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Les jeunes s’expriment librement sur les planches du FESTIF

Ghada Choucri Dimanche 25 Mars 2018-20:48:49 Jeunesse
Les Collèges de la Mère de Dieu
Les Collèges de la Mère de Dieu

A son deuxième jour, le 15ème Festival égyptien scolaire de théâtre international francophone (Festif), continue toujours à éblouir et faire des échos. Parmi les troupes qui sont montées sur scène en ce 2ème jour; figure la troupe ardente du Collège De La Salle Bab El Louk. Mme Jeannette Ishaq, co-présidente du Festival, est également l'animatrice de cette troupe. Qui est mort ? ainsi s'intitule la pièce. Tout au long de la pièce on cherche à savoir qui est justement ce mort. Un jeune n'échange plus des commentaires sur Facebook ou Twitter, donc on pense qu'il est mort. "La pièce parle des valeurs sociales qui périssent avec l'apparition des réseaux sociaux", explique Mme Jeannette, ajoutant que les réseaux sociaux nuisent aux relations humaines, nous laissant sans émotions ou interaction réelles. "Aujourd'hui, les relations sont plutôt des relations virtuelles", souligne-t-elle.

La troupe formée d'une vingtaine d'élèves, a été chaudement applaudie à la fin de leur spectacle.

"Ca fait trois mois qu'on travaille sur la pièce, 2 heures par semaine", raconte Mme Jeannette.

Selon elle, pour cette année, de nouveaux acteurs-élèves rejoignent la troupe. Les anciens se sont occupés plutôt de la chorégraphie. Ont animé la troupe avec Mme Ishaq, M. Yves Batoua et M. Andrew Mounir pour la chorégraphie.

C’est dans les dernières minutes de la pièce que les acteurs en herbe découvrent et dévoilent, enfin,  à l'assistance celui qui est mort.

C'est l'amitié et l'amour qui ont péri. Une fin inattendue, qui pourrait être choquante pour certains, mais ça pourrait être une sonnette d'alarme pour la jeune génération.

Mme Véronique Knapp, attachée de coopération éducative à l'ambassade de France en Egypte, est toujours présente au Festif, et ce dès le  premier jour.

"Le Festif, est un élan pour promouvoir, par le théâtre, la langue française", explique Mme Knapp. Selon elle, l'objectif du Festival est également de permettre aux enfants d'apprendre dans un autre cadre que celui scolaire, de s'épanouir et vivre la langue.

Le Festif, poursuit-elle, trouve succès puisqu'en 2017 il a été reconnu comme une des étapes du grand tour de la Francophonie.

Le lendemain, samedi matin, les ardentes de la Mère de Dieu d'Alexandrie ont bouleversé le théâtre du Sacré Coeur Ghamra. Pollution, non …. Stop.

Les rideaux s'ouvrent, tout le monde s'attend à ce que les acteurs soient sur scène, comme d’habitude. Mais non, ces filles voulaient faire passer leur idée le plus clairement possible. Des marchands ambulants, des mécaniciens, des mendiants, un café et ses clients, tous ont fait le tour de la salle, en produisant les mêmes bruits qu'on entend dans notre vie quotidienne.

Un début fort bien sûr, mais ce qui suivait a suscité des éclats de rire, des moments de réflexion et une appréciation sans pareille.

"Oh, tellement qu'elle joue très bien son rôle", murmure une élève de la 3ème préparatoire du Sacré Coeur Ghamra et qui assistait à la pièce.

Quant à l'idée de la pièce, Mme Mona Magdalani, co-présidente du Festival, proviseur de la Mère de Dieu et animatrice de la troupe dévoile au Progrès Egyptien d'où elle vient: "En effet chaque année, on lance un appel aux jeunes, en leur demandant c'est quoi leurs cris qu’ils veulent pousser? Et à partir de cela on fait des remue ménage, on échange, on vote pour arriver au bout du compte à l'idée qu'on traitera" .

Etant donné que c'est une souffrance commune, poursuit-elle,  tout le monde a accepté et chacune des filles a ajouté une idée.

"On ne voulait pas se limiter à la pollution écologique, sujet beaucoup traité, et aussi que ça soit une sensibilisation pour les jeunes, on ne voulait pas que la pollution soit un sujet pour les adultes à en traiter. On voulait que les jeunes s'impliquent", explique Mme Mona.

Donc on parle de la pollution de la parole, des habitudes, psychologiques, violences et agression sont aussi différents genres de pollution de nos jours, selon elle.

Une vue panoramique de tous ces genres de pollution. La pollution se définit pour elles donc comme l'intégration de quelque chose de désagréable dans notre vie et dont on veut se débarrasser. Les élèves, ce sont eux qui ont bossé sur la chorégraphie du poème Planète malade. Les filles ont également contribué à la mise en scène, par exemple l'idée de dégager une scène pour aller vers l'autre en poussant, était celle d'une des filles. "En effet c'est un travail de 100 heures et un camp de trois jours", conclut Mme Magdalani.

"La pollution est un sujet d'actualité pour les nouvelles générations. Un sujet sensible traité avec sérieux et beaucoup d'humour. Une remarquable performance de la troupe recto verso du Collège de la Mère de Dieu à Alexandrie.

Une mise en scène qui exploite les différents talents de chaque comédien (danse-chant) avec beaucoup de justesse. Une chorégraphie soignée qui donne de la puissance au spectacle. Une représentation digne des professionnels”, ont ainsi commenté la pièce Mme Brigitte et Mme Lucie deux comédiennes françaises de la Compagnie Mayapo.

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