Ramadan: Une foi, une éthique et un engagement à suivre

Soha Gafaar Mardi 12 Juin 2018-15:02:39 Chronique et Analyse
Ramadan: Une foi, une éthique et un engagement à suivre
Ramadan: Une foi, une éthique et un engagement à suivre

Le mois de Ramadan touche bientôt à sa fin en emportant avec lui toutes ses faveurs. Il va nous quitter avec ses flots d’amour et de paix intérieure, avec son élan de spiritualité qui nous poussait à être bon et à promouvoir le bien. Les musulmans qui ont jeûné avec foi et sincérité, attendent avec nostalgie le retour du mois du Ramadan. L’heure du bilan personnel a sonné. Le fidèle a besoin d’un temps de recueillement  pour son introspection et faire son examen de conscience. A-t-il jeûné le mois du Ramadan comme il se doit ? Les efforts déployés pendant ce mois béni ont-ils contribué à le rapprocher de Son Seigneur ? Son jeûne est-il agréé par Dieu ? Gardera-t-il le même élan de spiritualité initié durant le mois du Ramadan ? … Autant de questions qui exigent d’y répondre sincèrement pour permettre à chacun de savoir où il en est dans sa relation avec Dieu et de revoir sa haute visée.

Le mois du Ramadan est une école d’éducation de l’âme et de perfectionnement de la foi, où l’on se ressource pour fortifier sa foi et approfondir sa relation avec Dieu. C’est également, l’école du changement où l’on réalise un sursaut spirituel et la victoire sur soi, où  l’on opère une mutation éthique. Le jeûne est un secret gardé entre le serviteur et Son Seigneur. Personne en dehors d’Allah  ne peut savoir vraiment si la personne jeûne ou pas. C’est pourquoi, comme nous l’apprend le hadith authentique dans lequel Allah dit: « Toutes les œuvres du fils d’Adam lui appartiennent ; chacune d’entre elles en vaut dix à part le jeûne qui M’appartient et dont je me réserve la récompense. Il délaisse pour moi ses envies, sa boisson et sa nourriture. »  Il lui est possible en effet de manger et de boire à l’insu des gens, en se cachant et en s’isolant dans une pièce. Il lui serait facile de dire une fois dehors qu’il jeûne alors qu’en fait seul Allah est au courant de sa situation. La seule raison qui l’empêche de le faire, c’est de savoir qu’Allah observe tous ses faits et gestes et qu’il se sent surveillé.

Ce sentiment est tout à fait louable, mais la leçon que la personne doit en tirer, est de savoir que celui qu’on craint en accomplissant mal son jeûne est celui qu’on doit également craindre en accomplissant mal notre prière, notre aumône, notre pèlerinage, et tout ce qui est obligatoire.

En effet, étymologiquement, le jeûne en arabe signifie s’abstenir de quelque chose. D’un point de vue islamique, il consiste à s’abstenir de boire, de manger et d’accomplir tout ce qui peut annuler le jeûne depuis l’aube jusqu’au coucher du soleil.

Le sens islamique est dérivé du sens étymologique qui englobe un sens plus large. Ainsi, le jeûne au sens étymologique peut prendre le sens du jeûne au sens islamique, car il l’englobe comme il peut englober d’autres significations. Il exprime notamment le fait de s’abstenir de commettre des péchés. Les organes comme l’œil, la langue, l’oreille, la main, le pied, et le sexe doivent s’abstenir de commettre ce qui leur est interdit de faire comme le dénote le sens étymologique du terme « jeûne » en arabe.

Ces organes sont des bienfaits qu’Allah a octroyés aux hommes, des organes dont personne ne peut se passer. Par ailleurs, Allah qui leur a octroyé ces bienfaits, leur a ordonné en retour de les utiliser dans ce qu’il agrée et leur a interdit de les utiliser dans ce qu’il répugne. L’une des plus grandes façons d’exprimer sa reconnaissance envers Allah qui est l’auteur de tout bienfait apparent ou caché dont peut jouir l’être humain est de les utiliser dans les limites du licite et de s’abstenir en permanence de les utiliser dans l’illicite.

Allah promet une récompense immense à celui qui le remercie pour ces bienfaits et à celui qui n’outrepasse jamais les fonctions pour lesquelles ses organes ont été créés.

Quoi qu’il en soit, le plus important est de tirer profit de la période de Ramadan pour multiplier les bonnes œuvres et s’éloigner des péchés. Plus important encore, elle doit procurer la constance dans cette voie, car la récompense des bonnes actions est d’en faire d’autres par la suite et la punition des mauvaises actions est d’en faire d’autres par la suite.

 

Dieu de Ramadan est Dieu de tout le temps

Rester fidèle à la voie de Dieu et honorer son pacte avec Lui, c’est persévérer dans l’accomplissement de bonnes œuvres et continuer les efforts après le mois du Ramadan. C’est prendre garde à ne pas se laisser happer par les aléas de la vie et défaire son lien avec Dieu après l’avoir consolidé durant le mois béni du Ramadan.

L’objectif du fidèle, soucieux de son accomplissement spirituel, n’est pas juste de rendre une bonne copie à la fin du mois du Ramadan puis se laisser aller le reste de l’année ; mais plutôt faire du moi béni du Ramadan un tremplin pour réaliser son ascension spirituelle. L’adoration de Dieu ne se restreint pas seulement au mois du Ramadan ; mais la vie du fidèle, toute entière, doit être imprégnée d’adorations, de bonté et de présence à Dieu.  Le mois du Ramadan n’est qu’un moment de notre vie qui s’est écoulé mais Dieu que l’on adorait pendant le mois du Ramadan est Eternel. Il mérite de notre part reconnaissance, amour et adoration en tout temps et tout lieu. Après avoir goûté à la douce saveur de la dévotion durant le ramadan, il ne convient pas au musulman une fois le mois terminé de ruiner ce plaisir en sombrant dans les péchés au goût amer. Il ne convient pas non plus dès le début du mois de chawwâl (le mois de l’Hégire qui suit le mois de Ramadan) et de tous les mois à venir de donner à son ennemi que l’on a dompté un mois durant, l’occasion de se réjouir. Il n’est pas du comportement du musulman scrupuleux de faire ses adieux aux bonnes actions après les avoir accomplies au mois du jeûne. En agissant ainsi, il échange ce qui est meilleur pour ce qui est moins bon. Parmi les autres leçons que le musulman peut tirer du Ramadan après avoir été le témoin de l’affluence des musulmans dans les mosquées, est de prendre la ferme résolution et l’engagement de compter parmi les fidèles assidus à la prière en commun après ramadan.  Invoquons enfin Seigneur Dieu d’accepter de tous les musulmans le jeûne du mois du ramadan et l’ensemble de leurs œuvres. Accorde-leur Ton Amour, Ta Miséricorde et Ta Proximité. Guide-les pour qu’ils deviennent meilleurs moralement et spirituellement afin de témoigner sincèrement de leur foi.

·         Sources : Bureau de prédication islamique de Rabwah, Riyadh

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