Les jeunes font de plus en plus appel à des coachs de vie

Ghada Choucri Mercredi 07 Août 2019-16:10:16 Jeunesse
Les jeunes font de plus en plus appel à des coachs de vie
Les jeunes font de plus en plus appel à des coachs de vie

«Beaucoup ont l'impression que s'ils n'ont pas ce qu'ils veulent tout de suite, ils ne l'auront jamais.»

Josh Dixon, 20 ans, dirige son propre cabinet de conseil. Quelques années auparavant, pourtant, il était viré de son lycée. Entre-temps, il a été suivi par un coach de vie. «Elle m'a donné les clés de l'équilibre entre mon ambition, mes objectifs et ma vie», raconte-t-il au Guardian.

Le jeune homme n'est pas le seul à vanter les mérites de cette pratique à mi-chemin entre le management et la psychologie, longtemps réservée aux salarié·es souhaitant faire avancer leur carrière.

Récemment, la plateforme de services britannique Bidvine a annoncé une augmentation de 280% en un an des réservations de coachs de vie sur son site; 54% d'entre elles étaient faites par des jeunes de 18 à 22 ans, la fameuse génération Z.

Clés de compréhension

Un autre terme pour désigner les moins de 25 ans est celui de génération C, pour «connexion». Il n'est pas surprenant de constater que l'importance démesurée accordée aux relations virtuelles est l'une des raisons poussant les jeunes adultes à faire appel à des coachs de vie.

«Un jour, j'ai eu une cliente qui avait 7.000 followers sur Instagram, et pas une seule personne à qui se confier», relate le coach Hailey Yatros. Selon elle, la solitude n'est toutefois pas à l'origine de la tendance.

Dans une société où l'on peut compter ses pas, suivre son colis, voir quand notre "crush" s'est connecté·e sur les réseaux sociaux, l'incertitude n'a pas sa place. «Toute mon enfance était orientée vers un objectif: avoir une bonne université. Quand j'y suis entrée, je n'avais aucun plan», confie Allison Rosengard, 21 ans, suivie par un coach depuis cinq ans.

Pour Hailey Yatros, «beaucoup de jeunes ont l'impression que s'ils n'ont pas ce qu'ils veulent tout de suite, ils ne l'auront jamais. Ils oublient que dans leur vie, ils courent un marathon, pas un 500 mètres».

Pour parvenir à accomplir ses objectifs, la jeunesse a besoin de clés de compréhension. «On a grandi dans la technologie. On a presque besoin de réapprendre comment regarder quelqu'un dans les yeux», poursuit Allison Rosengard.

Souvent, les coachs de vie sont presque aussi jeunes que leur clientèle. Rien de plus logique, selon Allison: «C'est rassurant d'établir des liens avec quelqu'un qui est passé par là il y a seulement cinq ou dix ans.»

Pourquoi ne pas aller voir un·e psy débutant dans le métier plutôt que des coachs de vie, généralement sans diplôme, qui n'hésitent pas à faire payer certains programmes plus de 30.000 euros?

Le coach Michael Bungay Stanier estime que sa discipline n'a rien à voir avec la psychologie: «On va voir un psy parce que quelque chose en nous est cassé. [...] En coaching, il s'agit d'amplifier ce qui fonctionne déjà.»

Parmi les membres de la génération start-up, l'ambition et le carriérisme sont encouragés. Dans ce cadre, recourir au coaching est particulièrement bien perçu: «C'est presque devenu une source de fierté de montrer aux autres que l'on a tout fait pour donner le meilleur de nous-mêmes», note le spécialiste.

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