Le train de la modernisation touche les Chemins de fer

Nevine Ahmed Vendredi 15 Mars 2019-13:19:35 Chronique et Analyse
Un timbre émis à l’occasion du Congrès international des chemins de fer en 1933
Un timbre émis à l’occasion du Congrès international des chemins de fer en 1933

La réhabilitation des chemins de fer constitue un défi majeur. Enjeu social et économique, le général de corps d'armée, Kamel El-Wazir, fraîchement nommé ministre du Transport, promet de transformer les voies ferrées en un service sûr, propre et respectueux, vers juillet 2020.

Il n'a jamais été si loin du secteur des chemins de fer ni des différents organismes du ministère du Transport. Kamel El-Wazir promet de mettre la modernisation, voire la réhabilitation de ce secteur, à la tête de ses priorités.

Pour le renouveau global du service ferroviaire, il fallait un homme ferme et capable. "Une refonte totale de ce service sera effectuée, les travailleurs seront réhabilités et bien formés. Personne ne sera limogée ou sévèrement punie que si elle le mérite à cause d'une négligence ou de nonchalence", a-t-il réitéré dans ses premières déclarations à la presse, juste après avoir prêté serment, comme ministre du Transport.

El-Wazir a affirmé qu'il ne tolèrerait aucune atteinte à l'indemnité des passagers, soulignant que la prochaine période connaîtrait le parachèvement des projets établis à présent dans les différents secteurs du transport qui rendent service au citoyen égyptien et qui réalisent le concept du transport durable.

Le travail se fera 24/7 pour effectuer une remarquable mutation dans le transport et qui aura ses répercussions positives sur les citoyens et l'économie nationale.

Il est à noter que les chemins de fer sont un secteur vital qui sert au déplacement quotidien des millions de passagers.

D’ailleurs, les experts considèrent que les chemins de fer constituent le moyen de transport le mieux adapté pour le déplacement des personnes et des grosses cargaisons sur longues distances. Ils admettent cependant que les chemins de fer ont des coûts de construction et d’équipement élevés et requièrent une gestion plus complexe que celle des routes.

Ils constatent que le coût relatif du transport routier a diminué au cours des vingt dernières années, alors qu’en même temps, les services ferroviaires se sont détériorés, ce qui a débouché sur plusieurs lacunes dans ce secteur, et a parfois causé de fâcheux accidents. Ceci a eu comme résultat, le transfert d’une grande partie du trafic – et donc des recettes – du rail vers la route.

Le coût de l’entretien et de la gestion d’un vaste réseau ferroviaire dépasse les moyens de nombreux pays en développement, d'une façon générale, et de l’Egypte également, ce qui ne fait qu’accélérer la détérioration des infrastructures et des services. Les bailleurs de fonds se sont dits, à plusieurs occasions, prêts à financer la modernisation du rail, y compris les voitures de chemin de fer, les locomotives et les passages à vitesse.

La flotte actuelle affiche, en fait, une moyenne d'âge de plus de 30 ans ; et donc l'ancienneté des locomotives pénalisent la disponibilité des rames et augmente les problèmes d'émission de carbone et de maintenance, expliquent pour leur part les experts de transport.

Le réseau ferroviaire de l'Egypte s'étend sur quelques 6700 km et transporte plus d'un million de passagers au quotidien. Les prix sont très raisonnables et accessibles au grand public pour les trois classes de trains qui existent.

En fait, le réseau de chemin de fer dépend et évolue souvent sous l'influence de trois forces : l'Etat, l'opinion publique et les grandes compagnies privées. Le premier intervient toujours pour établir des règles strictes encadrant le développement du réseau. Quant au secteur privé, sa contribution est indispensable pour une rénovation nécessaire ; alors que l'opinion publique serait le thermomètre du niveau de ce service.

En remontant dans l'Histoire, les Chemins de fer en Egypte sont l’un des plus anciens du monde. L’Egypte est le deuxième pays après la Grande-Bretagne (1820) à avoir lancé un tel projet.

Quelques années après l’invention des locomotives à vapeur en Angleterre, une compagnie anglaise proposa à Mohamad Ali la construction de la première ligne ferroviaire en Egypte reliant Alexandrie à Suez. Un projet refusé, mais après sa mort, le khédive Abbas accepta d’installer une ligne de chemin de fer entre Le Caire et Alexandrie, et une seconde reliant Le Caire à Suez.

En définitive, ce fut Abbas Ier qui accepta le projet, faisant de sa nation l’une des pionnières dans l’usage des chemins de fer. Le 23 septembre 1852, l’Egypte inaugura la première ligne de chemin de fer sur le continent africain. La ligne reliant Alexandrie au Caire faisait 209 km. En 1850, le khédive Abbas Ier signa un accord avec l’ingénieur Robert Stephenson pour faire construire le chemin de fer pour la somme de 56 000 L.E. Et en 1851, Stephenson devint ingénieur et chef des Chemins de fer égyptiens entre Alexandrie et Le Caire.

Un an plus tard, la ligne fut ouverte. En 1855, une deuxième ligne fut mise en fonction reliant Le Caire à Suez. Un pont fut construit à Banha en 1856, et un autre à Kafr Zayat en 1859. Le trajet Caire/ Alexandrie passa alors de 2 jours à seulement 7 heures ! Aujourd'hui, ce trajet se fait en 2 heures.

Les chemins de fer sont toujours considérés comme étant un secteur porteur de l'économie nationale. Le transport par chemin de fer a dans un temps, joué un rôle très important en Egypte, dans les domaines des transports de voyageurs ou de marchandises.

Grâce à ce moyen de transport, des régions agricoles ont connu la révolution commerciale. Bref, il n'y a pas de révolution industrielle sans chemins de fer. Tous les pays cherchent à s'en équiper.

 

 

Encadré

 

Kamel El-Wazir... l'homme des missions difficiles

 

Manager de la modernisation et du renouveau. Connu pour son zèle et pour les grands exploits qu'il réalise à chaque fois qu’il est à la tête d'un projet. Kamel El-Wazir est, par excellence, l'homme des missions difficiles.

A chaque fois qu’un secteur passe par une difficulté, ou qu’un projet devrait être réalisé dans les délais fixés ou encore plus tôt, "Entendu M. le Président", est la phrase-clé qu'El-Wazir dit toujours.

En 2015, Kamel El-Wazir a été nommé président de l'Autorité de l'ingénierie des Forces Armées. Il a occupé plusieurs postes au sein de cette même Autorité entre 2014 et 2015, et a été le directeur des ingénieurs militaires pour trois ans.

Kamel El-Wazir était également le superviseur général de tous les projets de creusement du nouveau Canal de Suez, et a été responsable du creusement du sous-canal du port de l'Est de Port-Saïd. Il a été également responsable de la construction du pont du martyr Amr Fathi Saleh Omara, du développement du projet le Mont Galala et de l'axe routier de Rod Al-Farag.

Il a été décoré et a reçu la médaille du "long service et du bon exemple", ainsi que la médaille de l'excellence des services.

El-Wazir a préparé une thèse de mémoire dans les sciences militaires et a fait plusieurs études militaires à la Haute Académie militaire de Nasser en Egypte.

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