Faisons de l'Aïd el Kebir (ou Aïd Al-Adha) un jour sans faim, à travers le monde entier

Marwa Mourad Mardi 04 Août 2020-15:11:48 Chronique et Analyse
L'Aïd Al-Adha un jour sans faim
L'Aïd Al-Adha un jour sans faim

Dhul Hijja, une période particulièrement privilégiée dans l'islam. Ce sont les 10 premiers jours du 12e mois du calendrier musulman, l'occasion et la tradition sacrée d'effectuer le pélerinage à La Mecque. Mais cette année, à cause du contexte difficile dû à la pandémie de Covid-19, cela sera malheuresement impossible pour des millions de musulmans.

 

 

 

Pas d'inquiétude, la supériorité particulière qui se cache dans le mois de Dhul Hijja et tout particulièrement dans ses 10 premiers jours reste belle et bien valide.

D’après Ibn ‘Abbâs, le Messager de Dieu (Allah lui accorde bénédiction et paix) a dit : « Il n’est pas de jours où les actions de bien soient plus aimées de Dieu qu’en ces jours-là. », allusion aux dix premiers jours de Dhul-Hijjah.

Le Prophète Mohamed a dit : « Il n’y a pas d’acte qui soit meilleur aux yeux d’Allah ni plus largement récompensé qu’un bon acte accompli au cours des dix (premiers) jours d’Al-Adha ». (Rapporté par Al-Bukhari)

Aujourd'hui, une personne sur neuf se couche le ventre vide chaque soir, ce qui représente plus de 820 millions de personnes qui sont dans l'impossibilité de manger à leur faim. Alors que le virus continue de se répandre dans le monde entier, les familles les plus vulnérables ont besoin de votre aide pour avoir de quoi se nourrir à l'occasion de la fête de l'Aïd.

Cette fête commémore la soumission à Dieu du patriarche Abraham qui était prêt à sacrifier son fils aîné sur son ordre (Ismaël, selon la tradition musulmane, ou Isaac, selon la Bible).

La veille de l'Aïd el-Kébir, tout est purifié : les maisons sont nettoyées de fond en comble, les tissus jusqu'au moindre petit chiffon, consciencieusement lavés.

Chaque famille musulmane, dans la mesure de ses moyens, sacrifie un animal (brebis, chèvre, mouton, vache ou chameau) en l'égorgeant couché sur le flanc gauche et la tête tournée vers La Mecque. Une partie de la chair de ce sacrifice bénéficiera aux plus démunis parmi les musulmans, affermissant ainsi la solidarité et l'assistance mutuelle telles que prescrites par Allah.

 

L'abattage d'un animal, une obligation ?

L’Aïd el-Kébir est considéré par les musulmans comme une célébration de leur foi. De nombreuses traditions accompagnent cette période qui s’étale sur trois jours. Les musulmans partagent prières et repas. La plus célèbre tradition de l’Aïd el-Kébir est le sacrifice d’un animal en souvenir de celui d’Ibrahim. Il s’agit en général d’un mouton, d’une chèvre ou d’un veau. Les animaux doivent être âgés d’au moins un à deux ans. La tradition commande au chef de famille de tuer l’animal en le vidant de son sang, sans l’assommer et en utilisant un couteau bien aiguisé : les souffrances de l'animal doivent être minimisées.

 

Aïd el-Kébir ou Aïd al-Adha ?

Le nom le plus connu est Aïd el-Kébir ("la grande fête" en arabe). L’expression est principalement utilisée au Maghreb. Cependant, de nombreux pays, notamment au Moyen-Orient, utilisent plus volontiers le nom Aïd al-Adha ("fête du sacrifice"). En Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, c’est le terme Tabaski qui est retenu. Il convient de distinguer l’Aïd el-Kebir de l’Aïd el-Fitr ("petite fête"), qui marque la rupture du jeûne du ramadan par un repas partagé.

 

Quelle est la signification de l'Aïd el-Kébir ?

Dans la tradition musulmane, l’Aïd el-Kébir commémore la soumission d’Ibrahim à son Dieu (Abraham dans la Bible), qui doit servir de modèle à tous les croyants. Avec l'Aïd el-Fitr (fête de rupture du jeûne), il s'agit de l'une des deux grandes fêtes musulmanes. Elle nécessite de sacrifier une bête de troupeau, généralement un mouton, puis de partager la viande avec ses proches mais aussi des personnes défavorisées, en mémoire de la soumission d'Abraham à Dieu, ce dernier s'étant montré prêt à offrir la vie de son fils, auquel fut substitué in extremis un mouton (voir les détails du récit religieux ci-dessous).

Selon le Coran, ce Prophète a reçu dans ses rêves l’ordre divin de sacrifier son fils, Ismaël. Celui-ci, élevé dans la foi, accepte d’être immolé par son père. Le Diable s’interpose et essaie de convaincre les protagonistes de ne pas pratiquer le sacrifice, mais Ibrahim jette sept cailloux sur Satan. Le père se saisit d’un couteau et le pose sur la gorge d’Ismaël. Mais il ne parvient pas à l’enfoncer. Lorsqu’il parvient enfin à couper le cou, il constate que l’ange Jibril (Gabriel) a disposé un mouton à la place de son fils et que celui-ci se tient debout, indemne, à côté de lui.

Pour les musulmans, la foi d’Ibrahim, mise à l’épreuve par Dieu, a été récompensée par la survie de son fils. L’Aïd el-Kébir demeure une fête célébrant la foi et la miséricorde. Cet épisode du Coran correspond à un récit de la Bible : celui du sacrifice par Abraham de son fils. Celui-ci est interrompu par l’arrivée d’un ange qui lui annonce que Dieu est satisfait de sa foi. Un bélier est sacrifié à la place du jeune homme.

 

Qu’est-ce que le Hajj ?

L’Aïd el-Kébir marque la fin d’une autre tradition essentielle pour les croyants : celle du pèlerinage aux lieux saints de La Mecque, ou Hajj. Ce rituel a lieu entre le 8 et le 13 du mois de Dhul-hijja du calendrier islamique. Le Hajj constitue l’un des cinq piliers de l’Islam, avec la profession de foi, les prières quotidiennes, l’aumône et le ramadan.

Certains rituels effectués lors des pèlerinages à La Mecque rappellent l’épisode du sacrifice d’Ibrahim. Ainsi, il est d’usage de se rendre à Mina – lieu situé près de la ville sacrée et lieu supposé où ce Prophète emmena son fils – afin de jeter des pierres sur des piliers. Cet acte symbolise la foi et le rejet de la tentation du diable, à l’image d’Ibrahim dans le Coran.

en relation