Pétrole Brent : Equation délicate pour l’Opep

Dr Nesrine Choucri Lundi 01 Juillet 2019-13:20:48 Economie
Pétrole Brent
Pétrole Brent

Conjoncture morose et offre pétrolière américaine abondante: l'équation se complique pour les producteurs de pétrole de l'Opep et leurs partenaires, qui débattront la semaine prochaine de la reconduite de leurs baisses de production d'or noir, selon BFM.Bourse.

Réunis lundi et mardi à Vienne, les ministres des 14 membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de leurs dix partenaires (menés par la Russie) se pencheront sur la fragilité de la consommation mondiale de brut, dont l'essoufflement tempère les craintes sur la production au Moyen-Orient. Soucieux de doper les cours, l'Opep et ses alliés (Opep+) s'étaient entendus début décembre pour abaisser leur offre cumulée de 1,2 million de baril par jour (mbj). Stratégie gagnante puisque le prix du baril s'est envolé d'environ 30% au premier trimestre, avant de se modérer.

Le Brent, qui s'échangeait vendredi à 66 dollars le baril à Londres, a également été revigoré par l'intensification des tensions dans le Golfe, bondissant après des attaques de tankers imputées à Téhéran, la destruction par l'Iran d'un drone américain et des menaces belliqueuses du président Donald Trump.

"Cette escalade a ravivé les craintes d'une perturbation de l'offre pétrolière", observe Caroline Bain, analyste de Capital Economics. Mais sans affoler excessivement le marché, note-t-elle. Les stocks mondiaux atteignent des niveaux élevés, les Etats-Unis (premier pays producteur) restent "capables de gonfler rapidement leur offre" si nécessaire, tout comme les pays de l'Opep, qui gardent de vastes capacités de production non utilisées. Surtout, "les risques géopolitiques sont partiellement éclipsés par l'impasse de la guerre commerciale Chine/Etats-Unis", qui plombe la croissance économique mondiale et freine la demande énergétique, abonde Tamas Varga, de PVM.

À l'unisson de l'essoufflement économique, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a récemment sabré deux fois sa prévision de croissance de la demande mondiale de brut pour 2019, ramenée à 1,2 mbj. De quoi limiter toute hausse des cours.

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