La Médecine au temps des Pharaons

Marwa Mourad Samedi 25 Juillet 2020-11:52:54 Chronique et Analyse
Hygiène dans l’Egypte Antique
Hygiène dans l’Egypte Antique

Dès qu’on prononce le nom de l’Egypte viennent immédiatement à l’esprit les images des vestiges de cette ancienne civilisation: pyramides, papyrus, nécropoles, momies. De ces vestiges, l’égyptologue a su, depuis quelques décennies, tirer un profit inattendu : la connaissance de la médecine pratiquée par les Egyptiens. Les momies ont témoigné des pathologies des vivants, les papyrus ont expliqué comment traiter ces maladies, les stèles ont révélé une pratique de la médecine et de la chirurgie au-delà des rituels magiques. Mais comment les maîtrisaient-ils ? Suivez…

 

 

 

La médecine dans l’Egypte ancienne va de 4 000 av. J.C. jusqu’à l’invasion Perse de en 525 av JC. Les connaissances sur la médecine en Égypte antique proviennent des papyri, des récits de savants grecs et romains, des bas reliefs, d’ostraca. D’après Hérodote : « En Egypte, chaque médecin ne soignait qu’une seule maladie. Il y en a pour les yeux, d’autres pour la tête, les dents, le ventre, et même les maladies non localisées ». L’Egypte pharaonique a transmis des manuscrits sur cuir ou sur papyrus, des peintures ainsi que des objets. Ces documents sont pour l’essentiel des livres de pratique médicale auxquels les médecins se référaient, et ne sont pas des traités théoriques. Il existe à ce jour une quinzaine d’écrits médicaux, tous écrits en hiératique (du grec hiéros: sacré), les plus connus étant, par ordre d’importance: 1/ Papyrus d’Ebers, conservé à Leipzig, daté de 1.550 avant J.-C., il comporte en réalité des passages recopiés remontant au début du troisième millénaire av. J.-C. (2670- 2160); Après les trois formules magiques de protection du médecin, commence le livre relatif à la préparation des médicaments pour toutes les parties du corps ». Il vient probablement de la bibliothèque d’une école de médecine. C’est le plus ancien des traités scientifiques connus. Livre médical modèle, il contient des notions d’anatomie, un exposé de cas pathologiques et les traitements correspondants, ainsi que sept cents recettes de médicaments. 2/ Papyrus Hearst Californie, daté d’environ 1500 av. J.-C. 3/ Papyrus médical de Berlin de Heinrich Brugsch daté de la XIX ème dynastie. 4/ Papyrus médical de Kahun est daté de la XII ème dynastie soit 1.850 ans av. J.-C.

Il s’agit d’un précis de gynécologie et mentionne une maladie « qui dévore les tissus », le cancer. 5/ Fragments de papyrus médicaux: - Papyrus Chester Beatty n°VI, écrit vers 1300 av. J.-C. - Papyrus Rubensohn - Papyrus Louvre E 4864 verso - Papyrus Carlsberg VIII, daté de 1200 av. J.-C. - Papyrus du Ramesseum (III à V)- Papyrus Leyde I 343 + I 345- Papyrus de Berlin 3027 de Heinrich Brugsch daté de la XIX ème dynastie- Papyrus de Turin 31+77 6/ Papyrus médical de Londres, daté de 1350 av. J.-C. 7/ Papyrus médical d’Edwin Smith conservé à New-York, daté de 1.550 av. J.-C. (XVIII ème dynastie) Ce rouleau de 4,50 m de longueur est un traité de pathologie interne et de chirurgie osseuse. Il recense quarante-huit cas de blessures et de lésions, et les thérapeutiques correspondantes. 8/ Papyrus Brooklyn n° 47.218.48 et 85, datant de la XXX ème dynastie (380-330 av. J.-C.) 9/ Papyrus de Chassinat, daté du IX siècle ap. J.-C. Ces papyrus et quelques autres documents ont concouru à la transmission du savoir de génération en génération. Les « maisons de vie » étaient des établissements dans lesquels travaillaient des copistes capables de déchiffrer et de transcrire des textes plus anciens, sur les papyrus qui sont parvenus jusqu’à nous. Le Papyrus d’Ebers comporte trois textes destinés à la protection du médecin.

Les deux premiers sont destinés à protéger le médecin qui pénètre dans l’ambiance dangereuse entourant le malade ou ses sécrétions pathologiques de toute nature. Le dernier concerne les soins au médecin malade ou susceptible d’être victime d’une vengeance des démons qu’il combat. Ces textes sont des formules écrites qui s’adressent à différents dieux. Pour en comprendre la portée il faut tenter de se transporter 4.000 à 5.000 ans en arrière, dans une société à culture polythéiste, au système de pensée, à l’écriture, au vocabulaire le plus souvent déroutant pour la grande majorité des occidentaux du XXIème siècle que nous sommes. L’Egypte pharaonique se désigna plusieurs divinités ayant en charge la médecine et les praticiens. Le pouvoir revient à certains dieux mais il n’y a pas de divinité spécialement bonne ou mauvaise.

Sources Medrus.org

Lianalevi.fr

Wikipedia.org

 

Divinités invoquées pour la santé

Rê, dieu Soleil

Il se lia à Horus dont il prit l’apparence de faucon. Le médecin se place sous sa protection direct pour ne pas être victime des puissances du mal risquant de mettre sa santé en danger.

Thoth, à tête d’Ibis

Dieu de la Sagesse et de la Science, patron des scribes et greffier du Jugement des morts. Il aurait remis en place l’oeil d’Horus arraché lors de son combat contre Seth. Il guide le médecin dans l’interprétation des écrits.

Isis, Soeur et épouse d’Osiris

Elle rassemble les restes du dieu tué par Seth. Elle parvient à leur rendre vie, faisant d’Osiris le dieu de la résurrection des morts. Déesse mère protectrice. Isis intervient en faveur du médecin. Horus, Premier pharaon mythique d’Egypte.

Horus est le fils d’Isis et d’Osiris

Dieu à l’effigie du faucon protecteur du roi. Il fut guéri d’une plaie à l’oeil par Thot. Véritable Dieu Médecin, gardien de la santé: « Horus instruit par Isis, sa mère, dans la médecine et la divination, rendit de grands services au genre humain par ses oracles et ses traitements des maladies » (Témoignage de Diodore, cité par Spiegelberg, 1922)

Sekhmet, déesse à tête de lionne

Sa colère se déchaîne les cinq derniers jours de l’année . Déesse dangereuse, pourvoyeuse de mort, lançant les envoyés du destin. En furie elle répand les maladies, apaisée elle est capable de les retenir. Elle est compétente en gynécologie.

Min, dieu de la fertilité

Représenté le sexe dressé, le bras droit replié et portant un fouet « guérit le malade et ranime le misérable ». Il est « le taureau de sa mère », la déesse ciel qu’il fécond chaque soir pour donner naissance au soleil

Amon, divinité de Thèbes souvent associé à Rê

Son culte s’affirma au nouvel empire et il devint le roi des dieux. «Celui qui détruit le mal, chasse la maladie, le médecin qui guérit l’oeil sans user de remèdes ».

Ptah

Dieu de Menphis où il fut considéré comme le créateur de toutes choses. Représenté dans un étroit fourreau, comme une momie.

Thouéris (ou Taourèt ou Taurt, ou Taweret ou Opet ou Toeris )

Déesse au corps hybride, mi-hippopotame, mi-crocodile, aux pattes de lion, dite « la Grande ». Elle protège la mère et l’enfant lors des accouchements. Son apparition était censée effaroucher n’importe quel esprit malin qui aurait pu nuire à un enfant. Elle était souvent accompagnée du dieu nain Bès, qui avait une fonction semblable.

Bès, Nain difforme

Dieu bienfaisant de la fertilité, du mariage et de la grossesse. Le roi partage avec la divinité le pouvoir de guérir: - Nârmer ou Menès, fondateur de la Ière dynastie thinite (fin du IV ème millénaire av.J.-C.) - Athotis, le fils et successeur de Menès, est l’auteur présumé d’un ouvrage d’anatomie. - Djéser, surnommé le guérisseur (IIIème dynastie, vers 2750 av. J.-C.). Il est le pharaon de la pyramide à degrés de Saqqarah, première énorme structure entièrement construite en pierres, conçue par Imhotep. - Khéops, bâtisseur de la grande pyramide (IVème dynastie, vers 2680 av. J.-C.)

 

Sources Lhistoire.fr

Wikipedia.fr

 

Hygiène dans l’Egypte Antique

Sous la chaleur de l’Egypte, les Egyptiens considéraient les ablutions non seulement comme une nécessité mais aussi comme un véritable plaisir. Ainsi, il leur importait de se laver quotidiennement, ainsi qu’avant et après chaque repas. Déroger à cette habitude serait se déconsidérer. On employait en guise de savon de la terre argileuse ou une matière absorbante à base de stéatite. Les bains sont chauds ou froids en fonction des goûts, des moyens ou de la température ambiante. Le baigneur se tient assis ou à genoux dans la baignoire, et l’eau lui est versée sur le corps. Une peinture tombale décrit à merveille une de ces scènes : une dame se baigne, assise dans une baignoire oblongue, entourée de servantes. L’une verse l’eau, une autre frotte son corps, tandis qu’une troisième dispose en ordre les vêtements et bijoux qu’elle vient de quitter, pendant qu’une quatrième lui présente une fleur à respirer. Les habitations les plus modestes comportent des installations pour la toilette, et on trouve couramment des baignoires dans les plus riches demeures dans lesquelles une pièce est réservée à la toilette. 

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