Feu et violences : Les manifestants hongkongais tiennent toujours un campus assiégé

Walaa Al-Assrah Mardi 19 Novembre 2019-16:20:14 Actualités Internationales
Des policiers ont essayé de reprendre un pont piétonnier mais ont été repoussés par un puissant feu, le 17 novembre 2019 à Hong Kong
Des policiers ont essayé de reprendre un pont piétonnier mais ont été repoussés par un puissant feu, le 17 novembre 2019 à Hong Kong

Des manifestants pro-démocratie ont incendié hier matin l’entrée du campus hongkongais où ils sont retranchés pour empêcher une intervention de la police, qui menace de son côté de répondre avec des “balles réelles” aux “armes létales” des protestataires, indique l’AFP. La mobilisation en cours dans l’ex-colonie britannique depuis plus de cinq mois a basculé la semaine dernière dans une phase beaucoup plus radicale et violente, qui a entraîné notamment la fermeture des écoles et suscite l’inquiétude quant au réglement de cette crise politique inédite.

L’exécutif hongkongais, qui est aligné sur Pékin, s’est refusé à accéder aux revendications des manifestants, qui demandent notamment l’avènement du suffrage universel dans la mégapole de 7,5 millions d’habitants, et une enquête sur les violences policières. Au contraire, la Chine a maintes fois averti qu’elle ne tolérerait pas la dissidence, et l’inquiétude monte dans l’ex-colonie britannique face à la possibilité d’une intervention chinoise. Plusieurs explosions ont retenti hier lundi à l’aube selon les journalistes de l’AFP avant qu’un mur de flammes n’apparaisse à l’entrée de l’Université polytechnique de Hong Kong (PolyU), devenu ce week-end le bastion de la contestation. Il semble que la police ait tenté une intervention sur le campus situé sur la péninsule de Kowloon, mais que celle-ci ait été repoussée par les manifestants.

La police a dit avoir tiré trois balles au petit matin près de l’université en précisant que personne ne semblait avoir été blessé. Le campus et l’entrée toute proche du Cross Harbour Tunnel -- un des trois tunnels routiers desservant l’île de Hong Kong, qui est bloqué depuis mardi dernier  -- sont le théâtre d’affrontements depuis dimanche. Illustration du niveau de violence, et des tactiques nouvelles de la contestation, un policier a pour la première fois été blessé à la jambe par une flèche tirée par un manifestant.

 Un blindé a par ailleurs été incendié par des cocktails Molotov alors que les forces de l’ordre tentaient de reprendre le contrôle d’un pont-passerelle enjambant les postes de péage du tunnel.  La police a qualifié le campus de “zone d’émeute” -- la participation à une émeute est passible de dix ans de prison -- et bloqué ses accès tandis que son porte-parole Louis Lau a adressé une sévère mise en garde sur Facebook.

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