France : Macron s’empare du thème de l’immigration, qu’il veut “regarder en face”

Walaa Al-Assrah Mercredi 18 Septembre 2019-14:09:29 Actualités Internationales
Emmanuel Macron
Emmanuel Macron

 

“En prétendant être humaniste, on est parfois trop laxiste”: Emmanuel Macron a lancé l’offensive sur l’immigration, un sujet qu’il ne veut pas laisser à la droite et à l’extrême droite dans l’optique des prochaines élections, notamment de la présidentielle de 2022, rapporte l’AFP. A 15 jours d’un débat sur l’immigration au Parlement, le chef de l’Etat a fixé lundi soir le cap à la majorité et au gouvernement: “Nous n’avons pas le droit de ne pas regarder ce sujet en face”.

Emmanuel Macron impose ainsi l’immigration à l’ordre du jour de la rentrée, pourtant déjà embouteillé par d’autres dossiers délicats à gérer pour l’exécutif comme la réforme des retraites ou la PMA.

Mais, pour lui, les sujets régaliens, sécurité et immigration en tête, sont devenus centraux de la deuxième partie du quinquennat, qui sera rythmée par les municipales de 2020 et la préparation de la présidentielle. Dans cette optique, l’une des priorités est de renouer avec les classes populaires après la crise des gilets jaunes qui a ébranlé le pouvoir. “Plusieurs catégories de la population restent nerveuses”, a-t-il mis en garde lundi devant quelque 200 parlementaires de la majorité.

Il les a placés devant l’alternative de “savoir si nous voulons être un parti bourgeois ou pas”. En expliquant que les bourgeois n’avaient “pas de problème” avec l’immigration car “ils ne la croisent pas” alors que “les classes populaires vivent avec”.

“La gauche n’a pas voulu regarder ce problème pendant des décennies. Les classes populaires ont donc migré vers l’extrême droite. On est comme les trois petits singes: on ne veut pas regarder”, a-t-il ajouté.

Lors de la campagne de 2017, Emmanuel Macron avait déjà affirmé à l’AFP vouloir s’attaquer à “l’insécurité culturelle” ressentie selon lui par les classes moyennes “tentées par le Front national”. L’immigration avait ensuite été l’un des premiers sujets à faire l’objet d’un texte de loi, voté en septembre 2018. Le texte, jugé trop timide à droite, avait pourtant fait tanguer la majorité. “Il ne faut pas faire de ce thème un tabou”, fait aujourd’hui valoir un cadre du parti, qui devrait réunir son bureau exécutif spécial sur le sujet le 30 septembre. Le même jour que le débat au Parlement, appelé à devenir annuel. Et une semaine après l’organisation à l’Assemblée, par le député Aurélien Taché, classé à la gauche de LREM, d’un “événement” sur le thème de l’accueil et l’intégration, en présence de Carola Rackete, la capitaine du navire humanitaire SeaWatch.

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