Le cirque : Cet univers funambule sur “le fil” des trapézistes

Nermine Khatab Samedi 05 Mai 2018-15:37:43 Chronique et Analyse
Le cirque : Cet univers funambule sur “le fil” des trapézistes
Le cirque : Cet univers funambule sur “le fil” des trapézistes

Le cirque, cet inlassable travail qui se transforme magiquement en paillettessplendeur et éblouissement autour de la piste aux étoiles. C'est la concentration silencieuse, l'art de jouer sans dire un mot, l'anti-théâtre, la technique de sourds et muets qui sont les plus grands acteurs du monde, tout ce qui est le contraire du cinéma. Grosso modo, c'est une grande et une épuisante école qui prend le dessus de la scène comédienne, confirmant sa puissance de divertissement. Une profession est faite de vingt métiers à la fois.Ce sont ces vingt métiers qui font une vedette. Invitation au voyage, la passion du cirque montre ce que la jonglerie, le trapèze, les disciplines équestre ou l’art du clown doivent à la tradition, aux savoirs ancestraux, à l’histoire. Escapade au cirque italien…

 

«J'ai souvent essayé d'analyser le magnétique du cirque. C'est la manifestation d'un courage indomptable que l'on voit et que l'on admire, d'une inspiration inhérente à la race humaine. La force de gravité est défiée. L'impossible devient possible. C'est ce défi aux lois de la nature qui fait des gens de cirque une race à part. Ils n'en font qu'une, tout en venant de toutes ethnies».Peut-être c'est par ces mots, M. Mohamed Abdel Rahmane, un spectateur qui est également un écrivain, nous a donné une explication logique sur l'apparition du cirque depuis belle lurette.

Le cirque, cette expositionmontre que de tout temps l’homme a aimé les jeux de distraction. Si l’on peut faire remonter les origines du cirque, c'était au début une procession d'animaux sauvages qui s'est peu à peu transformée en exploit de dressage et de maîtrise du corps.

Avec le temps, cet art se développeet devient un spectacle populaire avec tout ce qu'il comprend de jeux, de danses trapézistes et de représentations artistiques.

Le dressage

«Le cirque est un autre monde bondé d'aventure, de surprise et d'euphorie», a souligné le dompteur Walid El-Charkawi qui vient travailler en Egypte depuis 2011 après avoir passé une longue période de sa vie en Italie. «Ma première entrée en cage, je l'ai faite à l'âge de 20 ans. Je suis devenu dresseur de fauves par vantardise. On ne doute de rien à 20 ans», a-t-il fait savoir. «Je pensais que j'ai beaucoup profité de mes maîtres qui m'ont aidédans mon travail avec les fauves», a confié Walid. «J'ai dressé mes lions comme je dressais mes chevaux. C'est-à-dire, contrairement à ce que tous les gens pensent avec beaucoup de douceur et beaucoup d'amour. J'ai appris la patience et la fidélité en fréquentant les bêtes.Ils ont beaucoup de loyauté et même de dévouement plus que les hommes», a-t-il révélé. «Si elles ne peuvent pas parler, cela ne veut pas dire qu'elles n'ont pas de langage», a-t-il ajouté.«Les gestes, les regards, le ton et les mouvements du corps, le tout forme un langage que moi est le seul à comprendre», a conclu Walid.

Les acrobates

Sauter est un état d'esprit autant qu'une disponibilité du corps. C'est une discipline de base, même les clowns commencent par l'acrobatie. C'est un rite de transmission en continuité de la tradition éternelle du cirque. Et si l'exploit sportif est impressionnant, la présentation et la mise en scène en font un numéro exceptionnel.

Le cheval

Il est l'héritier du cheval de guerre. En fait,la volte, la demi-volte et la doublée… etc., n'étaient à l'origine que des manœuvres que les chevaliers apprenaient à leurs chevaux pour les mener à la bataille. L'acrobate équestre a constitué dès les débuts du Cirque l'attraction principale et ce n'est qu'au XIXe siècle que le cheval supplante l'homme.

Le trapèze

C’est un numéro de légende et peut-être le numéro le plus difficile. Les exercices sont de plus en plus complexes avec le triple saut périlleux. Le trapèze volant, le plus impressionnant a relégué au second plan le trapèze fixe mais celui-ci est aussi un art de la recherche élastique du corps.

Le jonglage

Lorsque l'on voit les jongleurs, on ne peut résister son art, c'est un véritable métier. C’est l'amuseur public, il pratiquait aussi bien la musique, l'acrobatie, le conte… Le jonglage doit être charmant, éblouissant etléger. Le spectateur a toujours l'impression de voir un miracle.

Le clown

C'est le morceau de choix attendu par le public. Le clown est peu à peu devenu le numéro comique mais aussi un numéro de jongleur, d'équilibriste… etc. Les clowns ce sont les blagues et les gags qui s'appuient parfois sur des plaisanteries triviales.«Le maquillage, les costumes drôles et les couleurs brillantes sont l'épine dorsale de notre métier», a souligné M. Michèle, 30 ans un clown au cirque. Même en pleurant, nous laissons un sourire sur les lèvres des spectateurs», a-t-il ajouté. Comédien et tragédien du même coup.«Notre numéro est le plus difficile, les autres spectacles attirent l'attention et éblouissent le spectateur, alors que nous, les clowns, devons faire rire l'audience par nos gestes et nos jeux», a-t-il souligné, tout en poursuivant que le fait de suivre leurs réactions est une partie importante de son métier. «Parfois, je me trouve obligé de changer un peu le cours du tableau que je donne d'après les réactions que je reçoive des spectateurs dans la salle», a-t-il observé. «Bref, pas de cirque sans clown.Les petits sont nos principaux spectateurs mais aussi les grands. Dans la plupart du temps, nous descendons aux spectateurs pour partageravec eux le jeu et leur distribuer des bonbons et des chocolats», a-t-il dit en riant.

 

Retour en grande pompe du cirque national…

Au milieu d’une large participation, la ministre de la Culture, Dr Inas Abdel Dayem, a assisté à la cérémonie d’inauguration du siège du cirque national à la Cité du 15 mai après des années de suspension, en présence du directeur de la Maison artistique des arts populaires et artistiques.

Dr Inas a confirmé que l’art avec toutes ses couleurs constitue la force douce susceptible de faire face aux idées extrémistes et du terrorisme, assurant que le ministère s’attelle actuellement à juguler tous les problèmes qui obstruent le fonctionnement du cirque national.

Elle a également annoncé le délogement du siège du cirque national du 15 mai au Centre de culture et des arts. Il comprend un théâtre, une école pour les doués pour leur apprendre les arts du cirque. Des stages de formation seront organisés à l’intention des artistes du cirque. Il s’agit également de développer les jeux pour faire plaire aux spectateurs ainsi que pour donner naissance à une nouvelle génération capable de concurrencer à l’échelle mondiale.

Il est à noter que le cirque national à Agouza a été mis en place sur ordre de l’ancien président Gamal Abdel Nasser en 1964. Séduit par la qualité du cirque russe, Nasser souhaite s’en inspirer pour créer un cirque national égyptien. Pour de longues années, le cirque national demeure pionnier parmi les pays arabes. Le cirque est installé sur une grande superficie de plus de 10000 mètres carrés et a subi une large réhabilitation pour être enfin prêt à accueillir 1500 visiteurs.

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