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N'achetez que les gargoulettes de Qéna, les kilims de Fouah et la mélasse de Minya

Nevine Ahmed Samedi 29 Septembre 2018-13:13:02 Chronique et Analyse
N'achetez que les gargoulettes de Qéna, les kilims de Fouah et la mélasse de Minya
N'achetez que les gargoulettes de Qéna, les kilims de Fouah et la mélasse de Minya

L'industrie en Egypte est un large éventail qui met en lumière le plus souvent patrimoine et inspiration, notamment lorsqu'il s'agit d'artisanat où beaucoup de finesse est apportée. Il en est de produits qui portent le nom des villes et des quartiers où elles sont nées et ont fleuri. A la découverte de produits porteurs de techniques parfois ancestrales et beaucoup d'histoires intéressantes.

 

D'habitude, la profession artisanale en Egypte est léguée de père en fils et du grand maître ou patron qu'on appelle en arabe "ousta" à ces successeurs et apprentis. Il s'avère que des régions se sont spécialisées dans certains métiers et produits. Ces derniers deviennent alors l'expression fidèle de la société d'où ils sont sortis.

 

Dans les gargoulettes, l'eau a une saveur !

Si l'on parle, par exemple, de poterie, nous remarquons que les Egyptiens ont connu et découvert cet art grâce ax alluvions du Nil. De là, ils ont commencé à modeler le limon et à le mettre dans les fours pour lui donner cette couleur brun foncé, dûe à la terre du Nil.

Or les gargoulettes de Qéna sont les meilleurs, se vantent les habitants de cette importante ville de la Haute-Egypte. "Ces gargoulettes sont le réfrigérateur des pauvres", dit-on. "Qu'elles sont bonnes, les gargoulettes qinawi... qu'elles sont abordables, les gargoulettes qinawi!", crient les vendeurs ambulants, en passant dans les rues.

En Haute-Egypte, personne ne boit l'eau que dans les gargoulettes, et l'on ne prépare les mets savoureux que dans les pots et jarres en poterie. Ces différentes ustensiles ont différents noms. Sur la route agricole au Sud Est de Sohag, ils sont venus de Qéna pour vendre leurs fameuses gargoulettes. Ces simples vendeurs racontent comment ont-ils donné beaucoup d'amour pour fabriquer à partir de la terre cuite et du limon, ces pots, pour y mettre de l'eau et pour y cuisiner.

 

De fil en aiguille, les filets son enfilés !

Au service des pêcheurs professionnels et aussi des amateurs, les habitants de Suez offrent une large gamme de filets multicoques de toutes tailles et toutes formes pour bateau de pêche. Les habitants locaux, notamment ceux de toutes les villes du Canal 'Suez, Ismaïlia et Port-Saïd), sont des fabricants de filets, reconnus pour leur savoir-faire.

Les fabricants de filets affirment que leur métier est fait avec beaucoup d'amour et de patience. C'est un métier très connu pour tous ceux qui habitent à Suez, soulignent-ils. En proposant des filets sur-mesure à applications multiples adaptés à chaque usage, ils révèlent qu'ils excellent dans leur travail et aucune autre région du pays ne peut le présenter tel qu'ils le font.

La fabrication d'un filet dure près d'un mois et l'on se prépare à la saison de la pêche- qui commence en septembre- des mois auparavant. et en dépit de l'évolution survenue au niveau des industries relatives aux outils de pêche, pas mal de pêcheurs de Suez insistent à n'utiliser que les filets fabriqués manuellement, tout comme par le passé. Les fabricants utilisent souvent des fils en soie et non pas en nylon, et les teintent d'une couleur marron pour que les files puissent supporter la salinité de la mer.

Vous les trouverez nombreux, ces fabricants de filets de pêche, tout près du mur entourant l'ancienne corniche de Suez. Les fabricants de filets sont aussi des pêcheurs, reconnaissent-ils fièrement.

 

De l'amour et de la patience pour broder les kilims!

Depuis l'ère de Mohamed Ali pacha, les usines de tissage ont été installées dans la région de Fouah. Dès lors, cette zone a braqué les regards des Européens aussi bien que des Egyptiens, pour ses produits de tapis, de kilims et de gobelins, tissés et fabriqués manuellement.

Dès le 19e siècle, toutes les mosquées d'Egpte étaient tapissées par les produits de Fouah, racontent les historiens.

Fouah, ou la ville des mosquées, au for Nord de l'Egypte (Kafr El-Cheikh). Cette ville qui s'éloigne de 180 km du Caire, est fameuse pour ses fabricants de kilims et de tapis. Ces produits ont même une renomée mondiale, où beaucoup d'étrangers, de l'Europe et de l'Amérique viennent nombreux à cette petite ville pour y acheter les tapis particuliers et très caractéristiques.

85% de la production de tapis et de kilims de Fouah est exportée vers les pays arabes et occidentaux, et 77% des habitants de cette ville sont notamment des fabricants et des artisans de tapis et de kilims. Les tableaux qu'ils présentent sont souvent de la nature et de l'entourage rurale.

Les kilims ont leur signification. Ils émanent une forte identité retraçant la mémoire des peuples nomades et semi nomades qui les confectionnent.

Un style, une identité caractérise une tribu, un village : couleurs ardentes ou sobres, motifs complexes ou épurés selon les régions.

Le kilim servait originellement d’étole d’intérieur, de couverture ou de tapis protégeant le sol des mosquées et des maisons. De nos jours, on peut l'utiliser par terre, sur les murs, en jeté de canapé, en tête de lit ou en rideaux.

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