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"Mawled wa Milad", quand la tolérance monte en scène

Ghada Choucri Mercredi 20 Février 2019-19:40:40 Jeunesse
"Mawled wa Milad", quand la tolérance monte en scène

Les écoles francophones religieuses en Egypte sont souvent un espace hors pareil de tolérance et de fraternité. Les élèves quoi que ce soit leur religion se côtoient, vivent ensemble et ce qui est plus important, grandissent et apprennent ensemble. En achevant leurs études, ils partagent les mêmes valeurs, idées et principes qui vivront avec eux pour la vie.

C'est d'ici que la tolérance naisse. On n'est pas différents, c'est plutôt une question de se distinguer des autres, toutefois, il reste plein de points communs avec l'Autre ce qui nous permet de co-vivre.

Partant de ce principe, Mme Mona Magdalany de l'école de la Mère de Dieu à Alexandrie a eu l'idée de partager ses idées de la tolérance en public. La professeur francophone a choisi soigneusement le langage de communication : l'art. Un langage universel qui touche toute personne qu'elle soit intéressée par l'art ou non. C'est ainsi qu'elle a collaboré avec une troupe de théâtre indépendante, "Goana", pour arriver au bout du compte à la pièce de "Mawled wa Milad".

En Egypte, on célèbre la naissance du prophète Mohamed, connu par le "Mawled Nabawy", explique-t-elle, alors que Noël est connu par le "Milad Magid" , d'où vient le nom de la pièce, Mawled wa Milad.

Selon elle, la pièce présente des chants et danses religieux mixtes. Pour le chant, on a les "tawachih", pour les chansons musulmanes et les "taratiles"(hymnes), pour les chrétiens, ainsi que des récits de tolérance.

Mme Magdalany avec la troupe se sont centrés sur les points communs entre les deux religions. Et d'ajouter que la pièce dépende de nos souvenirs d'enfance ; pendant cetemps, il n'y avait aucune différence entre les deux parties.

"On trouve des versets du coran qui sont identiques à ceux de la Bible", a souligné Mme Magdalany. Parmi les valeurs communes et qui ont été mises en exergue lors de la pièce, l'obéissance des parents, la croyance et la soumission à la volonté du Dieu et accepter tout ce qu'il nous arrive.

"Voyons sur les frontières, le musulman et le chrétien meurent en protégeant le pays. C'est la citoyenneté et la patrie qui nous unissent", indique-t-elle.

Selon le professeur francophone, la pièce a été présentée quatre fois dans différents lieux pour des différents publics. La première fois était en mi-décembre, et c'était consacré pour les élèves de 10 à 17 ans et les professeurs. La deuxième fois était le 31 janvier, et c'était consacré aux adultes et aux chefs d'établissements. On a également présenté la pièce sur les planches de “Beit El Eila", "Maison de famille", à Alexandrie et c'était bien puisque le public était plus large et plus varié.

"On avait parmi l'audience des prêtres et des cheikhs qui ont regardé la pièce ensemble", a-t-elle conclu.

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