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Le problème d’Air France, c’est la France !

Jeudi 10 Mai 2018-13:53:44 Presse
Le Point
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La compagnie aérienne n'est plus du tout compétitive : trop de taxes et d'impôts, trop de charges sociales, ce qui ne pardonne pas au niveau international. L'époque est bien finie où cette magnifique entreprise française, avec ses Concorde, ses pilotes flamboyants et son aura d'avant-garde, faisait envie à ses concurrents. Associé à sa petite sœur KLM, le groupe Air France continue d'exister dans le monde aérien mais ne joue plus qu'en deuxième division et un lent déclin a commencé pour cet ancien fleuron bleu-blanc-rouge. Un déclin inéluctable ? Oui.

Quand vos frais de personnel représentent 29 % de votre chiffre d'affaires, contre 22 % chez Lufthansaet 20 % chez British Aiways, pour ne parler que de nos plus proches concurrents – pour les plus lointains, c'est pire –, il n'y a plus la moindre chance d'imaginer pouvoir redresser les comptes de l'entreprise sans une véritable révolution intérieure. Le poids des charges sociales et des impôts est tel que, pour qu'un pilote touche 1 000 euros de salaire net, il en coûte 2 700 à Air France, 2 100 à la Lufthansa et 1 060 seulement à Emirates. Quand, en plus, les équipages français ne tournent qu'à 700 heures de vol par an pendant que les Allemands et les Britanniques en sont à 780, la cause est entendue. À l'arrivée, le résultat opérationnel d'Air France ne représente plus que 3,5 % de son chiffre d'affaires, contre 9,3 % à la Lufthansa et 13,1 % chez le groupe IAG qui réunit British Airways et Iberia, une compagnie rachetée dernièrement par les Britanniques. Quand enfin les pilotes jouent avec le feu en portant à la tête de leur syndicat majoritaire, le SNPL, un syndicaliste connu pour ses positions radicales – Philippe Évain, surnommé au choix « Philippe le Rouge » ou « Lider Maximo » –, on peut se poser encore d'autres questions. Selon Valérie Collet du Figaro, Philippe Évain aurait été formé par Jean-Charles Corbet, qui fut président du SNPL à la fin des années 1990. Proche du ministre communiste des Transports Jean-Claude Gayssot, ce Corbet avait été « propulsé à la tête d'AOM-Air Liberté, devenu Air Lib avant de couler, entraînant 3 200 salariés dans sa chute ».

 

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