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Des purges comme il se doit

Ingi Amr Dimanche 25 Mars 2018-20:35:02 Dossier
l'opération
l'opération "Sinaï 2018"

L'Egypte est entrée en mode de combat contre le terrorisme avec le lancement de l'opération "Sinaï 2018". Une opération de sécurité massive pour remplir la promesse faite quelques mois auparavant par le Chef de l'Etat, d'éliminer les éléments terroristes. Un vaste processus de développement va parallèlement à l'opération militaire, partant de la conviction que le meilleur moyen d'affronter ce danger serait l'élément humain qui reconstruit et développe.

Le succès de l'opération "Sinaï 2018" ne dépend pas de l’aspect stratégique seulement, estiment les observateurs. L'action militaire a renforcé l'esprit de fraternité et de solidarité pour établir une certaine coopération communautaire entre la population du Nord Sinaï. Un certain nombre de jeunes d’Al-Ariche ont formé un comité de crise temporaire et se sont portés volontaires pour servir les citoyens lors des opérations de sécurité et les assister dans le domaine des services de sécurité, les conditions de santé et de la nourriture, de sorte que ce comité soit temporaire et que la porte soit ouverte pour faire du bénévolat à tous ceux qui croient que cela peut servir les citoyens dans cette crise.

Mais l'appui à l'Etat dans ce combat, ne se limite ni à la confrontation militaire, ni non plus à la solidarité communautaire dans cette région, mais d'après la vision de certains citoyens, participer au vote à l'élection présidentielle, est un message direct à la Direction du pays, un message d'appui à l'opération "Sinaï 2018", puisqu'émanant de leur devoir national d'appuyer le pays pendant ces temps critiques et de le protéger contre n'importe quel danger le menaçant. "Au moment où le soldat intrépide est debout face à l'ennemi pour éradiquer le terrorisme et éliminer les éléments takfiristes, nous serons nous aussi debout devant les urnes pour remplir notre devoir civique et voter à l’élection présidentielle", ont lâché certains Egyptiens de l'étranger.

Les purges au Sinaï ne connaissent en fait pas de répit. Et à la différence des autres opérations, "Sinaï 2018" est notamment une "opération préventive et la Direction du pays y voit une opération ultime pour nettoyer le pays et en finir avec les terroristes", expliquent des analystes et quelques experts stratégiques.

Les Forces armées et la Police lancent au quotidien des offensives contre les bastions des terroristes retranchés dans cette région montagneuse. Tous les jours, des communiqués officiels font état d’un lourd bilan de pertes et de dégâts dans le camp des djihadistes. Ceux-ci, se retrouvant en besoin d’un soutien financier et logiciel se réduisant comme une peau de chagrin, n’arrivent plus depuis quelque temps à mener d’attaques puissantes contre des civils. Le manque de renforts n’est pas une conséquence d’une révision de politiques des pays parrains du terrorisme. Il revient plutôt à une prise de contrôle rigoureuse et serrée des frontières égyptiennes. La mainmise de l’armée et de la police égyptiennes sur les zones limitrophes ont considérablement contribué à faire enclaver les criminels.

La reconstruction du pays va de pair avec la guerre antiterroriste. Les grands projets connaissent enfin leur chemin vers le Sinaï, la partie du territoire égyptien la plus touchée de plein fouet par les opérations militaires. C'est à cet effet, que les propos du gouverneur du Nord Sinaï, le général Abdel Fattah Harhour, collent bien avec la tendance du Gouvernement et ses plans pour lancer un vaste processus de développement global dans la péninsule. S’agissant de bâtir un Etat fort capable de reprendre son destin en main loin des diktats de grandes puissances internationales, il était impérieux d’envisager l’avenir autrement. La refonte de l’enseignement n’est pas en reste. Sur ce dossier, l’Etat avance à petits pas stables et constants en vue de changer une donne peu enviable. Le secteur de la santé évolue à son tour grâce à une kyrielle de lois telles que la nouvelle loi de l’assurance maladie, qui avait longtemps trébuché sur une multitude d’écueils.

S’impose immanquablement l’aspect religieux dans la stratégie nationale de lutte contre le terrorisme. Etant un élément intrinsèque de la personnalité égyptienne, la religion, demeure un grand défi. La mauvaise interprétation des textes religieux passe donc à la table d’opérations. La prestigieuse institution d’Al Azhar au sommet de laquelle figure le Grand Imam Ahmed Al Tayeh travaille sur ce point délicatement traité par le régime politique. Les combats sur le terrain - si violents soient-ils - ne suffisent pas à eux seuls d’en finir une bonne fois pour toutes avec un mal aussi ramifié que la perversion idéologique. La société se démène pour corriger une pensée longtemps défigurée et manipulée au service des groupes radicaux.

Face à la poussée des terroristes, l’Egypte s’est dotée en juillet 2017 d’une base militaire, Mohamed Naguib, la plus grande du pays et d’Afrique du Nord, afin de contenir le péril venant de l’ouest. Au mois d’août suivant, la police a annoncé une vaste opération de ratissage dans l’arrière-pays désertique de plusieurs gouvernorats de Haute-Egypte (Qena, Louxor, Sohag, Wadi Gadid et Assiout) en vue d’encercler les grottes et caches où s’étaient réfugiés les éléments terroristes. Les purges se déroulent à l’ouest comme à l’est, dans la péninsule sinaïtique. La myriade de groupes armés souvent rivaux s’est manifestement rétrécie sous le poing serré des Forces armées et de la Police égyptiennes.

Entre un exploit et un autre, le terrorisme avait tendance à adresser un coup dur à l’Etat égyptien, pour gâcher la joie des Egyptiens qui se réjouissent à la vue de transformations radicales dans leur pays. A chaque joie s’ensuivait une attaque aussi douloureuse que sa précédente.

Des spécialistes attribuaient souvent la montée des attentats terroristes à trois principaux facteurs. L’établissement de grands projets nationaux de nature à modifier la face de l’Egypte passe en premier. Les réussites et les victoires qu’enchaîne le régime égyptien tant sur le plan local qu’extérieur mettent en mal les djihadistes. En butte à la déception de voir leurs ambitions tomber à l’eau, ils se tournent vers l’opinion publique en tentant de lui insuffler désespoir. Le principal objectif est de pousser les masses à minimiser voire mépriser le volume des exploits en cours. L’ouverture de l’Egypte sur le monde extérieur représente pour les groupes terroristes un grand obstacle mettant en danger leurs projets. Ceci dit, ils se tournent parallèlement vers l’extérieur afin de tenter de cloisonner l’Egypte de ses alliés mondiaux. Des sujets tels que la violation des droits de l’Homme, la protection des minorités ou la défense des droits de la Femme pointent le nez en ce moment, une matière fertile pour rouer de coups la Direction égyptienne.

Des experts vont aussi à souligner la réconciliation interpalestinienne comme étant un coup de massue aux groupes terroristes positionnés dans la péninsule sinaïtique. Comme susmentionné, les djihadistes - privés d’un soutien logiciel nécessaire à leur progression - se retrouvent dans l’obligation de feindre leur survie. Ceci dit, ils cherchent à perpétrer de nouveaux attentats par-ci par-là afin de prouver leur existence non lésée. C’est le désespoir dans ce cas qui tient lieu de catalyseur. Sous les frappes continues et douloureuses de l’armée égyptienne, les djihadites tentent à s’organiser, vainement, puisque les combats se poursuivront jusqu’à leur éradication totale du sol égyptien.

 Le complot est donc devenu clair. L'Etat combat un groupe de mercenaires recrutés par certains pays. Les masques sont tombés et les coins du complot ont été divulgués. Ils ne veulent donc qu'affaiblir l'Etat et son Armée et déstabiliser sa sécurité pour ainsi mettre des bâtons dans les roues et freiner, de façon maligne, sa démarche vers le progrès et le développement.

 

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