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Mali : Plus d’une centaine de civils tués pendant une visite du Conseil de sécurité au Sahel

Walaa Al-Assrah Lundi 25 Mars 2019-12:42:52 Actualités Internationales
Des soldats maliens à Gao, dans le nord du Mali, le 24 février 2019
Des soldats maliens à Gao, dans le nord du Mali, le 24 février 2019

Plus d’une centaine d’habitants d’un village peul du Mali ont été tués samedi par des membres présumés de groupes de chasseurs dogons, près de la frontière avec le Burkina Faso, en pleine visite du Conseil de sécurité de l’ONU dans un Sahel en proie à la menace jihadiste, rapporte l’AFP. Depuis l’apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs propres “groupes d’autodéfense”.

Ces violences ont coûté la vie à plus de 500 civils en 2018, selon l’ONU. Samedi à l’aube, c’est un de ces groupes de chasseurs dogons présumés qui est à l’origine d’un carnage à Ogossagou-Peul, dans la zone de Bankass, près de la frontière avec le Burkina Faso, tuant plus d’une centaine de villageois, selon des sources concordantes. Dans un communiqué samedi soir à New York, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a évoqué un bilan dépassant les 130 morts. “Au moins 134 civils, y compris des femmes et des enfants, auraient été tués et au moins 55 blessés” à la suite de l’attaque, indique-t-il, en affirmant être “choqué et outré” par ce massacre. “Le Secrétaire général condamne fermement cet acte odieux et appelle les autorités maliennes à enquêter rapidement sur cette tragédie et à traduire ses auteurs en justice”, ajoute le communiqué diffusé par l’ONU. Une mission composée d’un détachement de l’armée et des autorités locales est arrivée sur place dans l’après-midi, selon une source de sécurité.

“Ce sont les chasseurs traditionnels qui sont accusés par les rescapés”, avait souligné dans la journée le préfet de Bankass, Boubacar Kané, parlant pour sa part de “115 morts, dont les éléments peuls du DDR cantonnés dans le village de Ogossagou”.

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