La communauté internationale réagit aux frappes contre la Syrie

Dimanche 15 Avril 2018-14:51:49 Actualités Internationales
La communauté internationale réagit aux frappes contre la Syrie
La communauté internationale réagit aux frappes contre la Syrie

Donald Trump a déclenché des frappes sur le régime syrien dans la nuit du vendredi 13 avril au samedi 14. Ces frappes américaines, menées avec la France et la Grande-Bretagne, interviennent en représailles à l'attaque chimique présumée qui a frappé des civils à Douma. Une action qui soulève de nombreuses réactions à l'international.

Les frappes occidentales contre la Syrie interviennent "au moment où elle avait une chance d'avoir un avenir pacifique" d'après la porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe, Maria Zakharova. Moscou condamne fermement l'attaque conjointe des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni: "ils ont une nouvelle fois violé le droit international en commettant un acte d'agression militaire contre un État souverain qui combat le terrorisme international. La Russie a convoqué une réunion d’urgence du Conseil de Sécurité pour condamner les frappes contre la Syrie.

Un crime de guerre a été commis" déclarait Andreï Krassov, vice-président du Comité de Défense de la Douma, la chambre basse du Parlement russe. "C'est un scandale absolu, une violation flagrante du droit international. C'est un pas vers un conflit à grande échelle [...] et cela ne peut en aucun cas bien finir" a insisté le vice-président du Conseil de la Fédération, la chambre haute du Parlement, Vladimir Djabarov. Après ces déclarations, la Russie a convoqué une réunion d'urgence du Conseil de sécurité à l'ONU. L'Iran s'est aussi indigné contre l'attaque. Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a violemment dénoncé les frappes occidentales contre la Syrie en qualifiant de "criminels" les trois chefs d'Etat à l'origine de cette décision : "L'attaque menée ce matin contre la Syrie est un crime. Je déclare franchement que le président américain, le président français et la Première ministre britannique sont des criminels [...], ils n'obtiendront rien et ne tireront aucun bénéfice." Même son de cloche du côté du Hezbollah. La "guerre" des Etats-Unis contre la Syrie "n'atteindra pas ses objectifs", a affirmé samedi 14 avril le Hezbollah chiite libanais, allié du pouvoir de Bachar al-Assad. Mais de nombreuses nations ont tenu à apporter leur soutien à Donald Trump, Emmanuel Macron et Theresa May. Depuis Lima, où il assiste au sommet des Amériques, Justin Trudeau a soutenu "la décision des États-Unis, du Royaume-Uni et de la France de prendre des mesures pour diminuer la capacité du régime (du président syrien Bachar al-Assad, NDLR) de lancer des attaques par des armes chimiques contre ses propres citoyens".

La Turquie a, elle aussi, soutenu les frappes occidentales, jugeant qu'elles représentent une "réaction appropriée" à l'attaque chimique présumée à Douma. "Nous saluons cette opération qui exprime la conscience de l'humanité tout entière face à l'attaque de Douma que tout porte à attribuer au régime syrien", a affirmé un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères. Israël a justifié ces frappes en affirmant que le régime de ce pays continue ses "actions meurtrières", a indiqué un responsable israélien : "L'an dernier, le président américain Donald Trump a fait savoir que l'utilisation d'armes chimiques reviendrait à violer une ligne rouge. Cette nuit sous la direction américaine, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont agi en conséquence. La Syrie continue ses actions meurtrières", a ajouté le responsable israélien, qui a requis l'anonymat. "La Syrie sert également de base pour mener ce genre d'actions, notamment de la part de l'Iran, qui mettent en danger son territoire, ses forces et sa direction", a ajouté ce responsable.

 

Principaux extraits de l’intervention de Trump

 

Le président américain Donald Trump a annoncé vendredi soir le lancement d'une opération militaire conjointe avec la France et le Royaume-Uni en Syrie, en représailles à une attaque chimique présumée le 7 avril à Douma.

Voici les principaux extraits de sa déclaration à la Maison Blanche:

Opération en cours : "Mes chers concitoyens. Il y a peu, j'ai ordonné aux forces armées des Etats-Unis de lancer des frappes de précision sur des cibles associées aux capacités du dictateur syrien Bachar al-Assad en matière d'armes chimiques". "Une opération combinée est désormais en cours avec la France et le Royaume-Uni, nous les remercions tous les deux".

Les crimes d'un monstre : "Il y a un an, Assad a lancé une attaque sauvage aux armes chimiques contre son propre peuple. Les Etats-Unis ont réagi avec 58 frappes de missiles qui ont détruit 20% de l'armée de l'air syrienne. Samedi dernier, le régime Assad a de nouveau déployé des armes chimiques pour massacrer des civils innocents dans la ville de Douma, près de la capitale syrienne Damas. Cette affaire constitue une escalade importante dans la façon que ce terrible régime a d'utiliser des armes chimiques". "Cette attaque diabolique et ignoble a laissé des mères, des pères, des bébés et des enfants se débattre dans la souffrance et lutter pour respirer. Ce ne sont pas les actions d'un homme. Ce sont plutôt les crimes d'un monstre".

Puissante dissuasion : "L'objectif de nos actions ce soir est d'établir une puissante dissuasion contre la production, la dissémination et l'utilisation de substances chimiques. Etablir cette dissuasion est d'un intérêt vital pour la sécurité nationale des Etats-Unis".

Message à Moscou et Téhéran : "J'ai également un message ce soir pour deux gouvernements qui soutiennent, équipent et financent le plus le régime criminel d'Assad. A l'Iran et à la Russie, je demande: +quel genre de nation veut être associée au meurtre de multitudes d'hommes, femmes et enfants innocents?+" "Les nations du monde peuvent être jugées par les amis qu’elles gardent. Aucune nation ne peut réussir sur le long terme en faisant la promotion de tyrans brutaux et de dictateurs meurtriers".

 

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