Libra de Facebook : le G7 d'accord pour « agir rapidement »

Dr Nesrine Choucri Lundi 22 Juillet 2019-13:03:05 Economie
Libra de Facebook : le G7 d'accord pour « agir rapidement »
Libra de Facebook : le G7 d'accord pour « agir rapidement »

Ministres des Finances et gouverneurs de banque centrale des pays du G7 ont convenu lors du sommet de Chantilly mercredi et jeudi des « inquiétudes systémiques » soulevées par le projet de monnaie virtuelle de Facebook. Des recommandations d'encadrement seront présentées dès octobre par le groupe de travail sur les stablecoins piloté par Benoît Cœuré de la Banque centrale d’Europe (BCE), a rapporté la Tribune. Si la fiscalité a pu être un sujet de division, le projet de « monnaie digitale mondiale » porté par Facebook, Libra, a fait l'unanimité (contre lui) au sommet du G7 à Chantilly où étaient réunis ce mercredi et jeudi les ministres des Finances et gouverneurs de banque centrale des pays membres. Le sujet figurait haut à l'ordre du jour de la réunion. « Nous avons d'abord eu une longue discussion sur la question des monnaies numériques, et en particulier sur les annonces récentes de la société Facebook sur Libra » a expliqué Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie et des Finances, au cours de la conférence de clôture le jeudi dernier. Les enjeux sont d'ailleurs plus larges que le seul projet du géant des réseaux sociaux.

 Tous les membres du G7 ont manifesté leurs fortes inquiétudes sur ce projet Libra. Bien sûr, chacun reconnaît que l'innovation dans la finance est utile. La France est très favorable à la Blockchain en particulier, une technologie particulièrement adaptée au développement de systèmes de paiement efficaces. Nous reconnaissons aussi que nos systèmes de paiement doivent être améliorés, en particulier les systèmes transfrontaliers, qui sont aujourd'hui très coûteux, notamment vers les pays en développement. Nous voulons apporter des réponses collectives à ce problème » a déclaré le ministre.

Il a repris en cela les conclusions du rapport préliminaire du groupe de travail sur les « stablecoins » (cryptomonnaies adossées à des devises ou un panier d'actifs), piloté par Benoît Cœuré, ancien du Trésor et membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), également président du Comité sur les paiements et les infrastructures de marchés, hébergé par la Banque des règlements internationaux (la BRI, la banque des banques centrales), sur la nécessité d'un système de transferts internationaux moins chers et plus rapides.

« Pour autant, un projet comme Libra pose de sérieuses difficultés techniques et politiques. Il y a des règles en matière financière, de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, la protection des données personnelles et celle des épargnants, qui doivent être respectées par tous les projets financiers, quels qu'ils soient » a martelé Bruno Le Maire. « Aujourd'hui, ce n'est pas le cas du projet Libra, qui n'a présenté aucune disposition pour respecter ces règles qui s'appliquent à toutes les monnaies souveraines de la planète. »

en relation