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Les nuages noirs s’accumulent pour l'économie mondiale

Test Acount Lundi 24 Septembre 2018-13:30:51 Economie
Les nuages noirs s’accumulent pour l'économie mondiale
Les nuages noirs s’accumulent pour l'économie mondiale

Escalade dans la guerre commerciale entre Washington et Pékin, crise dans les pays émergents ou encore hausse de l'endettement public et privé : l'OCDE a alerté jeudi sur l'intensification des risques pour la croissance mondiale.

L'économie mondiale pourrait avoir atteint «son pic de croissance» et amorcé un ralentissement avec «des risques (...) qui s'intensifient», a souligné l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) dans ses prévisions intérimaires.

L'institution, basée à Paris, a ainsi légèrement abaissé sa prévision de croissance mondiale à 3,7% pour cette année et pour 2019, soit respectivement 0,1 point et 0,2 point de moins que prévu lors de ses dernières projections de juin.

L'OCDE se montre tout particulièrement préoccupée par la guerre commerciale que se livrent les États-Unis et la Chine, à coups de taxes douanières et de mesures de rétorsion qui «ont déjà eu des répercussions négatives sur la confiance et les projets d'investissement». «Une augmentation plus large encore des tensions commerciales, comme des taxes douanières plus importantes (...), aurait des conséquences significatives sur le commerce et frapperait la production et les revenus des foyers dans les économies imposant des mesures restrictives», a-t-elle assuré.

«Des mesures tarifaires supplémentaires porteraient préjudice à l'emploi et au niveau de vie, notamment pour les foyers à bas revenus», a prévenu l'organisation qui appelle à "l'arrêt de la glissade vers le protectionnisme et à un renforcement du système international de régulation du commerce à travers le dialogue". Elle maintient toutefois sans changement ses prévisions de croissance pour les Etats-Unis cette année à 2,9%, ne baissant que de 0,1 point celle pour 2019 à 2,7%, et a confirmé ses prévisions précédentes pour la Chine à 6,7% en 2018 et à 6,4% l'an prochain.

Dans la zone euro, l'institution s'attend à une croissance moins forte que prévu en juin, à 2% cette année (-0,2) et 1,9% en 2019 (-0,2).

Le ralentissement touche l'économie allemande qui devrait croître à 1,9%    (-0,2) cette année contre 2,5% l'an dernier et 1,8% en 2019, ainsi que la France, qui après avoir atteint 2,3% en 2017, reculerait à 1,6% cette année  (-0,3), avant de rebondir à 1,8% l'an prochain. La croissance du Royaune-Uni, affectée par le Brexit, devrait poursuivre son ralentissement à 1,3% cette année (-0,1) et 1,2 en 2019 (-0,1).

L'OCDE s'inquiète de la situation dans les pays émergents, en particulier ceux dont les devises se sont effondrées au cours des derniers mois comme l'Argentine, la Turquie et dans une moindre mesure l'Afrique du Sud. L'économie argentine devrait ainsi reculer de -1,9% cette année, soit 3,9 points de moins que prévu en juin; la Turquie est attendue à 3,2% (-1,9) et l'Afrique du Sud à 0,9% (-1,0). Quant au Brésil, il perd perd près d'un point par rapport à juin à 1,2% (-0,8). Cette crise qui frappe des poids lourds parmi les émergents n'a pas eu pour l'instant d'effet contagieux "comme à la fin des années 90", car de nombreuses économies émergentes «sont aujourd'hui moins vulnérables qu'à l'époque», reconnaît l'OCDE.

Mais l'institution alerte sur des risques «de tensions plus profondes et d'un retournement encore plus marqué du sentiment des investisseurs», notamment si la guerre commerciale provoque un ralentissement de l'économie chinoise.

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