais cela c’était il y a quelques lointaines années. Aujourd'hui, chacun a ses recettes pour se libérer, ça c'est un mais l’essentielle est de reconnaître que «oui j’ai des préjugés, non je ne m’en accommode pas, oui je m'efforce de m’en «dépouiller».

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