Magda, l’actrice à la voix suave, papillon des films romantiques

Dr Nesrine Choucri Lundi 20 Janvier 2020-14:07:02 Chronique et Analyse
Magda
Magda

S’il faut lui donner un nom, c’est celui de l’ange du cinéma arabe et égyptien. Sa voix, sa douceur, ses regards donnent l’impression d’un papillon qui voltige et qui propage autour de lui joie et gaieté. Evidemment, il s’agit de la fameuse actrice qui s’est récemment éteinte à l’âge de 89 ans, la belle et douce Magda Al-Sabahi. Elle a quitté notre monde après avoir marqué plusieurs générations par sa voix suave et romantique. Le Progrès Egyptien vous propose de remonter au fil des années pour découvrir la vie de celle qui a eu un grand impact pendant des années sur le grand écran.

 

 

Née le 6 mai 1931, Magda, de son vrai nom Afaf, s’est éteinte le 16 janvier 2020. Elle a vu le jour dans  la ville de Tanta. Elle obtient son baccalauréat en français. Son père était un employé au ministère des Transports. Amoureuse de l’art, Magda commence sa carrière à l’âge de 15 ans. Elle change son nom de Magda à Afaf pour que nul ne la découvre. Son vrai début était précisément en 1949 avec le film « Le conseilleur » (Al-Nasseh) réalisé par Seifeddine Chawkat avec Ismaïl Yassine.

Après une longue carrière en tant qu’actrice, elle se redécouvre comme productrice. A l’époque, elle forme la fameuse compagnie de production cinématographique « Magda Film ». Elle a produit plusieurs films dont « Djamila » (qui raconte l’histoire de Djamila Bouhired), « L’hégire du Prophète » (un film religieux). Magda a représenté l’Egypte dans la plupart des festivals internationaux et elle a été même choisie comme membre de la Commission du cinéma des Conseils nationaux spécialisés. Elle s’est vu attribuer plusieurs prix des Festivals internationaux de Damas, de Berlin, et de Venise. En1963, elle épouse l’acteur Ihab Nafee. Le couple donne naissance à Ghada Nafee, l’unique fille de Magda. L’actrice ne se remariera jamais. Elle s’est éteinte le 16 janvier durant son sommeil. Ses obsèques se sont déroulées à la mosquée Moustafa Mahmoud et elle a été conduite à sa dernière demeure sur l’autoroute du Fayoum aux cimetières du Six Octobre.

Pour revivre cette présence inédite au cinéma, nous avons choisi quelques films qui rappellent le succès de Magda au cinéma arabe et égyptien. Ses rôles les plus célèbres sont ceux de la belle femme romantique, mais après avoir réussi dans ce sens, elle s’est tournée vers des rôles politiques en incarnant le rôle de Djamila ou encore de la journaliste « La vie est un moment » (Al-Omar Lahzah), puis elle a joué dans des films philosophiques et sociaux « Al-Nadaha » ou encore des films religieux. Bref, elle n’a pas voulu se cantonner dans un seul rôle. Elle a également interprété des rôles dans des films adaptés de romans internationaux comme le film « Al-Gharib » (L’étranger) qui est une adaptation du roman « Wuthering Heights » de Charlotte Bronté.

 La ministre de la Culture Dr Inas Abdel Dayem a déploré sa disparition qui est une perte pour le cinéma égyptien et arabe.

Pour mon amour (Min agl hobi)

C’est un film musical et romantique égyptien, produit en 1959, écrit par Mohamed Osman et Salah Ezz Eddine, réalisé par Kamal Al-Cheikh, avec Farid Al-Atrache, Magda, Laila Fawzi et Mahmoud Al Mélégy. Wahid Hamdi (Farid Al-Atrache) est un musicien, chanteur à succès et célèbre, marié à Wafaa (Magda), qui souffre de solitude parce qu'il est absorbé par son travail, et elle souffre de n’avoir pas eu d'enfants. Elle souffre également d'un rêve inquiétant qui se répète constamment parce qu'elle souffre d'un souci qui domine ses pensées, à savoir la procréation. Puis, elle adopte le petit enfant Sésame (Ikram Izzouh) parrainé par Dada Fatima (Qadriya Kamel). Wahid prend des congés et décide de partir à Marsa Matrouh avec son épouse Wafaa, Dr Saber et leur ancienne voisine Ilham (Laïla Fawzi).

À l'hôtel, Wafaa aperçoit un garçon nommé Ali qui travaille à l'hôtel et lui demande de voir le bain de Cléopâtre, mais la vague le submerge et il se noie, et Wafaa subit un choc nerveux qui a entraîné une paralysie des pieds. Le traitement est long et Wafaa souffre sur son fauteuil roulant, la carrière de Wahid est alors affectée. Ilham saisit l’occasion et se rapproche du chanteur. Ils entament une idylle. Wafaa sent que son mari s’éloigne de plus en plus au point qu’elle songe au divorce, mais Dr Saber la conseille de se montrer plus patiente et de chercher à guérir. Ilham tombe enceinte de Wahid, elle cherche d’abord à se débarrasser de l’enfant, mais la faiseuse d’ange n’arrive pas à l’aider. Finalement, elle laisse la grossesse poursuivre son cours, Wahid part pour une tournée musicale à l’étranger. Durant ce temps, Ilham donne naissance à son enfant et Wafaa est guérie de sa paralysie. A la fin, Ilham meurt laissant son enfant à Wafaa et Wahid.

Les adolescentes (Al-Morahqate) :

Produit en 1960, le film « Les adolescentes » est interprété par Magda, Rouchdi Abaza et réalisé par Ahmed Diaa Eddine. Trois étudiantes adolescentes :  Nada (incarnée par Magda), qui vit avec une mère traditionnelle et un frère qui impose son contrôle sur sa sœur. La seconde est pauvre et aime le fils de son beau-père. La troisième Sanaa, est quant à elle, issue d'une famille riche aux mœurs libertines.

 Nada rencontre le pilote Adel lors d’une soirée. Elle fait des escapades avec lui à bord de son avion, et  s’absente de l'école, ce qui lui cause des problèmes. L’école informe sa mère. Cette dernière punit sévèrement sa fille, qui tente de se suicider. Sauvée du suicide, elle est atteinte d’un choc nerveux. Un conflit intérieur éclate : Nada se sent tiraillée entre les traditions familiales et son cœur. A la fin du film, l’amour triomphe : Nada et Adel se rejoignent. Mais, les autres camarades de classe de Nada n’auront pas la même chance. Une d’entre elles se suicidera. Le film met en relief la vie des adolescentes et leur souffrance face aux traditions.

Où est ma vie ? (Ayn Omri ?)  

Il s’agit d’un film égyptien produit en 1957 ; histoire d'Ihsan Abdel Qouddous, scénario et dialogue d'Ali Al-Zarqani, réalisation d’Ahmed Diaa Eddine, avec Magda, Yahya Chahine, Ahmed Ramzi, Zaki Rustom et Amina Rizk. C’est l’histoire d’une jeune fille nommée Aliaa qui est élevée par sa mère (Amina Rizk). Aliaa souffre de l’autoritarisme de sa mère qui la prive de tous les plaisirs de la vie. Elle aime Monsieur Aziz, un homme d’un certain âge qui est l’ami de la famille. Il se montre attentionné à son égard, la fascine par ses cadeaux et lui offre des robes de soirée et des chaussures à talons.

Aziz fait à Aliaa une proposition de mariage, malgré une différence d’âge de 40 ans. La mère encourage sa fille à accepter par cupidité, Aziz est un richissime. Or, le mari s’avère être malade, impuissant, il enferme la jeune femme, la traite avec cruauté et méchanceté. Après des années de souffrance, elle cherche à s’échapper. En vain.

A la fin, Aziz meurt laissant à Aliaa une énorme fortune. Mais, la jeune femme se demande : « Où est ma vie ? » Elle cherche par tous les moyens à en profiter et à compenser le passé, se soulève contre sa mère, jusqu’à ce qu’elle trouve le bon amour qui la sauve.

Dahab

C’est un film produit en 1953, avec Anwar Wagdy, Fayrouz, Magda, Ismaïl Yassine, Zinat Sedky, Séraj Mounir, Mimi Shakib. Les événements du film tournent autour d'une petite fille nommée Dahab (Fayrouz), dont le père est Séraj Mounir. Ce dernier se débarrasse d'elle après que son épouse découvre sa trahison. Mais avant de mourir, la mère de l’enfant avoue à la nièce de Séraj Mounir (Magda) que l’enfant est légitime et qu’elle possède un contrat de mariage. L’enfant est confiée à la nièce pour qu’elle s’en débarrasse. Celle-ci la laisse à un mendiant au cœur tendre (Anwar). Le mendiant s’occupe de l’enfant avec passion. L’enfant est une belle fille à la voix d’or. Devenue célèbre, elle fait une grosse fortune. Son père et son épouse apprennent cela, ils essayent de retirer la fille au mendiant. La nièce (Madga) cherche à dire la vérité et à rappeler que le père n’est pas celui qui donne naissance à l’enfant, mais celui qui l’éduque. Finalement, la jeune fille Dahab continue à vivre entre les deux pères : le père biologique et le père adoptif.

Mademoiselle Hanafi  

«Mademoiselle Hanafi » est une comédie égyptienne produit en 1954, interprété par Ismaïl Yassine, Souleiman Naguib, Magda, Zinat Sédky et réalisé par Fatine Abdel Wahab.

L’histoire commence quand Hanafi qui est un jeune homme dur et qui donne beaucoup d’instructions à une jeune femme parmi les membres de sa famille (Magda). Cette dernière souffre des traditions de la société contre la femme. Puis, Hanafi a un mal de ventre, il est hospitalisé et transformé en femme. A partir de là, il est appelé Mademoiselle Hanafi, mais devient plus sensible aux droits de la femme.

Le film constitue surtout une critique avant-gardiste des droits de la femme pour le choix du mari et de l’amour dans une société qui ne les tolère pas toujours.

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