Le 25 Janvier, symbole d’indépendance et de souveraineté

Dr Nesrine Choucri Samedi 25 Janvier 2020-13:24:31 Chronique et Analyse
Le 25 Janvier, symbole d’indépendance et de souveraineté
Le 25 Janvier, symbole d’indépendance et de souveraineté

Symbole de gloire, d’indépendance, de souveraineté et de patriotisme, le 25 Janvier est un jour inoubliable dans l’histoire de l’Egypte. Il marque la résistance à toutes les formes d’injustice par les Egyptiens. Une preuve réelle sur l’authenticité de ce peuple qui ne capitule jamais face à l’arrogance des étrangers et qui œuvrent toujours à préserver leurs droits. Le 25 Janvier est avant tout la fête de la Police, mais aussi de la Révolution égyptienne. Il rappelle la capacité des policiers à réaliser et à défendre la dignité de la patrie le 25 janvier 1952.

 

 

 

Pour élucider la symbolicité de ce jour dans l’histoire de l’Egypte, il faut réellement remonter jusqu’à l’hiver de 1952. C’est précisément en ce jour que la police d'Ismaïlia refuse de rendre ses armes aux forces britanniques. Leur résistance devient un symbole de soulèvement pour la jeune nation égyptienne contre l’occupant. Il ne faut pas oublier que six mois plus tard, l’écho de la bravoure de la Police égyptienne s’est fait entendre le 23 Juillet 1952, date d’une révolution contre une royauté corrompue et un colonisateur injuste et brutal.

Bien avant, la tension entre l'Egypte et la Grande-Bretagne a atteint un niveau élevé : les forces britanniques se sont lancées dans une aventure qui est provocatrice visant à insulter et humilier le gouvernement. Elles ont demandé aux forces égyptiennes "ismaïlies" de rendre leurs armes, tout en évacuant le gouvernorat et les casernes. Les forces britanniques assiègent la Police d’Ismaïlia leur demandant de rendre les armes. Un appel catégoriquement refusé par la Police égyptienne qui a vu en cela une atteinte à son indépendance, à sa souveraineté et à sa dignité.

Accrochages

Les Britanniques tiraient leurs bombes de manière concentrée et horrible sans arrêt et pendant plus d'une heure, et les forces de la police n'étaient armées que d’anciens fusils ordinaires. Pour plus détailler, il serait judicieux de dire qu’avant le coucher du soleil de ce jour-là, le petit bâtiment du département de police et le bâtiment du gouvernorat d’Ismaïlia ont été entourés par sept mille soldats britanniques équipés d'armes, soutenus par leurs chars, des véhicules blindés et des canons de campagne, tandis que le nombre de soldats égyptiens piégés ne dépassait pas plus de huit cents dans la caserne du gouvernorat. Ils ne portaient que des fusils mais ils étaient armés de courage, de vaillance et d’amour de la patrie.

Les Britanniques ont également ordonné la destruction de certains villages autour d'Ismaïlia, qui serait le centre de la disparition de patriotes égyptiens combattant contre leurs forces, tuant un certain nombre d'autres civils ou les blessant lors des fouilles des villages par les forces britanniques. Le ministre de l’Intérieur à l’époque, Fouad Séraggedine, a appelé les forces de la police à résister et à ne pas céder d’un iota.

Les forces britanniques ont exploité leurs forces attaquant les policiers et causant la tombée en martyrs de 50 policiers, outre quelque 80 blessés. Des chiffres qui rappellent la bravoure des policiers égyptiens qui ont insisté à faire face à toutes les formes d’occupation et de non-respect de la souveraineté égyptienne.

Déjà avant cette bataille, les Egyptiens avaient commencé à réclamer l’indépendance de l’Egypte étant donné que la Deuxième Guerre Mondiale avait pris fin. Pour exercer une pression, les ouvriers égyptiens se sont abstenus de travailler dans les camps des soldats britanniques et les commerçants ont refusé de les alimenter en vivres. Une vraie âme patriotique animait le peuple égyptien de l’époque.

Le 25 janvier 1952 n’était pas un jour ordinaire dans l’histoire d’Egypte. Il a gravé en lettres d’or dans les annales de l’histoire le courage de la Police égyptienne qui a refusé de remettre le gouvernorat d’Ismaïlia aux Britanniques. En dépit du nombre limité des policiers et de leur armement archaïque, les Britanniques ont utilisé les armes les plus modernes à cette époque. Résultat foudroyant : une centaine de victimes entre morts et blessés. Mais cet incident a acquis un caractère particulier notamment pour les habitants d’Ismaïlia qui se sont levés en bloc afin de lutter contre l’occupant. La « bataille d’Ismaïlia » est un chapitre important dans la lutte anti-coloniale. Pendant des années le 25 janvier sera la journée nationale du gouvernorat d’Ismaïlia. C’est à partir de 2009, qu’il devient une fête nationale et un jour férié pour tous les Egyptiens.

 

Le Musée de la Police, un joyau qui raconte une bravoure et une prouesse égyptiennes

Le chapitre lumineux du 25 janvier 1952 ainsi que d’autres sont racontés avec beaucoup de détails au Musée de la Police qui se trouve à la Citadelle du Caire. En effet, si vous avez la chance de le visiter, ce sera une occasion qui vous donnera des élans de patriotisme.

Au milieu de la deuxième salle du Musée, il y a une énorme maquette qui représente le bâtiment de la police à Ismaïlia qui avait été attaqué par les Britanniques en 1952. Là, il faut faire un arrêt historique. En 1952, un groupe de policiers aux armes primitives a été assiégé à Ismaïlia par les Britanniques, ces derniers leur demandent de capituler. Les policiers égyptiens refusent de le faire par respect pour leur patrie et en guise de dignité de la Police. Pendant de longues heures, ils vont tenir le coup face à l’artillerie britannique très sophistiquée. Beaucoup d’entre eux trouveront la mort. Mais, la mort valait mieux que le déshonneur. Quand vous regardez les armes primitives utilisées par ces jeunes policiers et celles utilisées par les Britanniques, vous resterez pensifs, mais, aussi, une larme rebelle peut furtivement couler de vos yeux en guise de reconnaissance pour ces héros de la patrie. Ces héros ont résisté avec leurs corps et leurs cœurs face à l’occupant anglais, le 25 janvier 1952. C’est pourquoi, chaque année, l’Egypte célèbre en ce jour-là la Journée de la Police.

Cette salle vous donnera aussi l’espoir de la justice, puisque les Britanniques et le roi ont rendu hommage aux policiers résistants à Ismaïlia et même décoré quelques-uns pour leur prouesse. Tout le monde a compris leur message : l’honneur de défendre la patrie dépasse tout.

L’honneur de défendre la patrie contre les criminels et les mauvaises herbes, vous le trouverez là au Musée de la Police. Son emplacement est la partie nord de la Citadelle de Salah Eddine sur un espace qui s’appelle « Sahat Al-Allem » ou (la Cour du Savoir). Il s’agit d’une zone militaire à la Citadelle où Mohamed Ali Pacha avait mis en place le Centre de l’artillerie égyptienne au 19ème siècle, et les fouilles ont démontré qu’il est bâti sur l’ancien emplacement de la Tour des Lions (Borg El-Sébaa’) qui avait été érigée par le fameux mamelouk Al-Zaher Bébarsse. Cette tour avait été construite en 1260 et comprend des lions gravés. Perché sur sa colline, le musée a été inauguré en 1986 à l’occasion de la Journée de la Police, le 25 janvier.

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