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Les rumeurs… un danger pris au sérieux par l'Etat

Nevine Ahmed Vendredi 03 Août 2018-12:30:52 Chronique et Analyse
#Arrêtez une rumeur... Démenti d’avoir pavé la rue Al Moez avec de l’asphalte au lieu du parterre en bazalte
#Arrêtez une rumeur... Démenti d’avoir pavé la rue Al Moez avec de l’asphalte au lieu du parterre en bazalte

La rumeur court. Elle est un phénomène récurrent traité de diverses manières. Récemment, l'Etat a décidé d'entreprendre des démarches importantes, de créer un observatoire pour faire face aux rumeurs, et notamment d’éviter leurs conséquences négatives.

 

Les rumeurs constituent une nuisance pour tout l'Etat. C'est un fléau qu'il ne faut surtout pas sous-estimer. Il est donc important de savoir comment réagir avec l'éclatement d'une rumeur et quelles sont les démarches à prendre pour combattre sa propagation.

Le plus souvent ces phénomènes ont des conséquences négatives: déstabilisation de l'Etat, instauration d'un climat de méfiance, réduction de la motivation et de la productivité des citoyens, perte de la confiance et détérioration de l'image de l'Etat. Très dangereux.

Ce n'est donc pas par hasard que lors de la Conférence nationale de la jeunesse à l'Université du Caire, un documentaire sur les rumeurs a été diffusé.

Le plus souvent ces bruits sont issus de l'intention de nuire. Récemment, de nombreuses rumeurs se sont propagées, suscitées par des groupes saboteurs professionnels, qui ciblent la stabilité dans le pays et visent à semer le chaos et à faire chuter l'Etat, exploitant l'absence de différents ministères sur le Web, à l'exception des ministères de l'Intérieur et de la Défense, pour répondre à ces rumeurs. En fait, certaines personnes n'ont pas la culture du recours à la source officielle pour s'assurer de la nouvelle courue, avant de la faire répandre, notamment sur les réseaux sociaux.

Ragots sans fondements, rumeurs destructives… comment réagir? Se taire? Nier? Diffuser des démentis dans la presse? Retourner le buzz à son avantage? Parfois, ces réactions n’ont pas les effets escomptés et aggravent la situation.

Des blogueurs ont décidé d'ouvrir une page informative, qui constituerait un média parallèle, pour répliquer et pour faire publier la vérité et ne pas laisser les gens tomber dans le piège des comploteurs contre l'Egypte.

Certains des initiateurs de cette initiative estiment que tout retard dans la réplique donne occasion à la rumeur de prendre de plus larges dimensions et lui permet de se propager sur de plus grandes envergures. L'important donc est de répondre rapidement pour présenter les faits aux citoyens et ainsi avorter la rumeur.

Ladite initiative consiste donc à lancer un hashtag pour répondre aux rumeurs au fur et à mesure, tout en faisant appuyer les répliques par des déclarations pour des sources officielles.

En Egypte, la Chambre des députés avait examiné la loi sur les cybercrimes pour organiser et légaliser les activités des réseaux sociaux. En vertu de cette loi, sera punie par l'emprisonnement et l'amende financière toute personne ayant participé à faire propager des rumeurs, des ragots ou des nouvelles incorrectes et subversives. A présent, le code pénal punit toute personne responsable de la diffusion et la propagation de fausses nouvelles qui déstabilisent l'ordre public dans le pays, ainsi que toute personne ayant, délibérément et par mauvaise intention, contribué à faire publier des mensonges et des désinformations pour perturber la paix générale ou pour semer la terreur parmi les gens pour porter atteinte à l'intérêt public.

Il y a quelques jours, le président du Syndicat des journalistes, Abdel Mohsen Salama, a affirmé que la prolifération de nombreuses rumeurs sur les réseaux sociaux était une question extrêmement préoccupante. «C'est une question délibérée et systématique qui nuit à l'Etat. Un Observatoire est donc requis pour suivre l'éclatement des rumeurs. Il serait susceptible et en charge de démentir ces rumeurs», a expliqué l'écrivain journaliste.

Salama a ensuite mis en garde contre la dangerosité de Facebook. Il a dit que c'était une arme à double tranchant, vu les rumeurs qui s'y répandent rapidement, ce qui exige un contrôle et une haute observation pour agir à ces rumeurs au fur et à mesure. «Les rumeurs que l'on répand sur Facebook font proliférer un état de désespoir chez les citoyens. Ils sont donc appelés à faire attention et à s'assurer de la véracité de n'importe quelle nouvelle avant de la véhiculer, via ces réseaux», a-t-il tempêté.

Le ministre des Waqfs, Mohamed Mokhtar Gomaa, a, pour sa part, jugé impératif de protéger la société, notamment les jeunes, contre les rumeurs propagées par les groupes terroristes.

Dans une déclaration faite au début de la semaine, Dr Gomaa a jugé nécessaire de dévoiler la nature de ces groupes et de leurs éléments pour qu'ils ne puissent pas tromper la jeunesse.

Le ministre des Waqfs a demandé de ne pas tolérer les groupes terroristes et leurs éléments corrompus et meurtriers, qui prennent pour cible les personnalités patriotiques et mettent en doute les réalisations importantes et les grands projets dans le but de laisser les gens dans le désespoir.

En fait, les observateurs estiment que les rumeurs sont une ancienne arme utilisée pour détruire et faire chuter les Etats. Ils soulignent qu'après notamment la Révolution du 25 janvier, le phénomène des rumeurs s'est aggravé, à la lumière des tentatives de polarisation politique.

Les professionnels expliquent que la rumeur est un message dont la source reste inconnue, qui court et se répand très rapidement dans les sociétés. Il est donc important de savoir comment réagir avec l'éclatement d'une rumeur et quelles sont les démarches à prendre pour combattre sa propagation.

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