Pendant la révolte en Irak, Washington aux abonnés absents

Test Acount Lundi 18 Novembre 2019-18:50:16 Actualités
Pendant la révolte en Irak, Washington aux abonnés absents
Pendant la révolte en Irak, Washington aux abonnés absents

Les Etats-Unis, omniprésents tout au long de leur intervention militaire en Irak, ont façonné le régime post-Saddam Hussein puis aidé à bâtir un nouveau cadre politique. Mais, à l’heure où les Irakiens réclament la chute de cet édifice, Washington semble aux abonnés absents. Ce quasi silence américain révèle, selon des analystes, le déclin de son influence dans le pays, voire un certain désintérêt pour l’Irak, secoué depuis des semaines - surtout à Bagdad et dans le sud chiite - par un mouvement de contestation spontané. «Le fossé (entre Bagdad et Washington) n’a jamais été aussi grand, et il s’élargit de plus en plus», confie à l’AFP un haut responsable irakien qui a souhaité conserver l’anonymat. Pendant son intervention militaire en Irak (2003-2011), qui a mobilisé jusqu’à 170.000 de leurs soldats, les Etats-Unis ont démantelé le régime de l’ex-dictateur Saddam Hussein et ont reconstruit l’Etat et l’armée, installant une nouvelle classe dirigeante avec laquelle ils ont longtemps entretenu des liens forts. Mais ces décisions ont aussi entrouvert la porte de Bagdad au puissant voisin iranien. Jusqu’à récemment, les Américains ont maintenu une forme d’engagement en Irak en dirigeant une coalition internationale chargée d’aider l’armée irakienne à se débarrasser du groupe jihadiste Daech. Et ils ont suivi de près les soubresauts politiques comme le référendum sur l’autonomie au Kurdistan irakien en 2017 ou la formation d’un nouveau gouvernement fédéral l’année suivante. Mais, alors que l’Irak vit son plus important mouvement de révolte depuis des décennies, Washington se fait désormais discret, publiant une poignée de communiqués condamnant les violences - qui ont coûté la vie à plus de 330 personnes, en majorité des manifestants - sans trop se mouiller diplomatiquement.

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