L'Expo "Momies égyptiennes : passé retrouvé, mystères dévoilés" bientôt à Montréal

Dalia Hamam Jeudi 05 Septembre 2019-17:30:03 Archéologie
L'Expo
L'Expo "Momies égyptiennes : passé retrouvé, mystères dévoilés" bientôt à Montréal

Après avoir connu un succès retentissant à Sydney, à Hong Kong et à Taiwan, l'exposition pharaonique: "Momies égyptiennes : passé retrouvé, mystères dévoilés" poursuit sa tournée internationale, avec bientôt l'étape du Musée des Beaux-Arts de Montréal (MBAM).

En grande première nord-américaine, l’exposition du British Museum propose une reconstitution de la vie de six personnes ayant vécu le long du Nil entre 900 av. J.-C. et l’an 180 de notre ère. Dans une approche innovante, à la croisée des arts et de la science, elle dresse un portrait de leur identité dans le plus grand respect, tout en tirant parti de technologies de pointe. Âge, croyances, ou historique médical : chaque momie dans l'exposition a son histoire à raconter.

D'ailleurs, cette exposition permettra d’en apprendre davantage sur des individus aux profils variés : un jeune homme, deux prêtresses chanteuses, un prêtre, un enfant et une femme au foyer. Accompagnés d’imageries numériques 3D, de visualisations interactives et de plus de 200 objets issus de la célèbre collection égyptienne du British Museum, ces face-à-face offrent un point de vue unique sur la façon dont on vivait et mourait en ces temps reculés.

Des artéfacts provenant de divers sites – tombeaux ou zones de peuplement – viennent compléter l’analyse paléopathologique des restes humains. Ils permettent aux visiteurs une meilleure compréhension des croyances et des pratiques ancestrales: techniques de momification, conception magique des maladies et de leur guérison, habitudes alimentaires, organisation hiérarchique du temple, application de systèmes de rituels complexes, intégration de la musique à certaines cérémonies, utilisation de la parure comme marqueur identitaire, et perception de l’enfance, de la famille et de la maternité.

« Les pharaons et leur entourage sont les premières grandes monarchies connues », explique Jean Revez, égyptologue et professeur d’histoire à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Le pharaon était tout-puissant dans l’Egypte ancienne. Luxe, intrigues politiques, faste et richesses : tous les ingrédients sont réunis pour créer une « recette gagnante ». Le même schéma narratif existe aussi pour les civilisations précolombiennes (les Mayas ou les Incas, notamment), affirme le chercheur. 

Les civilisations anciennes nous ont été transmises par bribes depuis des siècles. Le chercheur lui-même se heurte à une incertitude dans l’interprétation des artéfacts. « Cette zone d’ombre permet d’échafauder des hypothèses et de laisser aller notre imagination », explique M. Revez. Certaines civilisations anciennes sont associées à de grandes prouesses techniques, malgré les moyens rudimentaires de l’époque. « Les traces sont encore bien visibles. Des monuments comme les pyramides égyptiennes ou le Machu Picchu n’ont jamais été surpassés », dit Jean Revez. « Des millénaires plus tard, l’Egypte ancienne, immuable, semble toujours trôner, par sa présence visible et ses éléments distinctifs », croit-il. Ces édifices immuables, selon lui, apportent une longévité qui nous réconforte par rapport au rythme effréné caractéristique de notre époque.

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