Il était une fois l’épopée du 30 juin ….

Dr Nesrine Choucri Mardi 30 Juin 2020-14:39:54 Chronique et Analyse
Il était une fois l’épopée du 30 juin ….
Il était une fois l’épopée du 30 juin ….

Il était une fois un peuple qui s’est retrouvé face à des forces obscurantistes. Des forces obscurantistes qui croyaient pouvoir le contrôler, le manipuler et l’étouffer. Malheureusement, elles avaient oublié que ce peuple noble et digne était descendant des Pharaons et qu’il n’a jamais oublié ses racines. Il était une fois un peuple qui s’est allié à son Armée à qui il a toujours fait confiance pour faire face aux forces du mal et pour libérer sa patrie. Rien et nul ne peuvent dissuader ce peuple et son Armée, leur objectif était noble : sauver leur chère patrie, préserver leur identité et protéger leur avenir. Il était une fois l’épopée du 30 juin 2013. Un jour où les Egyptiens ont pris en main les rênes de leur pays pour dire aux idées rétrogrades et fanatiques que l’Egypte va demeurer le berceau des civilisations, la terre de la cohabitation des religions, l’oasis de la tolérance et de l’humanité. Un jour où l’Armée égyptienne- comme d’habitude et comme le destin l’a toujours voulu- a réaffirmé que son rôle est d’être au service de son peuple et de sa patrie. Le 30 juin 2013 est sans aucun doute l’acte de décès d’un régime terroriste, théocrate, obscurantiste et destructeur. Cette date restera à jamais mémorable parce qu’elle permet de faire triompher les valeurs de la tolérance, de l’acceptation de l’autre, de l’humanité.

 

 

Pour ne jamais oublier la monstruosité du régime terroriste qui voulait exploiter la terre bénie d’Egypte pour se bâtir son royaume fictif, il faut se rappeler avec les mêmes émotions, les mêmes sentiments ce qu’ont vécu les Egyptiens à l’époque. Aigreur, amertume, hargne se ressentaient partout et se lisaient même dans les regards. L’Egypte entière priait pour que Dieu la libère du régime théocratique des Frères Musulmans qui cherchait à l’agenouiller, à la mutiler ou encore à la museler. Six mois avant la Révolution du 30 juin, les tensions étaient inédites et vécu partout, elles montaient crescendo. Puis, le 27 juin 2013, l’Egypte entière était tendue. Elle attendait un destin plus au moins tragique. Certains savaient que les gangsters des Frères Musulmans allaient semer la terreur, tuer, massacrer et torturer à sang froid. Le 27 juin 2013, les Egyptiens ont lancé un ultimatum au régime terroriste qui ne les représentait guère et qui n’hésitait pas à les diviser, à discriminer, et à agresser les femmes, les libéraux et les chrétiens. Ce jour-là, les Egyptiens ont décidé de s’unir face à un ennemi commun. L’ennemi était bel et bien le terrorisme des Frères Musulmans et la théocratie qu’ils voulaient instaurer. Déjà plusieurs mois auparavant, les fameux tracts de Tamaroud ou « Rébellion » avaient été distribués et signés. Beaucoup d’Egyptiens avaient fait fi du régime en place de Morsi et avaient pris le risque de signer ces tracts en apposant à côté de signature leur nom et leur numéro de sécurité sociale. Ni les menaces, ni le terrorisme auraient suffi pour les dissuader, c’était pour la majorité une question d’existence, de lutte au nom de l’identité égyptienne, au nom de la patrie, au nom de leur avenir. Deux jours avant le 30 juin, les Egyptiens avaient déjà commencé à manifester sur la place Tahrir, devenue place emblématique de la liberté et à Héliopolis devant le Palais présidentiel d’Al-Ittéhadiya.

Tous les Egyptiens, en dépit de leurs différences sociales, culturelles ou confessionnelles, étaient réunis pour afficher et affirmer une seule chose : leur refus catégorique du régime criminel et terroriste des Frères Musulmans. Par millions, les Egyptiens ont défié les criminels et terroristes qui les menaçaient depuis plusieurs mois. Ils savaient qu’ils pouvaient évidemment risquer leur vie, mais ils n’avaient pas d’autre choix s’ils souhaitaient préserver l’identité de l’Egypte, leur vie ainsi que leur liberté. Pour de nombreux égyptiens, même si les années sont passées, même si on parle de six ans déjà : ce jour continue à être gravé aussi bien dans leur mémoire que dans leur cœur. Sans le 30 juin, ils n’auraient jamais défait le régime théocrate et barbare qui voulait faire d’eux des êtres bafoués sans la moindre liberté. Le 30 juin n’est pas uniquement une révolution contre le régime frériste et terroriste. C’est bien plus que cela, c’est une révolution populaire noble où toutes les composantes de la société égyptienne se sont soudées afin de vaincre des forces obscurantistes et destructives.

Cette date a été ensuite suivie par d’importantes réformes dans tous les domaines de la vie, notamment économique. C’est pourquoi, pour de nombreux Egyptiens le 30 juin 2013 n’est pas un jour comme les autres. Déjà avant le 30 juin, les artistes et les intellectuels avaient fait un sit-in contre le régime frériste et terroriste qui voulait supprimer toutes formes d’art au Caire. Les Frères Musulmans ont imaginé qu’ils pouvaient museler le peuple égyptien. Ils avaient tort. Dans nos gênes, en tant qu’Egyptiens, il y a de l’art, de la musique, de l’amour pour autrui, de la tolérance et surtout de l’envie de vivre. Ils ont oublié que nous sommes les imbattables descendants des Pharaons et que notre volonté est inébranlable. La révolution du 30 juin a été préparée plusieurs mois à l’avance.

Ce n’était pas un secret : tout se passait au su et au vu du monde entier : les fameux tracts de Tamaroud ou « Rébellion » avaient été distribués et signés. Beaucoup d’Egyptiens avaient fait fi du régime en place de la Confrérie terroriste et avaient signé ces tracts en y apposant leur nom leur numéro de sécurité sociale. Ni les menaces, ni le terrorisme auraient suffi pour les dissuader, c’était pour la majorité une question d’existence, de lutte au nom de l’identité égyptienne, au nom de la patrie, au nom de leur avenir. Deux jours avant le 30 juin, les Egyptiens avaient déjà commencé à manifester sur la place Tahrir, devenue place emblématique de la liberté et à Héliopolis devant le Palais présidentiel d’Al-Ittéhadiya. Des manifestations grandioses.

Des millions étaient déjà dans les rues, avant le 30 juin. Le 30 juin on est arrivé à l’apogée de plusieurs mois de mécontentement face à un règime barbare qui faisait la sourde oreille et qui matraquait violemment ses opposants. Les Egyptiens avaient décidé d’assumer leur propre sort pour ne pas devenir une théocratie. Ils ont défilé courageusement dans les rues du Caire pour ne pas être gouvernés par des terroristes. Pour beaucoup d’entre eux : mourir pour libérer l’Egypte de ce destin, était l’unique option. Ils avaient tous une croyante : l’Armée ne nous a jamais abandonnés, elle ne le fera pas maintenant. Elle sera à nos côtés. Cette foi était inébranlable. Et, les premiers indices ont rassuré ce peuple courageux. Lorsque le président déchu Morsi a fait son fameux dernier discours où il a répété sans arrêt le terme « légitimité » et où il a menacé tous les Egyptiens, ses partisans qui assistaient au discours, ont applaudi avec joie. Seul un homme a refusé de le faire : c’était à l’époque le général Abdel-Fattah Al-Sissi. Les traits de son visage étaient ceux d’un homme pensif, soucieux et mécontent. Puis, le ministre de la Défense, le général Abdel-Fattah Al-Sissi, a lancé un premier appel invitant toutes les parties concernées à dialoguer. Mais, les Frères Musulmans ont refusé d’entendre la voix de la sagesse. Le peuple a continué à défiler dans les rues, les maisons étaient vides car tout le monde prenait part aux manifestations monstres. Ils savaient que l’Armée ne pouvait les laisser au régime terroriste. L’Armée devait venir au secours de son peuple. Le 3 juillet 2013, le ministre de la Défense, le Pape Tawadros, et le Cheikh d’AL-Azhar, Dr Ahmed

Al-Tayeb, plusieurs figures publiques libérales ont annoncé que les demandes des Egyptiens sont légitimes et seront réalisées. Des cris de joie, des youjous, des larmes hystériques dans les rues. Un sentiment de soulagement général était ressenti, même si les Egyptiens savaient que le combat avec les Frères Musulmans se poursuivrait encore car ce sont des criminels qui aiment agir dans le noir. Mais, un soulagement associé à une ivresse a marqué les Egyptiens le 4 juillet. Une vraie libération qui s’est poursuivie par une lutte contre le terrorisme, des méga-projets et un avenir marqué par l’espoir et la paix.

 

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