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La Konafa, reine des pâtisseries et délice incontournable !

Dr Nesrine Choucri Samedi 02 Juin 2018-13:37:37 Chronique et Analyse
La Konafa
La Konafa

Des fils dorés, des fils blancs ou gracieux, c’est ainsi qu’on pourrait parler de la belle Konafa. Des fils qui pénètrent aussi bien notre bouche que notre cœur et qui par leur texture rugueuse chatouille votre palais. La konafa c’est la reine indétrônable des desserts au mois de Ramadan. Une reine qui a su défier le temps et maintenir sa grandeur et son charme.

 

Qui dit Ramadan, dit forcément dessert. Des desserts succulents qui peuvent aussi bien ravir l’œil que l’estomac.  A l’entrée d’une pâtisserie, l’image de mille et une pâtisseries vous saute aux yeux. Le miel fond partout et vos lèvres ont tout de suite envie de se poser sur ces pâtes gracieuses, douces, tendres, onctueuses et sucrées.

Le choix est énorme car les Fatimides ont laissé aux Egyptiens des ressources hors pair en matière de sucreries et de pâtisseries. Au contact d’autres cultures orientales, à l’instar des turques, les Egyptiens sont devenus très créatifs. Qatayefs, konafa, bassboussa, les choix sont énormes et la liste de pâtisseries n’a pas de limites. Mais, il faut savoir également que certaines spécialités sont liées uniquement au mois béni à l’instar de la Konafa et des qatayefs. Durant le reste de l’année, elles sont rarement vendues et en cas de vente, elles n’ont pas le même goût. On dirait que leur charme n’existe plus hors de la saison ramadanesque.

Mais la pâtisserie la plus irrésistible c’est la konafa. Elle ressemble à cette belle femme qui continue à rayonner, et à s’épanouir malgré l’âge. Belle, attrayante, elle sait toujours séduire ses amateurs tant par son goût que par sa créativité. Si par le passé, la konafa n’avait qu’une seule forme, depuis quelques années, elle sait très bien se réinventer.

Il faut savoir que les pâtisseries assoiffent et quand le mois de Ramadan, il y a quelques années, a commencé à être célébré en été, les pâtissiers avaient des craintes pour les ventes de leurs petites perles. Les perles ou les pâtisseries bien étalées sur les étagères, elles aussi craignaient d’être délaissées par leurs amateurs. Qui va les acheter pour être ensuite assoiffé le lendemain? Toutes ces douceurs craignaient de ne plus savoir séduire leurs acheteurs, sauf la konafa. Elle a su se révolter contre sa forme traditionnelle et faire peau neuve pour se recréer. Sa forme traditionnelle c’est surtout des fils dorés fourrés de beurre et de noisettes, et arrosés d’un sirop de miel.

Appétissant, mais pas rafraîchissant. Alors, il y a près de six ans, la konafa a brisé les normes : c’était à l’époque, la konafa à la mangue. Mélangée à une crème fraîche froide et des morceaux de mangue glacés, elle a su conquérir les cœurs. Au début, certains se sont montrés résistants à cette forme qui constitue une vraie rupture avec les traditions. Mais, petit à petit, les choses ont bien changé. La nouvelle konafa à la mangue est parvenue à accéder au trône et devenir aussi légitime que ses ancêtres.

Or, la liste des nouveautés ne s’est pas arrêtée là. Une liste qui devient de jour en jour longue et exhaustive. Suite à la konafa à la mangue, la gourmandise des Egyptiens devait être alors satisfaite avec d’autres formules aussi appétissantes et succulentes. Alors, les années suivantes, on a vu pour les amateurs de chocolat, la konafa au nutella. Là encore, il y avait plusieurs formes. Pour les personnes qui ne veulent pas trop plonger dans l’univers magique du chocolat, il y avait les petits morceaux de konafa sous forme de nid d’oiseaux fourrés de nutella et de noisettes.

Mais, pour les aventuriers qui sont prêts à se laisser conquérir par le goût du chocolat, il y a alors la konafa servie dans un bol ou sur un plat avec du chocolat fondant qui sort de partout. Là, il faut savoir contrôler son appétit pour éviter trop de kilos supplémentaires. De toute façon, c’est une expérience à ne pas manquer parce que le goût du chocolat et des noisettes fera beaucoup de bonheur à votre cœur.

Puis, c’était le tour des konafas « red velvet » qui a ses amateurs. Des gens en quête d’une douceur exquise, moins dangereuse et féroce que la konafa nutella, mais toujours spéciale et inédite. Un autre type de konafa a fait son apparition sur le marché. Toutefois, il s’agit d’une apparition timide et presque inaperçue : la konafa avec des biscuits chocolatés. Elle se vend surtout sous forme de coupe et n’est pas très recherchée.

Cette année, c’était la grande surprise. Apparemment, la konafa ne va jamais arrêter de surprendre : la konafa aux pastèques. Avec des petits morceaux de pastèques glacés, ces images ont presque conquis les rues du Caire, offrant aux jeûneurs un spectacle inoubliable. Ceux-ci ont pratiquement l’eau à la bouche devant ces énormes pancartes. Si certains n’ont pas aimé la konafa aux pastèques, d’autres au contraire en font l’éloge.

Quant à ceux qui souhaitent garder la ligne, ils peuvent toujours la manger à la manière « Osmanlia », c’est-à-dire chauffer la konafa et y ajouter du sucre en poudre, avec quelques grains de raisins.

De toute façon, si vous êtes invité chez quelqu’un n’hésitez pas à lui offrir un plat de konafa. C’est un cadeau à partager, voire même à dévorer entre famille et amis.

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