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Le 3 juillet a libéré l’Egypte de la milice terroriste des Frères Musulmans

Dr Nesrine Choucri Mardi 03 Juillet 2018-12:06:44 Chronique et Analyse
Le 3 juillet a libéré l’Egypte de la milice terroriste des Frères Musulmans
Le 3 juillet a libéré l’Egypte de la milice terroriste des Frères Musulmans

Le 30 juin 2013, les rues du Caire, d’Alexandrie et des villes clés d’Egypte ressemblaient à une ruche d’abeilles. Les Egyptiens de différentes composantes sociales avaient défilé dans les rues afin de s’exprimer et d’exprimer leur colère vis-à-vis du régime frériste et fasciste de Mohamed Morsi. Ces manifestations monstres qui se tenaient partout ont d’abord choqué les Frères Musulmans qui avaient usé de tous les moyens pour terroriser les Egyptiens et les intimider. Le régime fasciste des Frères Musulmans croyait que les scènes de torture contre des citoyens pacifiques ou encore que les menaces prononcées à la place de Rabae étaient suffisantes pour freiner la marée humaine.

 

Malgré les menaces et la crainte, les Egyptiens avaient décidé de se sacrifier corps et âme pour démolir la théocratie de la Confrérie des Frères Musulmans. Ils savaient que la mort serait leur sort, mais, ils ont accepté courageusement cette fin afin de ne pas être gouvernés par des terroristes. Pour nombreux d’entre eux : mourir pour libérer l’Egypte de ce destin en valait le coup. Puis, des voix plus sages et plus raisonnables ont commencé à lancer des appels à l’Armée égyptienne. L’Armée égyptienne s’était toujours montrée neutre, même du temps de l’ancien président déchu Mohamed Hosni Moubarak. Alors, les Egyptiens ont accepté le pari : l’Armée ne nous a jamais abandonnés, elle ne le fera pas maintenant ?

Une ambiance étrange qui ne peut être décrite à ceux qu’ils l’ont vécu, une ambiance où des sentiments contradictoires et différents se sont mêlés à l’instar de la joie, de la peur, de l’amour de la patrie, de l’espoir, de la crainte de l’inconnu. Tout le monde attendait un miracle qui pourrait sauver l’Egypte des heurts inévitables entre un peuple pacifique et des milices terroristes entraînées à semer la violence, la zizanie et la haine.

En plus d’être violents, les Frères Musulmans savent très bien créer et propager les rumeurs. Ce sont des menteurs professionnels et des manipulateurs hors pair qui se montrent comme des anges. C’est là que le 3 juillet constitue le fruit des invocations des Egyptiens qui se souhaitaient se débarrasser de cette théocratie avec le minimum de sang versé. Le 3 juillet 2013 est un jour mémorable car le général Abdel-Fattah Al-Sissi, alors ministre de la Défense, apparaît sur les écrans de la télévision, entouré de grands responsables de l’Etat afin d’annoncer clairement que l’Armée égyptienne va répondre à la volonté du peuple égyptien.

Puis, il appelle les Egyptiens à le mandater dans son combat contre les forces du Mal et de l’obscurantisme. Dans la rue, les gens ne croient pas leurs oreilles, des larmes, des pleurs, des rires et surtout des célébrations. Le 3 juillet 2013, le ministre de la Défense, le Pape Tawadros, et le Cheikh d’AL-Azhar, Dr Ahmed Al-Tayeb, plusieurs figures publiques libérales ont annoncé que les demandes des Egyptiens sont légitimes. Une annonce qui a calmé autant les manifestants et qui avait également éloigné le spectre de la guerre civile qui risquait de déchirer l’Egypte entière. Dans le quartier huppé de Héliopolis, quartier du palais présidentiel et fief anti-Frères, c’était la grande fête. L’ancien président déchu Mohamed Morsi n’avait pas pu mettre les pieds dans la rue depuis plusieurs jours car les manifestants lui barraient la route.

Si le spectre de la guerre civile avait été éloigné, d’autres menaces pesaient car les Frères Musulmans avaient aussi un plan : s’ils ne gouvernent pas l’Egypte, ils vont la mettre à feu et à sang. Ils se dirigent tous vers le sit-in de Rabae où ils avaient commencé en même temps que les manifestations anti-Morsi, ils voulaient faire de Médinat Nasr un point de lancement de leurs attaques d’autant plus que c’est le quartier le plus proche de Héliopolis et qui est également à 5 minutes de marche de l’un des sièges du ministère de la Défense.

Du 30 juin au 13 août, les autorités ont décidé de donner la chance aux partisans de Morsi pour disperser pacifiquement le sit-in. L’objectif était de donner du temps aux civils de sortir du sit-in avant toute tentative de dispersion. Nul ne cherchait la confrontation et les autorités de l’époque sous le commandement du général Abdel-Fattah Al-Sissi et du président Adly Mansour ne cherchait pas à faire couler le sang, mais à sauver l’Egypte avec le minimum de pertes. Un appel sans réponse. Et, le peuple commence à s’impatienter d’autant plus qu’il avait déjà manifesté pour mandater Al-Sissi dans sa lutte contre le terrorisme. Enfin, le 14 août, un rêve s’est réalisé au prix du sang des forces de l’ordre, de jeunes policiers, de jeunes victimes de lavage de cerveaux. Pendant une journée très difficile, les Egyptiens ont pu suivre sur les écrans de leur télévision, les pro-Morsi brûlaient les rues avoisinantes de Rabae. Ils ont cherché à déplacer le combat dans toutes les rues d’Egypte pour faire sombrer le pays dans le chaos. Des Eglises ont été brûlées à Minia et dans d’autres villes de la Haute-Egypte, un commissariat de police attaqué à Kerdassa, un nouveau sit-in à la mosquée de Fateh à la rue Ramsès. Par stupidité, les Frères Musulmans avaient parié sur le fait de provoquer des séditions confessionnelles entre Musulmans et Coptes. Un pari nul. Le Pape Tawadros sort de son silence pour consoler aussi bien les Chrétiens que les Egyptiens. L’Armée prend également à sa charge la réparation des églises. Et, le Pape lance un appel d’unité et d’amour à la patrie.

Sans le 30 juin, l’Egypte n’aurait jamais pu restituer son identité et son authenticité. Mais aussi si le 3 juillet, l’Armée n’avait pas pris à sa charge de répondre à l’appel des Egyptiens et à les rassurer, la guerre civile aurait éclaté et le sang aurait coulé. Le 3 juillet reste aussi important que le 30 juin car ils rappellent que le peuple et l’Armée sont indivisibles et qu’ils forment une même trame. Tous ont un même et seul souci : préserver leur patrie et non pas une confrérie !

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