L’Egypte appelle à un accord consensuel dans un délai de deux semaines

Test Acount Mardi 30 Juin 2020-16:58:37 Actualités
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choucri
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choucri

L’Egypte a présenté un projet de résolution au Conseil de Sécurité de l’ONU pour parvenir dans un délai de deux semaines à un accord consensuel sur le Barrage de la Renaissance.

L’Egypte appelle, en vertu de ce projet, à ne pas procéder à des mesures unilatérales concernant le Barrage et met l’accent sur le rôle axial et vital du Secrétaire général de l’ONU à cet égard.

Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Sameh Choucri, a affirmé dans son allocution, par visioconférence, face au Conseil de Sécurité, que l’Egypte n’entend pas empiéter sur le processus de négociations, ni non plus les anticiper, mais cherche plutôt, a réitéré M. Choucri, à affirmer son intérêt et l’engagement de la communauté internationale à parvenir à un accord autour de ce dossier, tout en alertant les différentes parties contre l’adoption de démarches unilatérales.

L’Ethiopie a cependant poursuivi son intransigeance, refusant l’arbitrage du Conseil de Sécurité en ce qui concerne la question du Barrage. Son délégué au Conseil de Sécurité a souligné que son pays ne croit pas que la question du Barrage devrait être étudiée audit Conseil onusien, dans une tentative ainsi de fuir ses engagements quant au dossier des eaux du Nil. Le délégué éthiopien a souligné que ce dossier devrait être étudié par l’Union Africaine.

Le responsable éthiopien a indiqué que le Barrage de la Renaissance est un projet géant sur l’agenda de l’Afrique pour 2026. « Notre gouvernement est responsable de parachever ce projet », a-t-il dit.

Quant au délégué du Soudan au Conseil de Sécurité, il a affirmé que l’Egypte a le droit de sauvegarder ses ressources conformément aux intérêts de son peuple, mettant l’accent sur l’importance de voir l’Ethiopie éviter tout effet négatif du Barrage de la Renaissance pouvant affecter les pays d’aval.

Sameh Choucri a pour sa part, indiqué que le dossier du Barrage éthiopien est lié à une question extrêmement importante qui exige, à l'instar de l’épaulement et de la concertation affichées face à la pandémie de Covid-19,  de s’attacher à l’esprit de coopération et de reconnaître que les nations ne vivent pas chacune dans une île isolée des autres, mais qu’elles sont plutôt liées et appartiennent à une même communauté et partagent le même sort.

Le chef de la diplomatie égyptienne s'est alarmé que le danger imminent qui pointe avec la construction du Barrage, empiète sur la seule source de vie pour plus de 100 millions d’Egyptiens.

Nous sommes conscients des objectifs de développement du peuple éthiopien, et nous l’appuyons dans cette affaire, mais il est important d’être conscient qu’un projet pareil, gaspille les ressources et menace la vie des millions d’Egyptiens et de Soudanais. C’est pourquoi, explique Choucri dans son allocution, le fait de remplir le Barrage de façon unilatérale et sans parvenir à un accord, affecte énormément et cause de grands dommages aux pays d’aval, portant également atteinte à leurs droits, ce qui débouche sur des tensions et cause des crises et des conflits déstabilisant une région, déjà troublée. D'où, il était important de recourir au Conseil de Sécurité pour étudier ce dossier, étant donné qu’il est l’instance chargée par la communauté internationale de sauvegarder la paix et la sécurité internationales, a souligné Sameh Choucri.

Et le ministre égyptien des Affaires étrangères d’affirmer que l’Egypte a eu recours au Conseil de Sécurité, étant un Etat responsable qui cherche à éviter davantage d’escalade de la situation, tout en alertant contre toute démarche unilatérale pouvant torpiller les chances de parvenir à un accord autour du Barrage de la Renaissance et affecter les droits et les intérêts des pays d’aval. Choucri a rappelé que l’Egypte vit dans la zone la plus sèche du Bassin du Nil et qu’elle est le pays le plus pauvre en eau. «Cette dure réalité nous pousse à nous concentrer dans une zone uniquement de 7% de nos terres, le Delta fertile où vivent des millions de personnes, pour trouver l’eau», a-t-il expliqué. Tout cela signifie que le fonctionnement unilatéral du Barrage de la Renaissance, en l’absence d’un accord qui respecte les intérêts de toutes les parties et qui protège la vie et les raisons de vie des autres, aggravera davantage la situation hydrique difficile et exposera la vie de ces millions de personnes en Egypte et au Soudan, au danger, a-t-il tempêté. Choucri a révélé que les dernières négociations avec l’Ethiopie ont débouché sur un point mort et que l’Egypte, dès lors, s’est exposée à une féroce campagne injustifiée de fausses allégations, l’accusant de vouloir porter préjudice et atteinte aux droits de l’Ethiopie. Le chef de la diplomatie égyptienne a appelé le Conseil de Sécurité à s’informer des résultats de la réunion de l’Union Africaine à ce propos, ainsi qu’à appeler les trois pays concernés à respecter leurs engagements pris à cet effet.

 

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