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Neamat Chafik, l'égyptienne qui dirige la plus ancienne université britannique

Walaa Al-Assrah Samedi 25 Mai 2019-15:31:45 Femme
Neamat Chafik
Neamat Chafik

L’Egyptienne Neamat Shafik, surnommée "Dame Minouche", figurait en tête de la liste des femmes les plus influentes du monde en 2015. Elle est la doyenne de l’Ecole d’Economie et de Sciences politiques de Londres (London School of Economics) LES. Elle est la première femme à être nommée dans un tel poste pour devenir ainsi la 16e présidente dans l'histoire de la plus ancienne université depuis sa fondation.

A propos de sa nomination, elle a dit qu’il s’agissait d’une institution unique qui alliait excellence intellectuelle et progrès scientifique. « J’ai hâte de travailler avec tout le personnel et tous les étudiants pour relever les défis du secteur de l’enseignement supérieur ", a déclaré « Minouche ».

Mme Shafik, qui porte également la nationalité américaine et britannique, est, d’ailleurs, vice-gouverneur de la BoE, responsable notamment des marchés bancaires et membre du comité de politique monétaire.

De 2011 à 2014, elle a rejoint l'équipe du Fonds Monétaire International (FMI). Elle a enseigné et publié de nombreux ouvrages, notamment sur la mondialisation, les marchés émergents et l'investissement privé, le développement international, le Moyen-Orient, l'Afrique, et l'environnement.

 

Neamat Talaat Shafik  est née le 13 août 1962 à Alexandrie. Sa famille, dépossédée d'une grande partie de ses biens à la suite des nationalisations décidées par le président Nasser, a quitté l'Egypte dans les années 1960. Shafik a, donc, vécu une partie de son enfance aux Etats-Unis, puis est retournée en Egypte, où elle poursuivi sa scolarité. Elle a entrepris ensuite des études supérieures, tout d'abord à l'Université américaine du Caire, et à l'université du Massachusetts à Amherst puis à la London School of Economics, suivies d'un doctorat en économie au St Antony's College d'Oxford en 1989. Entre ses années d'études aux États-Unis et sa formation complémentaire en Angleterre, s'intercalent deux ans de travail sur les questions de développement, en Egypte, pour le bureau du Caire de l'Agence américaine pour le développement international. Bien que Shafik ait grandi en partie aux Etats-Unis et parle un anglais américain, elle a conservé sa nationalité égyptienne.

Après Oxford, Shafik a rejoint la Banque mondiale et y a exercé plusieurs fonctions dans le département de la recherche, où elle a travaillé sur la modélisation et de la prévision économique mondiale, puis plus tard sur les questions environnementales. Elle s’est consacré ensuite à des travaux macroéconomiques sur l'Europe de l'Est pendant la période de transition et sur le Moyen-Orient. Elle publie plusieurs ouvrages dans cette période. Puis, elle a rencontré son premier mari, Mohamed A. El-Erian.

À 36 ans, elle est devenue la plus jeune vice-président de la Banque Mondiale. En 2002, elle a épousé Raffael Jovine, son second mari, un biologiste marin, avec qui elle a eu deux jumeaux, un garçon et une fille.

Elle a été détachée par le gouvernement britannique auprès du Département du Développement international (DFID). Elle y a occupé le poste de Directeur Général pour les Programmes par Pays, où elle a été responsable de l'ensemble des bureaux du DFID à l'étranger et des financements, notamment pour l'Afrique, le Moyen-Orient, d'Asie, d'Amérique latine et d'Europe de l'Est. À partir de 2008, elle est devenue Secrétaire permanent du DFID, où elle a dirigé le programme d'aide bilatérale dans plus de 100 pays, les politiques multilatérales de financement et les relations avec les organisations internationales, tout en étant responsable de 2 400 employés. Elle a agi en lien étroit avec les ministres et apparaissait régulièrement devant le Parlement. Au cours de son mandat, le DFID était décrit par l'OCDE comme «un leader dans le développement, au niveau international».

D'avril 2011 à 2014, elle a  rejoint l'équipe dirigeante du Fonds Monétaire International. Elle est arrivée au FMI dans une période tumultueuse pour cette institution internationale, à la suite du scandale qui touche son chef, Dominique Strauss-Kahn, démissionnaire en mai 2011, provoquant la nomination de l'ancienne ministre des finances française Christine Lagarde, première femme à la tête du FMI. En mai 2011, en tant que directeur délégué aux opérations, elle remplace au pied levé, pour une réunion de l'Eurogroupe, Dominique Strauss-Kahn, placé en garde à vue, alors que la Zone Euro traverse une crise. Elle est devenue ensuite la seule femme parmi les quatre adjoints dont s'entourait Christine Lagarde.

En 2014, elle est choisie comme vice-gouverneur de la Banque d'Angleterre, responsable notamment des marchés bancaires et membre du comité de politique monétaire. Elle y secoue « le teint mâle et pâle » de la vieille institution.« Il y a des preuves que plus il y a d'hommes sur les places de marché, plus les niveaux de prise de risque sont élevés » affirme-t-elle à la presse anglaise, précisant encore : « Mon ancienne patronne (au Fonds monétaire international), Christine Lagarde, avait coutume de dire que si les Lehman Brothers avaient été les Lehman Sisters, on n'aurait pas eu le même pétrin ». Le 12 septembre 2016, sa désignation comme prochaine directrice de la London School of Economics est annoncée. Elle a pris ses fonctions le 1er septembre 2017.

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