Le tourisme, une résurrection qui réjouit les yeux

Soha Gafaar Mardi 21 Juillet 2020-14:00:10 Chronique et Analyse
Le tourisme, une résurrection qui réjouit les yeux
Le tourisme, une résurrection qui réjouit les yeux

L'Egypte est née en tant que pays cosmopolite qui ouvre ses bras pour accueillir les visiteurs. Elle se prépare activement à la reprise de son activité touristique et à l’accueil des touristes étrangers. Après avoir désinfecté les sites touristiques et mis en place des protocoles stricts pour éviter les contagions au Coronavirus, les autorités égyptiennes viennent d’annoncer une série de mesures promotionnelles devant contribuer à attirer les touristes. Des pyramides aux plages de la mer Rouge, en passant par les monuments du Caire, l'Egypte s'organise pour s’ouvrir aux visiteurs.

 

 

 

Merveille du monde, les pyramides de Gizeh impressionnent les visiteurs depuis des millénaires. Mais elles ont été désertées lorsque la pandémie de coronavirus a mis à mal l'industrie touristique égyptienne.

Ce site antique a été rouvert le 1er juillet avec de nouvelles mesures : prise des température obligatoires, distanciation sociale et énormes opérations de nettoyage autour des pyramides et des autres monuments anciens.

Quelques dizaines de touristes étaient présents sur le site de la vaste nécropole royale, en ce 1er juillet. « Nous sommes venus aux pyramides aujourd'hui car le site, longtemps fermé, vient de rouvrir », a dit à l'AFP Ashiana Love, une touriste australienne. Selon Fatma Baioumy, guide touristique sur le plateau de Gizeh, le site est « sûr ». « Il y a beaucoup de mesures de protection (...) ils désinfectent tout, les visiteurs, les sacs etc », dit-elle. 

En Egypte, « nous préparons le terrain pour que les touristes du monde entier trouvent une destination (...) dans des conditions sanitaires exemplaires », a assuré le ministre du Tourisme, Khaled El-Anany, lors d'un entretien avec l'AFP.

Ces derniers jours, M. Anany a fait des apparitions dans les médias pour présenter les nouvelles règles d'hygiène et de sécurité alors que les musées rouvraient et que certains vols étrangers reprenaient vers les provinces du Sud-Sinaï, de la mer Rouge et de Matrouh.

Il a affirmé qu'il n'y a pratiquement aucun cas de Covid-19 dans ces zones côtières, ce qui les rend plus sûres.

« Vous ne verrez que les plages, le soleil, le désert, les activités nautiques - c'est le plein air et la mer ». « Plus tard, nous ouvrirons la vallée du Nil, avec Alexandrie, Le Caire, Louxor et Assouan », a expliqué le ministre.

Et d’ajouter que « les autorités ne sont pas pressées ».

« On attend que la courbe (des contaminations) soit stable », a-t-il dit, tout en se félicitant des chiffres « très bas par rapport aux pays de la région et du monde ».

Selon le ministre, les premières destinations touristiques à rouvrir seront les stations balnéaires de la mer Rouge et les plages méditerranéennes à l'ouest d'Alexandrie.

Il annonce aussi la réouverture prochaine de certains hauts lieux du tourisme égyptien comme le temple de Karnak ou la tombe de Toutankhamon où seules 10 personnes pourront entrer à la fois.

« Les lieux où la densité des touristes au mètre carré risque d'être trop élevée, notamment dans des lieux clos, viendront dans un second temps », a-t-il dit.

M. El-Anani, et le gouverneur du Sud-Sinaï, Khaled Fouda, ont inspecté, la semaine dernière nombre d'hôtels, de sites et de projets touristiques dans les villes de Dahab et de Noweiba.

Selon un communiqué du ministère du Tourisme et des Antiquités, M. El-Anani a effectué cette tournée, lors de sa visite dans le gouvernorat du Sud-Sinaï, afin d'inspecter un nombre d'installations hôtelières dans la ville de Charm El-Cheikh et le musée de Charm El-Cheikh.

En mai, après plus de deux mois de fermeture, l'Egypte a rouvert des hôtels aux touristes égyptiens travaillant à 25% de leurs capacités, cela a été augmenté le 1er juin à 50%, a indiqué le ministre.

Pour rouvrir, les hôtels doivent prendre des mesures sanitaires notamment fournir des masques et du gel désinfectant aux clients, désinfecter les parties communes toutes les heures, n'utiliser les ascenseurs qu'à 50% de leur capacité.

Sur 178 hôtels ayant demandé la réouverture en mai, seuls 73 y ont été autorisés, dit M. El-Enani.

« Je ne peux pas prendre de risques », assure-t-il. « Je préfère soutenir l'hôtel (financièrement), mais qu’il n'ouvre pas s’il n’est pas prêt ».

A noter que les mesures promotionnelles annoncées par l’Etat concernent aussi bien les touristes que les compagnies de transport aérien et les agences de voyages et visent les destinations balnéaires de la mer Rouge, du Sinaï et de Matrouh.

Ainsi, les touristes qui voudront se rendre dans ces lieux n’auront pas besoin de visa, et ce jusqu’au 31 octobre 2020. En plus, une réduction de 20% est offerte sur les billets d’entrée de tous les musées et des lieux touristiques dépendant au Conseil suprême des Antiquités.

Par ailleurs, les autorités égyptiennes accordent aux compagnies aériennes une remise de 10 % sur chaque gallon de carburant et une réduction de 50% sur les frais d’atterrissage et d’embarquement. En plus une remise de 20% sur les services est accordée aux vols directs vers les trois gouvernorats mentionnés et ce jusqu’au 31 octobre aussi.

A travers ces mesures, les autorités égyptiennes souhaitent relancer le secteur touristique, à l’arrêt depuis mars dernier, à cause de la pandémie de Coronavirus.

En 2019, le secteur touristique avait généré 11,5 milliards d'euros de recettes, selon les chiffres officiels. La pandémie a donné un coup de frein au secteur, reconnaît le ministre, sans donner d'estimation précise des pertes.

Pour soutenir le secteur qui emploie directement plus d'un million de personnes, la banque centrale d'Egypte a autorisé des prêts dans le secteur, jusqu'à 50 milliards de livres égyptiennes (2,7 milliards d'euros) avec des intérêts très réduits, 5% environ, selon M. El-Enani.

Les fonds ont servi à payer les salaires des employés, ainsi qu’à l'entretien et au développement des hôtels, des bus, bateaux de croisière », a-t-il dit.

Des facilités accordées à condition que les entreprises « ne licencient pas les employés », précise le ministre, qui assure avoir annulé les permis de travail d'hôtels ayant licencié des employés.

Tandis que l'économie se remet à peine d'une crise sans précédent, le gouvernement multiplie les sources de financement.  

 

Deux nouveaux aéroports pour promouvoir le tourisme

Proches de la capitale, deux nouveaux aéroports internationaux ont été inaugurés à quelques jours de la reprise du trafic aérien, dans l’espoir de relancer le tourisme.

Le président Abdel-Fatah Al Sissi a inauguré par visioconférence, ces aéroports internationaux à savoir l’aéroport de la Nouvelle capitale administrative, située à l’est du Caire, et l’aéroport Sphinx, à l’extrême ouest de l’agglomération. Des inaugurations qui ont eu lieu à quelques jours de la reprise du trafic aérien, dans l’espoir de relancer le tourisme, mis brutalement à l’arrêt par l’épidémie de Covid-19.

Le gouvernement égyptien a annoncé qu’il allait rouvrir tous les aéroports aux vols passagers internationaux dès le 1er juillet. Les vols ont repris « entre l’Egypte et les pays qui rouvrent leurs espaces aériens », a affirmé Mohamed Manar, le ministre de l’Aviation lors d’une conférence de presse au Caire, selon la MENA. Nous souhaitons que le business reprenne », a dit M. Manar. « Nous avons choisi les gouvernorats de la mer rouge car ils sont côtiers, loin des grandes agglomérations et ont enregistré les plus faibles contaminations au coronavirus », a expliqué le ministre du Tourisme et des Antiquités Khaled El-Enani lors de la même conférence de presse. Pour accueillir les touristes, 232 hôtels ont obtenu des autorisations de rouvrir, après avoir mis en place des mesures sanitaires strictes telles que l’espacement des tables dans les restaurants. Les contrevenants se verront retirer leur autorisation, a averti le ministre.

 

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