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L’Egypte aux rythmes des ondes nilotiques

Nermine Khatab Mardi 04 Décembre 2018-14:13:35 Chronique et Analyse
L’Egypte aux rythmes des ondes nilotiques
L’Egypte aux rythmes des ondes nilotiques

Naviguer sur le Nil est une expérience saisissante. Vous avez le temps et le plaisir même de poser les yeux sur les rivages du fleuve, d' observer le moindre détail, et tous les changements de décors qui s'effectuaient sous nos yeux. Descendre le Nil c’est poser les yeux au loin et prendre le temps d’observer, d’apprécier ces superbes reflets parfois, ces couleurs hallucinantes souvent et finalement se dire que malgré la relative lenteur du bateau, on aimerait qu’il aille encore moins vite. Et puis sur le Nil, il y a cette étrange sensation que tu es un peu hors du temps.

 

Ici, tu es clairement loin de tout. Les paysans et les pêcheurs que tu croises ne semblent pas avoir changés d’allure. Ici pas de dress code à l’occidentale, pas de jean et de t-shirt Nike, mais des qamis, ces longues chemises qu’on appelle parfois djellaba, pour ne pas trop souffrir du soleil.

Le Nil ne cesse pas de taquiner le désert en donnant vie à la plus grande «oasis» du monde. D’Assouan à Louxor, dunes et falaises alternent avec jardins et palmeraies. Les villages colorés, en pisé, sont de véritables trésors et témoins de la richesse et de la beauté de l'architecture nubienne.  De Philae à Karnak. Un voyage dans le temps, une vision du Sahara d’il y a 8000 ans que l'on voit défiler au gré de nos voiles portées par les vents du grand Nil...

Dès le début de ce voyage, de cette croisière sur le Nil, nous étions bien loin du compte, bien loin de nous imaginer à quel point nous serions littéralement captivés par ces paysages du Nil, par la beauté, la diversité, la grandeur, la multitude. Ils ont été un tel coup de coeur, que l’on  ne pouvait pas ne pas leur consacrer  des pages et des pages, leur écrire une douce carte postale, à leur image.

De l’aube jusqu’au crépuscule, les yeux se sont écarquillés et l’appareil photo n’a cessé de déclencher.

À chaque nouvelle escale du bateau, c’est un nouveau spectacle qui s’offre, un tout nouveau tableau qui se dessine sous les yeux, jamais rassasiés. C’est une palette colorée à laquelle on s’habitue avec joie, teintée d’un camaïeu de bleus qui n’aura de cesse de nous suivre tout au long de la croisière. Il faut dire que dans notre malheur de tomber pile pendant une semaine de vague de chaleur avec des températures allant au-delà des 45-47°C (à l’ombre bien sûr !!), nous avions la chance d’avoir une météo idéale avec ce soleil rayonnant et ce ciel souvent éparse ou clairsemé ci-et-là timidement par quelques cumulus.

Les matins nous offrirons de jolis paysages du Nil emplis de douceur, et comme souvent, de reflets brouillés. Une ambiance particulière et que l’on chérit fort en partant de si bonne heure, à la fraîche, pour visiter les temples. Il y a ce calme plat si plaisant à observer, celui là-même qui enrôle les premières effluves matinales, les premiers embruns, les premiers gestes du quotidien.

 Le Nil ondule, les clapotis contre la coque du bateau deviennent lancinants. Une douce mélodie s’installe et on commence à y prendre goût au fil des heures, des premiers jours, des premières notes. La descente du Nil entre Louxor à Assouan offre une succession de tableaux plus beaux les uns que les autres, avec parfois aussi, un soupçon de désillusion. Imaginez alors  la vue de bateaux pour touristes à l’arrêt.

De bâbord à tribord notre coeur balance. On savoure chaque recoin du bateau pour en apprécier un nouveau tableau sur les rives du Nil, de la proue à la poupe, des coursives jusqu’aux transats de la terrasse supérieure. La faible vitesse du bateau  nous donne tout le loisir de pouvoir se délecter de ces images qui défilent, s’en abreuver jusqu’à plus soif. Imprégner notre rétine jusqu’à en perdre la tête. Accumuler, encore et encore tous ces si jolis tableaux qui se dépeignent sous nos yeux enfantins.

 On  pensait naïvement se lasser des paysages du Nil. on pensait avec utopie dès les premiers tableaux, les premiers coups d’œil, les avoir tous vu. Quelle idée! On ne pouvait imaginer que cette carte postale serait si dense, si variée, si colorée, de l’aube au crépuscule en passant par le zénith.

Il y avait quelque chose de fascinant à naviguer ainsi sur le fleuve et admirer les paysages du Nil changer au fil des heures, de la lumière ambiante. Le Nil se jouait littéralement de nous, à ne plus distinguer terre et ciel tant cela se reflétait dans une osmose parfaite.

Les appareils crépitent, les souvenirs se forment et s’emmagasinent avant que les remous ne reviennent, que la vie ne reprenne le dessus. À l’instar de ce Nil miroir, c’est irréel de naviguer ainsi, en ayant cette sensation si forte, si envoutante d’avoir l’Egypte à ses pieds, les paysages du Nil au bout des doigts, juste pour soi. Il y a forcément, des petits airs de roi et reine de monde…! On se délecte sans penser un instant à retourner s’enfermer dans sa cabine ! On est littéralement subjuguée face au changement de décor si mouvant. Voir à quel point les paysages du Nil oscillent et vacillent d’une rive à l’autre, d’un kilomètre à l’autre. L’œil à parfois à peine le temps de s’habituer à un tableau, qu’un autre vient le supplanter aussitôt. Les palmeraies s’enchaînent et soudain, le désert semble surgir de nul part, le relief grimpe et devient même parfois rocailleux. Un balai incessant, pour notre plus grand bonheur.

À mesure que le crépuscule s’installait, les paysages du Nil se métamorphosaient. La palette colorée du matin semblait tantôt se teinter dans un camaïeu de jaunes, puis de verts ou encore de bleus intenses. Un énième tableau prenait vie et sens sous nos yeux ébahis, comblés.

Cette croisière, c’est aussi l’occasion parfois d’approcher au plus près des rives, comme si l’on pouvait frôler du bout du doigt ces paysages du Nil, en ressentir les moindres aspérités. C’est pouvoir en détailler les moindres petits détails, en admirer les plus infimes subtilités.

De l’aube jusqu’au crépuscule, la surprise demeure. La note chancelle sur la partition mais pour nous émerveiller de plus belle. On dit souvent qu’on croit connaître un lieu, mais en réalité on ne cesse pas de le redécouvrir à chaque instant, chaque minute de la journée, tant la lumière joue dans la balance, tant il peut varier sous celle-ci.

Les paysages du Nil en sont le plus bel exemple !

Ô oui, une croisière sur le Nil est un voyage en soi, captivant. Mais, la beauté des paysages du Nil est un doux voyage dans le voyage, tout aussi envoûtant.

 

 

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