Nestle

Petits trucs pour mieux connaître les Egyptiens

Nevine Ahmed Vendredi 28 Décembre 2018-22:02:04 Chronique et Analyse
Le monte charge
Le monte charge

Si vous voulez bien connaître l'Egypte, il faut la connaître autrement. Loin des visites touristiques et des sites archéologiques. Il faut s'attarder un peu dans sa capitale et y sentir battre son coeur. Découvrez de petits trucs que vous ne trouverez peut-être qu'en Egypte et plus particulièrement au Caire. Visitez ce grand pays sur les pas de ses habitants et vous découvrirez des choses, seulement... en Egypte !

Le "monte-charge"

Le Caire, c'est la capitale. Mais c'est aussi la ville des "monte-charges". Dans tous les bâtiments, vous les remarquerez, quel que soit le quartier. Presque toutes les immeubles du Caire en sont équipés.

Le "monte-charge" est donc ce petit panier en plastique ou en bambou accroché au bout d'une corde, et qu'on fait descendre du balcon ou de la fenêtre pour se munir d'articles. Il suffit d'appeler l'épicier, le vendeur ambulant,le gardien ou n'importe quel autre ommerçant dans la rue. Il n'aura qu'à déposer les articles dans le panier et prendre son argent. "C'est pratique...", disent les Egyptiens... "ça vous évite de devoir descendre et remonter l'escalier, juste pour acheter à toute hâte un petit article !"

 

 

Le "livreur de pain"

 

Si vous vivez au Caire, vous l'avez certes croisé. C'est le "livreur de pain". Il est bien doué cet homme ! s'exclameraient peut-être les étrangers, à sa vue. Toutefois, c'est un spectacle quotidien, voire ordinaire pour les Egyptiens.

Le "livreur de pain" est cet homme qui à bord de son vélo, porte sur la tête, une large plaquette en bois de panier et sur laquelle il dépose des dizaines de galettes fraîches de pain, qu'il va les livrer dans les différentes demeures, sur pré-commande. Il ne faut cependant pas croire que c'est une commande signée en vertu d'un contrat, mais c'est plutôt un accord verbal entre désireux et livreur. En Egypte, les gens s'engagent juste par le mot !

 

 


"Cheikh el-hara"

 

Autrefois, on le connaissait bien dès qu'on rentrait la hara (ruelle). Une figure emblématique qui tape à l’oeil. Souvent assis au seuil de sa maison, l’air fier, la tête tournant à gauche et à droite pour bien surveiller les passants, c’est le cheikh el-hara. Un métier ayant disparu de nos jours. Il fait pourtant partie de l’histoire de chaque ruelle en Egypte. On pourrait dire, que quelques-uns encore vivants, sont témoins d’une époque révolue.

On l’appelle “cheikh”, pour son âge, et aussi pour sa piété, puisqu’il devait être une personne intègre et incorruptible. Le cheikh el-harâ connaît bien les origines de chaque famille, les noms de tous les habitants de la ruelle. Il conserve en lui, si on peut le dire, les éthiques de la harâ, avec ses coutûmes qui sont bien ancrées dans la tête.

Aujourd’hui, la fonction de cheikh el-hara en tant que telle, n’existe plus. Quelques-uns continuent quand même à l’exercer.

Son métier lui permet alors de s’interposer dans les querelles entres voisins de la même ruelle, d’aider les habitants dans le besoin et guider les visiteurs de la ruelle à trouver une adresse ou un des habitants, parfois même, guider la police dans ses investigations.

Il ne serait pas étrange de voir le cheikh el-hara s’immiscer dans les affaires les plus personnelles, puisqu’il est le cheikh sage à qui on demande conseil. Pourquoi pas encore voir le cheikh el-hara n’hésitant pas à demander la main d’une jeune fille de la ruelle à un jeune “etra”, comme dit-on des jeunes et braves hommes de la harâ.

Au début des années 20 du siècle passé, le nombre des cheikhs el-hara du Caire, s’élevait à 200. Un chiffre qui s’est rétréci à 50 jusqu'en 2005. Depuis 1956, le titre de cheikh el-hara a été considéré comme une fonction publique, à plein temps. L’âge de la retraite a été fixé à 65 ans et le cheikh qui l’atteint obtient une pension de retraite. Au début, la fonction du cheikh el-hara était héréditaire, mais au fil du temps, ce cheikh est devenu élu par un comité formé de quatre membres parmi les personnalités éminentes du Caire et des commissariats de police. Trois candidats devaient se présenter pour chaque ruelle. Les noms choisis par ledit comité étaient ensuite soumis au gouverneur, pour en choisir un pour chaque hara.

 

 

Le balcon

 

Espace médiateur entre la ville et ses habitants... espace qui est à la fois visible de la rue mais est cependant un lieu intime attaché à un habitat, les balcons d'Egypte sont un vrai lieu de vie au coeur d'un grand pays.

Depuis les bric-à-brac empilés dans les coins des balcons jusqu'aux pots de fleurs et de plantes les garnissant, les terrasses ensoleillées de l'Egypte recèlent de secrets et d'histoires.

De nombreux pays occidentaux, des balcons fantastiques sont pleins de couleurs et de fleurs, mais rien n'égale les terrasses d'Egypte où chaleur, intimité et vie émanent de ces fils de gombo ou ces bouquets d'ails suspendus sur les murs.

Cet amour pour les balcons qu'ont les Egyptiens, les pousse souvent à avoir la tête levée vers le haut en marchant dans les rues pour voir les balcons. Comme si l'on cherchait tant d'histoires derrière ces terrasses pour donner libre cours à l'imagination et pour en inventer d'autres.

Depuis un balcon donnant sur des révolutionnaires heureux de vivre sous un jour de liberté, ou donnant sur un Fleuve mythique et glorieux qui regarde passer la manne touristique, et arrivant jusqu'aux séries d'immeubles construits sans goût, les balcons d'Egypte racontent beaucoup.

en relation