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Le stratagème

Dr Nesrine Choucri Mardi 05 Juin 2018-14:17:59 Shéhérazade raconte
Le stratagème
Le stratagème

Shéhérazade raconte tous les soirs des histoires au roi. Des histoires qu'elle a regroupées du fond de l'Egypte, mais qui sont riches en morale. Aujourd'hui, elle raconte l'histoire du stratagème.

Il était une fois un noble très riche et disposant d'un grand palais et de vastes terres. Sa richesse était illimitée et il se faisait craindre et respecter par tout le monde. Pour passer ses jours et ses nuits, il adorait organiser des banquets et des buffets. Tous les types de délices se trouvaient sur la table et sa gourmandise n’était que toujours attisée.

Gâteaux, crèmes, viennoiseries, pâtisseries, viande d’agneaux, la liste n’est pas  exhaustive. Et les cuisiniers venus de tous les pays du monde lui préparaient les meilleurs plats de la terre. Ils voulaient toujours le rendre heureux et chercher à ce qu’il les charge de préparer des banquets pour ses invités. Ce noble était réputé pour sa générosité envers les cuisiniers surtout ceux qui inventaient devant ses propres yeux une recette miracle.

A force de passer ses nuits et jours à savourer différentes délices, le noble et riche homme de la ville finit par gagner un poids phénoménal. Un poids incontrôlable au point que le richissime ne pouvait plus respirer.Des milliers de kilos de graisse le faisaient souffrir. Pour dormir le soir, il n’arrivait pas à respirer, c’était un vrai calvaire. Il fallait dormir assis et il ne pouvait plus s’allonger pour se reposer. Toujours fatigué, il continuait pourtant à tenir ses soirées et à faire venir des cuisiniers exotiques.

Comme la situation s’aggravait, le richissime a perdu la capacité de se déplacer seul. Il fallait le porter pour le transporter d’une place à l’autre dans son palais. Comme son état de santé ne s’améliorait pas, il a fait venir des médecins du monde entier. Nul n’arrive à trouver une solution à lui faire perdre du poids, ni à améliorer sa santé.

C’était une situation désastreuse et incontrôlable. Il souffrait tout le temps. Une souffrance hors pair et sa cure semblait ne pas exister sur terre. Au passage, un jeune aventurier charlatan a entendu l’histoire. Il a appris que le richissime avait promis un dixième de sa fortune à celui qui l’aiderait à surmonter sa maladie.

L’aventurier qui n’avait aucune information en sciences médicales a pourtant  décidé de tenter sa chance. Il s’est adressé aux serviteurs du noble pour lui présenter une potion magique qui devrait l’aider. Les serviteurs, en général, ne l’auraient pas reçu sans le connaître. Mais, face au désespoir, ils ont fini par le recevoir. Ils décident de le présenter au richissime, tout en laissant ce dernier trancher l’affaire.

L’aventurier a déjà le sentiment qu’il allait gagner. Il se dit : « Le désespoir peut tout faire, parfois, même, le désespoir est la clé qui ouvre certaines portes closes». Le désespoir était son arme et son astuce pour gagner la fortune du noble. 

Evidemment malgré les avertissements de ses hommes, le richissime a accepté de recevoir l’aventurier. Ce dernier s’inclina devant lui et demanda de l’examiner. Le noble se fait examiner pendant près d’une heure par un aventurier de passage devant son palais. Puis, le jeune charlatan prit un air grave et lui dit : « Vous n’êtes pas malade. Quelqu’un de méchant, de capricieux et d’inhumain, vous a jeté un sort.

Le noble écarquille les yeux, cette version lui était préférable à celle de la maladie. Il lui a dit alors : « Pour vous libérer de ce sort magique, il faudra faire comme je vous le dis pendant dix jours. Mais après dix jours, l’amélioration ne sera pas à 100%, mais il y aura des indices qui vont vous pousser à vouloir continuer ». Le richissime a consenti à faire l’expérience pendant 10 jours complets, l’aventurier lui avait bien expliqué que s’il ne respectait pas à 100% les ordres, les risques étaient nombreux et incontrôlables. D’après les ordres, le richissime devait ne pas tenir ni de soirées, ni de banquets. Il devait uniquement manger des choses vertes, vertes par nature, et faire à pied le tour de son château à l’aube deux fois et au crépuscule deux autres fois. Faire le tour du château était quelque chose de fatigant et difficile. Une marche de trente minutes, prenait alors 3 ou 4 heures. La marche devait être lente. Le reste du temps, il devait s’endormir. Une ordonnance sévère.

Dix jours plus tard, le noble avait perdu une dizaine de kilos de graisses, respiré mieux mais pas à 100%. L’aventurier était assez ruse, il avait fait faire au noble un régime et le régime avait commencé à porter ses fruits. Après six mois, le richissime avait perdu une centaine de kilos, il était encore gros, mais pouvait respirer et dormir. Il a donné alors au charlatan un dixième de sa fortune et l’a, de surcroît, nommé son médecin personnel.

Parfois, l’intelligence et la ruse sont plus fortes que la science. 

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