Haret El-Sakkaien

Dalia Hamam Jeudi 24 Mai 2018-13:00:55 Archéologie
Haret El-Sakkaien
Haret El-Sakkaien

Localisé à Abdeen, Haret El-Sakkaien était considéré auparavant  comme étant le point de rencontre des présentateurs d'eau au Caire. Ils avaient l'habitude de se déplacer sur les dos de leurs ânes en disposant des gargoulettes pour distribuer l'eau aux passants. Ils sont divisés en quatre catégories, chacune responsable de distribuer l'eau dans quatre différents quartiers: Bab Al-Bahr, Bab El-Louk, Qanatr El-Sebaa et Haret El-Sakkaien.  Ce dernier fut le plus connu car il était le lieu de naissance du fameux poète Ahmed Rami et l'illustre chanteuse Chafika Al-Qaptia y a vécu pendant longtemps. 

Le présentateur d'eau figurait parmi les personnages qui caractérisaient le mois de ramadan.  Il avait l'habitude de disposer des gargoulettes sur un étalage au coin d’une rue afin que les passants puissent se rafraîchir dès que le canon se faisait entendre pour annoncer l’iftar. Toute la nuit, il restait à son poste, au service de tous ceux qui voulaient se rafraîchir.

Ce personnage se tenait ainsi près de son étalage, la “mazziarati” remplissant soigneusement ses “qolla”. Cette installation était souvent sommaire, faite avec des cageots confectionnés avec des tiges de palmes.

Et puis, un peu partout dans les quartiers populaires, dans les villages et sur les bords des routes, se trouvaient des “zir”, de grandes cruches en terre cuite avec un couvercle et munies d’un godet. Chacun pouvait ainsi se désaltérer. Ces cruches étaient remplies par les habitants du quartier mais un proverbe dit: “Qui boit de l’eau du zir, doit encore le remplir”, une belle image qui exprime la solidarité et fait rejeter tout égoïsme: il faut savoir penser aux autres, à ceux qui viendront boire après vous.

Ce métier de présentateur d’eau n’était pas très rentable, car il ne vendait pas son eau, la présentant seulement. Mais ceux qui venaient se rafraîchir ne manquaient pas de lui donner une petite obole, ce qui lui permettait d’offrir à sa famille quelques gâteries en achetant ces “yamiches” du mois de ramadan qui sont des délices que tout le monde savoure et apprécie.

La nuit achevée, le présentateur d’eau laissait tout son matériel sur place, car il faisait confiance et était persuadé qu’il ne serait jamais volé par qui que ce soit.

Selon le livre "Des statistiques à propos de l'Egypte", presque 3.876 présentateurs d'eau existaient en 1870. Mais depuis 1865 ce métier a peu à peu disparu.

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