Médaillée olympique égyptienne d’haltérophilie, Sara Samir fait des émules

Samedi 12 Mai 2018-15:44:34 Sports
Médaillée olympique égyptienne d’haltérophilie, Sara Samir fait des émules
Médaillée olympique égyptienne d’haltérophilie, Sara Samir fait des émules

En devenant la première Egyptienne à monter sur un podium olympique en 2016, toutes disciplines confondues, l'haltérophile Sara Samir a fait des émules dans son pays, stimulant l'engouement des jeunes filles pour cette discipline.

"Quand j'ai commencé l'haltérophilie, ma famille ne s'y est pas du tout opposée, elle m'a soutenue", confie à l'AFP Sara Samir, un jour d'entraînement dans le quartier cairote excentré de Maadi, à 90 km au sud-est de sa ville natale d'El-Kasasin, dans la région d'Ismaïlia.

Sara Samir, connue dans les compétitions comme "Sara Ahmed", a marqué l'histoire des Jeux Olympiques (JO) en remportant à Rio de Janeiro en 2016 la médaille de bronze d'haltérophilie pour la catégorie des 69 kg - qui regroupe les femmes de plus de 63 kg mais de moins de 69 kg.

Portant un voile islamique sur la tête et un maillot à manches longues couvrant ses bras, Sara Samir, 20 ans, empile des disques sur une barre. Elle suit calmement les instructions de l'entraîneur, le visage concentré à chaque levée de poids.

Elle se souvient encore des réactions à ses débuts: "Toi, tu portes des poids ? Tu peux me soulever alors ?" C'est son père qui, raconte-t-elle, l'a conduite à son premier entraînement. Elle avait 11 ans. Quelques mois plus tard, elle remportait une médaille d'or au championnat national égyptien dans la catégorie des moins de 14 ans, avant de rejoindre l'équipe nationale à l'âge de seulement 13 ans.

Les médailles se sont accumulées depuis - une cinquantaine, dit-elle - dans divers championnats nationaux, régionaux et internationaux, jusqu'aux JO de 2016.

Pour les athlètes égyptiennes, cette victoire a donné "l'espoir de réussir quelles que soient les difficultés", explique à l'AFP l'analyste sportif Mohamed Seif.

Il observe notamment le manque d'intérêt des familles, qui encouragent davantage les garçons dans ce sport, car ils sont jugés plus à même de le pratiquer sur le long terme alors que les filles seront vite occupées par l'étape du mariage.

"Les familles poussent les filles à pratiquer des sports comme la natation ou la gymnastique mais apparaissent plus réticentes pour des activités comme l'haltérophilie et le football", associées dans la culture commune à la gent masculine, poursuit M. Seif.

Avant les JO de 2016, "le nombre de femmes participant aux championnats d'haltérophilie ne dépassait pas 30 ou 40", précise à l'AFP Mohamed Eldib, l'entraîneur de l'équipe nationale d'haltérophilie.

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