Si vous avez raté l’éclipse solaire de juin, ne ratez pas alors celle de décembre

Soha Gafaar Samedi 04 Juillet 2020-13:50:07 Chronique et Analyse
Si vous avez raté l’éclipse solaire de juin, ne ratez pas alors celle de décembre
Si vous avez raté l’éclipse solaire de juin, ne ratez pas alors celle de décembre

Ce phénomène astronomique connu sous le nom d’éclipse annulaire ne se produit qu’une ou deux fois par an. Cette année 2020, la première fois a eu lieu le 21 juin. Elle a commencé en Afrique de l'Est, traversant plusieurs endroits, pour finir dans l'océan Pacifique. Seulement 2% de la surface de la Terre étaient concernés par la phase totale de l’éclipse. Et la seconde fois de cette année aura lieu le 14 décembre. Si vous étiez des 2% de la population mondiale, mais que vous avez raté l’éclipse de juin, faites tout alors pour ne pas rater celle de décembre…

 

 

 

L’éclipse solaireannulaire du 21juinétait la 15e éclipse annulairedu XXIe siècle. Commençant en Afrique de l'Est, cette éclipse traverse le Sud de la péninsule Arabo-persique, puis le Pakistan, traverse ensuite l'Himalayapour continuer en Chine, puis à passer à Taïwan, pour finir dans l'océan Pacifique.  Pendant quelques instants, notre étoile apparaîtra comme un anneau brillant, entourant le disque lunaire. Ce spectacle ne sera pas visible de partout sur la planète. Le maximum de cette éclipsesera visible depuis l’Asie. Mais il était possible pour le reste de la planète de la suivre sur YouTubeen direct.

L’éclipse générale a commencé à 5h46, heure de Paris (3h46 UTC). À 6h47, c’était le début de l’éclipse annulaire. Le maximum de l’éclipse a eu lieu à 8h40. L’éclipse annulaire a pris fin à 10h32. La fin de l’éclipse générale était à 11h34.

Il existe différents types d’éclipses solaires. Celle du 21 juin est une éclipse annulaire — comme l’éclipse qui s’est produite le 26 décembre dernier. Lors de cet événement, le Soleil, la Lune et la Terre sont alignés, dans cet ordre. Lorsqu’un observateur ou une observatrice est bien placé pour le voir, que se passe-t-il ? Le diamètre apparent de la Lune est plus petit que le diamètre apparent du Soleil. En d’autres termes, le disque du Soleil que l’on observe n’est pas entièrement occulté par la Lune au cours de l’éclipse. En bref, la Lune a passé devant le Soleil, dans un alignement avec la Terre suffisamment parfait pour le cacher. Mais pas entièrement, comme lors d’une éclipse totale : la Lune n’étant pas assez près de la Terre, il s’agirait d’une éclipse annulaire, c’est-à-dire qu’à son maximum, il restera un anneau autour du Soleil, formant un cercle de lumière.

Comme l’indique l’observatoire de Paris, « tous les observateurs situés sur la bande de centralité observeront d’abord une phase partielle, puis la phase annulaire, puis de nouveau une phase partielle ». La phase annulaire doit son nom au fait qu’une sorte d’anneaux de feu semble se dessiner autour de la Lune.

Si jamais vous avez la chance de pouvoir profiter de cette éclipse, il ne faut pas oublier qu’elle ne doit pas être observée sans protection adéquate. Il est obligatoire de protéger ses yeux en portant des lunettes spéciales (qui doivent comporter le marquage CE).

L’important est de « regarder la météo un ou deux jours avant et de choisir l’endroit où le ciel sera le plus dégagé », conseille la NASA. « Le beau temps est la clé d’une observation réussie. Il vaut mieux voir une éclipse courte dans un ciel clair qu’une éclipse plus longue dans les nuages », fait valoir l’agence spatiale américaine sur son site.

« Seulement 2% de la surface de la Terre sont concernés par la phase totale de l’éclipse, et c’est ce qui rend le phénomène exceptionnel », a expliqué à l’Agence France-presse (AFP) Florent Deleflie, astronome de l’Observatoire de Paris-PSL. Il est moins spectaculaire qu’une éclipse totale, où la place qu’occupe la Lune dans le ciel correspond exactement à la place qu’occupe le Soleil et provoque la nuit, comme ce fut le cas au-dessus de la France en 1999.

Mais une éclipse annulaire est tout de même « belle à observer, elle provoque une baisse de luminosité qui n’a rien à voir avec un lever ou un coucher de soleil : cela donne une lumière froide, comme si on remplaçait une ampoule de 500 watts par une ampoule de 30 watts », détaille l’astronome français. Il y a selon lui de belles photos à faire, et il est aussi intéressant d’observer la manière dont les animaux réagissent « car ils se rendent compte qu’il se passe un phénomène bizarre : les oiseaux peuvent se recoucher, les vaches retourner à l’étable… ».

Mais attention : en dépit de la baisse de la luminosité, il ne faut surtout pas regarder les astres à l’œil nu, même avec des lunettes de soleil, qui ne filtrent pas les UV, prévient le spécialiste. « C’est aussi dangereux que de le regarder un jour normal : le Soleil est tellement lumineux que même s’il reste une petite portion éclairée, il y a danger pour les yeux », fait-il valoir. Les plus curieux devront donc se munir de lunettes spéciales, de masques de soudeurs homologués ou utiliser les moyens d’observation des astronomes amateurs.

Par le passé, les éclipses représentaient un enjeu scientifique. Elles ont permis par exemple d’étudier la couronne solaire, ou encore de tester la théorie de la relativité, comme ce fut le cas dans les années 1920. Aujourd’hui, leur intérêt est surtout esthétique.

La prochaine éclipse de Soleil aura lieu le 14 décembre 2020. Ce sera une éclipse totale, la quatorzième du siècle mais le 15e passage de l'ombre de la Lune sur Terre (en ce siècle). Sa bande de totalité commencera dans l’océan Pacifique, traversera le Chili et l’Argentine, et se terminera dans l’océan Atlantique.

Cette éclipse totale commencera en plein océan Pacifiqueéquatorial, puis descendra vers des latitudes plus australes, croisant ainsi le parcours de l'éclipse totale précédente. Ensuite elle touchera le sud du Chili, puis passera en Patagonieoù elle aura son maximum, vers le midi local. Puis elle continuera sur l'océan AtlantiqueSud où elle finira au large des côtes de Namibie.

 

… et qu’est ce que c’est une éclipse lunaire ?

Une éclipse lunaire, ou éclipse de Lune est une éclipsese produisant à chaque fois que la Lunese trouve dans l'ombre de la Terre. D'un point de vue lunaire, il s'agit d'une occultation du Soleil par la Terre. Cela se produit uniquement lorsque la Lune est éclairée, et quand le Soleil, la Terreet la Lune sont alignés ou proches de l’être. Le type et la taille d'une éclipse lunaire dépendent de la position relative de la Lune par rapport à ses nœuds orbitaux.

Une éclipse lunaire se produit lorsque l’ombre de la Terre se projette sur la Lune. Deux conditions sont requises pour que cela arrive. D’abord, la Lune doit être pleine, c'est-à-dire que, par rapport au Soleil, elle doit se trouver juste derrière la Terre. Toutefois, comme le plan orbital de la Lune est incliné de 5° par rapport au plan orbital de la Terre (l'écliptique), la plupart des pleines lunes se produisent quand la Lune est au Nord ou au Sud de l'ombre de la Terre. Ensuite, une deuxième condition pour qu'une éclipse lunaire advienne est que la Lune doit être à proximité d'un des deux points d'intersection que son orbite fait avec l'écliptique. Ces deux points nodaux sont appelés respectivement nœud ascendantlunaire et nœud descendantlunaire. Chaque année il y a au moins une ou deux éclipses lunaires.

L'ombre terrestre peut être décomposée en deux parties distinctes : l'ombre et la pénombre. Dans l'ombre, il n'y a pas de rayonnement solaire direct. Toutefois, du fait de l'importance du diamètre angulaire du Soleil, l'éclairement solaire est partiellement arrêté dans la partie externe de l'ombre terrestre que l'on nomme pénombre.

Une éclipse pénombrale se produit quand la Lune traverse la pénombre de la Terre. La pénombre ne provoque aucun obscurcissement notable de la surface lunaire, pourtant certaines personnes affirment qu'elle jaunit un peu. Certaines éclipses pénombrales sont totales, durant lesquelles la Lune se trouve entièrement dans la zone de pénombre de la Terre. Les éclipses totales pénombrales sont rares, et quand elles se produisent, la partie la plus proche de l'ombre peut apparaître plus sombre que le reste de la Lune.

Une éclipse lunaire partielle se produit uniquement quand une partie de la Lune entre dans l'ombre. Quand la Lune traverse complètement l'ombre terrestre, on peut observer une éclipse lunaire totale. La vitesse de la Lune à travers l'ombre est de l'ordre du kilomètre par seconde, et la totalité peut durer jusqu'à près de 107 minutes (un peu plus d'1 h 45). Néanmoins, la durée totale entre le premier et le dernier contact de la Lune avec l'ombre est beaucoup plus long (jusqu'à 6 heures). La plus longue éclipse lunaire totale sur la période allant de 1000 av. J.-C. à 3000 ap. J.-C. aura eu une durée de 1 h 47 min 14 s, et eut lieu le 31 mai 318. La distance relative de la Lune de la Terre durant une éclipse peut affecter la durée d'une éclipse. En particulier, quand la Lune est proche de son apogée(c'est-à-dire le point le plus éloigné par rapport à la Terre sur son orbite) sa vitesse orbitale est plus lente. Le diamètre de l'ombre ne décroît pas plus avec la distance. Ainsi, une Lune totalement éclipsée se produisant près de l'apogée prolongera la durée de la totalité.

Une éclipse totale se produit quand 100% du globe lunaire est plongé durant un laps de temps dans le cône d'ombre de la Terre. La Lune prend alors des teintes cuivrées, plus ou moins sombres selon l'alignement Soleil-Terre-Lune. Le 26 juin 2029, il se produira une éclipse totale centrale, c'est-à-dire que le Soleil, la Terre et la Lune seront parfaitement alignés. Ce phénomène n'arrive qu'une fois par siècle en moyenne.

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