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Les tanneries de Robeiki : Un avenir plus moderne et moins polluant !

Nevine Ahmed Mercredi 04 Juillet 2018-13:01:39 Chronique et Analyse
Les tanneries de Robeiki : Un avenir plus moderne et moins polluant !
Les tanneries de Robeiki : Un avenir plus moderne et moins polluant !

Réduire les facteurs polluants au sein de la capitale et gérer certaines industries de manière intégrée, ont poussé l'Etat à créer de nouvelles cités pour voir perdurer quelques secteurs comme la tannerie, l'industrie des meubles et autres. Le transfert des tanneries du Vieux Caire vers la cité d'Al-Robeiki est une redynamisation de cette industrie.

 

Encombrement et pollution craient fort. Le transfert et la modernisation des tanneries du quartier du Vieux Caire étaient indispensables. La nouvelle ville de Robeiki, à la cité Badr (à 40 km du Caire), où devront se situer les tanneries, est un rêve qui se concrétise.

Dans les années 90, des démarches avaient été prises dans ce sens, mais avec beaucoup de laxisme et négligence dans le temps, le rêve a été avorté. Il fallait attendre jusqu'en 2016 pour que la Direction politique prenne sa décision de créer de nouvelles cités industrielles pour moderniser et redynamiser ce secteur important.

La cité d'Al-Robeiki est  considérée comme un des plus importants projets économiques en Egypte, comme soulignent les responsables. La présence des tanneries dans la zone de "Magra Al-Oyoun" au quartier du Vieux Caire était un danger alarmant sur les plans écologique et industriel- le chrome, indispensable pour cette industrie, était une vraie menace contre l'environnement. Les composants donc chimiques utilisés et le gaspillage de grandes quantités d'eau- nécessaires pour cette industrie- l'importance toutefois des tanneries puisqu'on ne peut pas se passer des produits en cuir, ont laissé l'Etat devant un seul choix : les tanneries devraient être déplacées hors de la capitale.

Les spécialistes du domaine estiment que le transfert des tanneries est une étape importante qu'il fallait prendre pour réduire le gaspillage, soit de l'eau, de l'espace ou de l'effort des travailleurs. Ils s'expliquent en disant que le possesseur d'une tannerie mettait la main sur près de 400 mètres de la terre, pour y bâtir 6 étages avec des escaliers épuisants. Le gaspillage de la surface s'élevait à 25%, en plus de l'effort fait par le travailleur, montant et descendant les escaliers... voilà donc un gaspillage de l'effort, et scientifiquement parlant, cette procédure permettait de perdre 50% de la production à cause de cette espace verticale dans laquelle se déplaçaient les ouvriers. Le transfert donc vers Al-Robeiki permettra de multiplier le volume de la production, tout comme de réduire le niveau  alarmant de pollution, se réjouissent les experts.

Autre que la pollution environnementale, la gestion des déchets résultants des tanneries était un autre défi à relever quand celles –ci  siégeaient à Magra Al-Oyoun. Cette industrie produit en fait, des déchets solides comme les déchets d’emballage, tels le carton, le papier, le plastique, le bois, le métal et le textile. Seule la moitié des tanneries procédaient au tri de leurs déchets solides. Il y a également les déchets résultant du processus de production lui-même comme l’élimination des poils, la réduction de l’épaisseur du cuir, ou autres encore.

Les experts soulignent que dans cette nouvelle cité, les tanneries sont élevées de façon horizontale et ce nouveau lieu permet de créer une nouvelle communauté industrielle pour le secteur du cuir, tout en respectant les normes écologiques et technologiques les plus modernes, affirme-t-on. Il s'agit principalement de constituer un point d'attraction pour les investisseurs spécialistes de ce domaine et d'ouvrir de nouveaux débouchés d'exportation.

Ceux qui n'habitent pas encore à Badr, se dirigent chaque matin de bonne heure, vers les points de rassemblement pour prendre le bus qui les transporte vers Al-Robeiki, où le silence lourd du désert s'est transformé en un beau tapage vital de production.

Les travailleurs confirment que c'est là un rêve longuement attendu, bien que quelques-uns reconnaissent avoir été plus ou moins réticents face à l'idée du transfert.

En entrant dans ces nouvelles tanneries de Robeiki, les couleurs bleues blanches des locaux réconfortent la vue des visiteurs. Là, les technologies italiennes, modernes et propres, de l'industrie du cuir y sont appliquées. La première phase de la cité Robeiki a été installée sur une superficie de 160 feddans. Ces larges espaces sont donc remarquables en comparaison aux petites espaces encombrées du Vieux Caire, où se situaient par le passé les tanneries.

L'industrie du cuir est une des plus anciennes en Egypte. Elle remonte même au temps des pharaons. Mais son bel âge a débuté avec l'ère ottomane, plus précisément en 1866, où les tanneries se sont ancrées dans la zone de "Magra Al-Oyoun".

Les travailleurs de Robeiki sont les « pères du métier », confirment-ils. Chacun d'eux a passé presqu'une vingtaine d'années à Magra Al-Oyoun, avant de subir le modernisme. La plupart d'entre eux aussi, invitent leurs fils à venir les aider, en été, après la fin de l'année scolaire. « Il faut léguer le métier à nos descendants... c'est une fierté ! »confirment les tanneurs de Robeiki.

Les responsables révèlent pour leur part que la cité de Robeiki a été conçue d'après les critères internationaux et toute une cité pour le logement des travailleurs  ne s'élève pas loin des usines, ainsi qu'une espace consacrée aux services assurés aux nouveaux locataires des lieux.

Vers la fin de 2017, l'Etat avait réussi à loger plus de 120 tanneries, représentant presque 85% du volume de la production de Magra Al-Oyoun. La première phase du projet est achevée à 100%, comportant 84 unités industrielles, soit 320 tanneries. La deuxième phase s'élèvera sur une superficie de 161 feddans et elle est surnommée «Le Trésor», où des usines mondiales seront établies pour les investisseurs étrangers opérant dans les secteurs de l'industrie des chaussures, des sacs et du prêt-à-porter en cuir. Le cuir égyptien occupe en fait la 7e place mondiale au niveau de la qualité.

La production du cuir tanné en Egypte s'élève auprès de 126 millions de pieds cube et la production du complexe des tanneries représente environ 75% du total de la production du cuir et le volume des exportations s'élève à plus de 2 milliards de LE.

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