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L’enfant béni

Dr Nesrine Choucri Mardi 29 Mai 2018-20:36:00 Shéhérazade raconte
L’enfant béni
L’enfant béni

Shéhérazade raconte tous les soirs des histoires au roi. Des histoires qu'elle a regroupées du fond de l'Egypte, mais qui sont riches en morale. Aujourd'hui, elle raconte l'histoire de l’enfant béni.

Il était une fois une famille qui se compose de trois membres. Une mère et ses deux fils. Les deux enfants étaient bien différents l’un de l’autre. Le jeune était baptisé dans son village « l’enfant béni », quant au plus âgé, il avait souvent des problèmes avec autrui. Son comportement était loin d’être un exemple à suivre. Il était toujours fâché, ses réactions exagérées lui causaient pas mal de problèmes.

Dans le village, les gens l’évitaient et essayaient toujours de contourner les lieux par lesquels il passait. Au début, Salem ne s’intéressait pas à cette situation, cela ne lui causait aucune peine. Il se fichait bien des gens et de leurs comportements.

Un jour, la mère a décidé d’inculquer à son fils une leçon, elle ne souhaitait le voir grandir avec ce comportement si fâcheux. Elle a réuni ses deux fils, leur annonçant qu’elle s’en va chez sa tante malade pendant un mois. « Pendant une période d’un mois, je serai absente, je dois m’occuper de ma pauvre tante qui n’a pas d’appui », a-t-elle annoncé.

Et, elle a poursuivi : « Pendant tout ce temps, il va falloir que vous comptiez sur vous-mêmes. Je ne serai pas là. Donc, je ne peux pas vous nourrir, ni vous aider à le faire. Vous devez alors maintenir notre commerce, vendre les produits et vous nourrir avec le gain. Sans cela, vous allez mourir de faim. Comme vous avez toujours des problèmes et que Salem ne se sent jamais content en présence de son petit frère, vous n’allez pas travailler tous les deux le même jour. Chacun va travailler un jour et l’autre pendant ce jour pourra se reposer. L’argent que vous gagnez, vous en laissez les trois-quarts pour acheter de nouvelles marchandises, le quart vous appartient, il vous suffira pour vous nourrir pendant deux jours, le temps que votre tour revienne. Comme cela, chaque personne est responsable d’elle-même, celle qui gagne beaucoup pourra bien se nourrir». Les feux fils ont bien compris la consigne de la mère et se sont engagés devant elle à la respecter et à l’appliquer bribe par bribe.

Le premier jour Salem se rend au commerce, les clients sont arrivés de bonne heure, mais lui comme d’habitude, il tarde à se manifester. Et, son comportement soulève la colère des gens d’autant plus qu’il leur adresse la parole avec arrogance et dédain.

Le lendemain, c’est le tour de son jeune frère. Celui-ci arrive au commerce dès l’aube et il le nettoie, reçoit les clients avec sourire et amabilité. Après trois jours, les gens du village évitent d’aller au commerce les jours assumés par Salem. Il préfère se rendre aux jours consacrés à « l’enfant béni ».

Salem se sent chagriné et en plus, il a un grand problème. Il n’a plus d’argent pour se nourrir et il ne veut pas le demander à son plus jeune frère. Ce dernier s’en rend compte et laisse à Salem tous les soirs un plat bien rempli sur son lit.

Cette situation déplaît alors à Salem qui décide de savoir pourquoi son frère est baptisé « l’enfant béni ». Il se dit, certainement, il est sans doute allé voir un magicien qui lui a fait une amulette sur mesure.

Le soir, il va au magasin et se cache pour épier son frère et connaître son secret. Il se dit : « Si je perce son secret, je pourrai faire comme lui et devenir moi aussi enfant béni du village ». Il a passé alors toute la journée à observer son frère d’une petite fente de la porte qui mène vers la cave. Toute une longue journée de 8 heures. Aucune amulette, ni potion magique. Le soir, il fouille la chambre de son frère. Puis, il reprend l’espionnage de son frère.

En plein espionnage, il entend les clients faire des compliments à son frère pour son caractère doux et sa gentillesse hors pair. Une vieille dame lui a même dit : «Votre sourire est un passe-partout, il fait fondre les cœurs les plus cruels ».

A partir de ce jour, Salem a compris la leçon, la meilleure amulette dont on peut se doter c’est le sourire et la gentillesse. Eux-seuls peuvent ouvrir les portes closes. Plusieurs années plus tard, quand des jeunes lui demandaient un conseil, il leur disait : "Souriez".

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