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Le jardinage à la mode chez les Pharaons

Marwa Mourad Vendredi 08 Février 2019-21:29:04 Chronique et Analyse
Le jardinage à la mode chez les Pharaons
Le jardinage à la mode chez les Pharaons

Les Pharaons sont probablement les premiers à ordonner la réalisation de jardins, et les plantes rares exotiques y avaient une place de choix ! En effet, en plus d’être le berceau de l’humanité, l’Afrique est aussi un des lieux où le jardinage a vu le jour, plus précisément en Égypte, il y a maintenant plus de 5 000 ans. Les végétaux de ces jardins pharaoniques étaient cultivés à des fins ornementales, médicinales, utilitaires, alimentaires ou encore pour des offrandes!

En Egypte ancienne, les arbres étaient rares (quelques acacias et sycomores) et toute la terre fertile, grâce à un réseau de digues et de canaux constamment entretenus, était occupée par les cultures céréalières. Parce que la campagne manquait d’arbres et de fleurs, le jardin serait un verger où les fleurs seraient cultivées avec la plus grande attention. Il était centré sur un étang planté de lotus, de papyrus, et de plantes héraldiques de la Haute et Basse-Égypte. Les jardins égyptiens, symétriques et rigides, étaient à l’image de la civilisation égyptienne, tout à fait spécifiques et sans influence extérieure.

Les pharaons étaient les premiers à ordonner la réalisation de jardins. Ils ont ramené aussi des plantes exotiques de leurs campagnes, qu’ils cultivaient ensuite dans les jardins de leurs temples et palais. La reine Hatchepsout de la XVIIIe dynastie fit venir 31 plants d’arbres à encens pour orner son jardin en terrasses. Les plantes rares devenait une mode. Des expéditions entières étaient organisées pour amener des espèces d’origine lointaine. Thoutmôsis III nous a laissé sur les murs de la salle des fêtes du temple de Karnak la reproduction, exécutée avec un remarquable souci du détail, des animaux et surtout des nombreuses plantes qu’il avait fait rapporter d’Asie ; cette faune et cette flore constituaient ce qu’on appelait le « jardin botanique de Thoutmôsis III ». Les pharaons ont créé d’énormes promenades ornées de plantes, herbes et arbres fruitiers de toutes les régions limitrophes.

Pour les jardins de particuliers, les paysages inspiratifs étaientles oasis et le fleuve avec ses lotus et ses îles flottantes de papyrus. Ainsi, les premiers jardins individuels étaient sans doute des constructions clôturées, d’oasis artificielles. Plus tard, les jardins entourés d’une clôture contenaient souvent une terrasse et un bassin carré ou rectangulaire tout à fait artificiel, où poussaient des plantes aquatiques. Ceci était toujours fait dans l’esprit des oasis. On y trouvait aussi régulièrement des statues et colonnes. Les plantations évoluaient et s’alignaient, afin de faciliter l’irrigation, qui est assurée par des canaux. Les plantes étaient taillées et positionnées de plus en plus habilement, pour offrir de l’ombre, pour faciliter la cueillette des fruits, et la productivité des fruits qu’ils portaient. Par les peintures murales nous savons quelles plantes étaient cultivées dans ces jardins : vignes qui tapissaient des pergolas, sycomores, perséas, palmiers dattiers et doum, figuiers, grenadiers et tamaris.

La pharmacopée dans l’Égypte antique était indiquée dans les papyrus médicaux. Nous trouvons en effet dans ces derniers tous les composants utilisés à l’époque. Ils sont accompagnés de leurs indications. Ainsi, les fruits, les fleurs, les herbes aromatiques et médicinales étaient cultivées et utilisées à des fins d’offrande mais aussi pour la préparation de potions à buts médicinaux. Les médications employées par les praticiens de l’époque pourraient nous surprendre. Nombre d’entre elles ont été qualifiées de « repoussantes ». C’est par exemple le cas d’un test pronostic vital : « Un (petit) fragment de placenta (…) broyé dans du lait (…) trois jours de suite… » (Source : Papyrus du Ramesseum). Cependant, des études historiques et pharmacologiques nous montrent que ces prescriptions pouvaient parfois être utiles, mais leurs compositions pouvaient aussi correspondre à des préoccupations magiques et religieuses.

Les produits végétaux entrant dans les médications pouvaient être représentées par des fruits, des légumes ou des plantes médicinales. Plusieurs sortes d’huiles étaient extraites. Plusieurs végétaux pouvaient être transformés en bières, en vins ou en vinaigres. Certaines parties des échantillons pouvaient être toxiques et à manipuler avec précaution ; on pourrait ainsi trouver du chanvre, du pavot et de la mandragore.

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