Nestle

Le Caire : Secrets du nom de quelques endroits !

Hanaa Khachaba Lundi 30 Juillet 2018-13:26:07 Chronique et Analyse
Le Caire : Secrets du nom de quelques endroits !
Le Caire : Secrets du nom de quelques endroits !

Les quartiers et les rues du Vieux Caire sont étonnants. Leurs noms recèlent souvent tant de secrets et d’histoires. Il n’est pas rare de voir un quartier se dénommer d’après une célèbre marchandise à qui elle prêta son appellation. Des rues portent également le nom du principal métier qu’exerçaient les gens à une époque lointaine. Même si le métier n’existe plus aujourd’hui, son nom a survécu à travers le temps donnant une particularité surprenante et authentique à l’ambiance chaleureuse et vivante du Caire. De rue en rue, les noms qui défilent sont donc ceux d’une marchandise, d’un art ou d’un métier, mais aussi d’icônes mémorables dans l’histoire du pays.

 

Cet article vous accompagne dans ces endroits si vieux et si magiques réincarnant un passé chargé d’histoires et de mystères. Embarquez-vous pour la découverte de ces lieux et ces ruelles.

Al-Migharbéline (les tamisiers), Al-Sérouguiya (les selliers), Al-Darb Al-Ahmar (la voie rouge), Houch Al-Ghagar (La cour des gipsy), Bircat Al-Fil (La mare de l’éléphant), Tall Al- Aqareb (La colline des scorpions), Darb Al-Mahabil (La voie des tarés), Al-Sakakini (nom propre), Al-Abbassiya (un autre nom propre dérivé du prénom Abbas) suscitent de la curiosité du fait de leur appellation drôle et bouffonne. Chacun de ces lieux trouva son nom d’origine il y a des siècles lorsque les passants, ne souhaitant pas se perdre, veillèrent à distinguer les ruelles très semblables les unes des autres par le commerce dominant. La ruelle où l’on vendait des citrons se dénomma donc Haret Al lamoune (la ruelle des citrons). Le quartier où se concentraient les fabricants du cuivre s’appela ainsi Hay Al- Nahhassine (le quartier des cuivreurs) et ainsi de suite.

Al-Dar Al-Ahmar :Al-Ahmar est la couleur rouge. Cette rue doit son nom aux flots de sang ayant empourpré ce lieu lorsque le sultan d’Egypte Mohamed Ali Pacha massacra les mamelouks dans la citadelle. Le sang coula et inonda la région pendant un long moment. Depuis, cet endroit est connu sous le nom de Darb Al-Ahmar (la voie rouge).

Al-Mégharbéline, Al-Sérouguiya, Al-Khiyamiyah, Al-Kérabiyah et Al-Sakkayine :Ce sont tous des anciens métiers ayant prêté leurs noms aux endroits où ils étaient exercés. Al-Mégharbéline (les tamisiers), ce lieu se caractérisait par la présence en grands nombres des commerçants d’épices qui tamisaient leurs produits pour les débarrasser de résidus indésirables. Quant à Al-Sérouguiya, cet endroit trouve son origine du mot sérougui qui n’est personne d’autre que celui qui fabrique les selles de cheval. Al Khiyamiyah est le magnifique bazar des fabricants de tentes (khiyam). C’est là où l’art du patchwork folklorique continue à défier le temps. Les Kirabiyahs sont les fabricants de la Kirba qui est une sorte de bouillote de grande taille servant à transporter de l’eau. Cette dénomination nous conduit à la ruelle des Sakkayines ou porteurs d’eau. Cet endroit est baptisé d’après les porteurs d’eau qui s’y promenaient avec leurs grandes cruches ou bouillotes remplies d’eau au plus grand plaisir des passants ou habitants assoiffés.

Bircat Al-Fil (la mare de l’éléphant) :L’histoire de ce lieu remonte à l’époque pharaonique. Quelques éléphants s’installèrent dans cette région. Les habitants les adoraient. Quand l’eau se sécha, ils priaient et suppliaient les éléphants de faire descendre la pluie. A l’origine, la région s’appelait « Baracat al-fil », c’est-à-dire la bénédiction de l’éléphant. Ce nom se métamorphosa au fil des siècles pour être ainsi prononcé « Bircat », qui signifie la mare.

Tall Al-Akareb :ce lieu se situe dans le quartier de Sayida Zainab. Il y a un secret caché derrière ce nom étrange dont la traduction littérale est la colline des scorpions. Dans le temps, cette région -aujourd’hui surpeuplée- était une région montagneuse abritant des milliers de scorpions et de serpents, d’où cette appellation effrayante !

Houch Al-Ghagar :Ce lieu se trouve retranchée derrière la région de Sour Magra Al-Oyoun. Il servait de refuge aux tribus de gipsy qui fuirent la Haute-Egypte et vinrent s’installer au Caire. Al-Ghagar veut donc dire Gipsy en arabe.

Darb Al-Mahabil (la voie des tarés) :Par le passé, il y avait de nombreux magasins de liqueurs dans cet endroit. Les habitants en consommèrent abondamment et en perdirent la boule. D’où ce mot « mahabil », qui signifie tarés.

 Dar Al-Barabra : cette rue emprunte son nom aux Berbères qui vinrent s’y installer en provenance du Maghreb arabe, du Soudan ou de l’Afrique.

Al-Agouza :C’est un quartier huppé du Guiza. Agouza signifie vieille en arabe. La fille du fondateur de l’armée égyptienne à l’époque de Mohamed Ali Pacha s’appela Nazli Hanem Bent Soliman Pache Al-Françaoui. A l’âge de 90 ans, elle ordonna la construction d’une mosquée. Les habitants de la région donnèrent donc le qualificatif « agouza, vieille » à la mosquée et au quartier pour honorer la mémoire de la vieille Nazli.

Al-Abbassiya :Ce quartier fut l’un des plus beaux et des plus somptueux du Caire. En 1849, Abbas Helmi 1er y installa des casernes pour l’armée. Depuis lors, ce quartier porta son nom Abbassiya. Ensuite y poussèrent des villas et des immeubles créant le quartier actuel devenu un des plus engorgés de la capitale.

en relation