Tchad : Nouvelle Constitution adoptée, les pouvoirs du président renforcés

Mercredi 02 Mai 2018-13:12:38 Bonjour l'Afrique
Le président tchadien Idriss Déby à Washington aux États-Unis, le 6 août 2014
Le président tchadien Idriss Déby à Washington aux États-Unis, le 6 août 2014

Les députés tchadiens ont adopté lundi une nouvelle Constitution instaurant un régime présidentiel et renforçant les pouvoirs du président Idriss Déby, lors d'un scrutin boycotté par l'opposition qui a tenté de manifester devant le Parlement entouré d'un important dispositif de sécurité.

L'Assemblée nationale a voté le projet de Constitution par 132 voix pour, 2 contre. Il n'y a pas eu d'abstention.

Une forte présence policière était visible aux abords de l'Assemblée nationale à N'Djamena, l'opposition et plusieurs organisations de la société civile ayant appelé à manifester dans la matinée, a rapporté l'AFP. La route menant au Parlement était quadrillée par les forces de l'ordre.

La majorité des 33 députés de l'opposition, sur les 170 que compte l'Assemblée, ont boycotté le scrutin pour protester contre l'adoption du projet de révision constitutionnelle par voie parlementaire. L'opposition, des organisations de la société civile et l’Église catholique avaient demandé qu'il soit adopté par référendum.

Le texte est issu des résolutions d'un forum rassemblant les forces politiques, religieuses et sociales du pays, tenu en mars mais boycotté par l'opposition et une partie de la société civile.

Le texte prévoit que le mandat du président passera à 6 ans, renouvelable une fois, contre 5 ans renouvelable indéfiniment actuellement. Idriss Déby, 65 ans, en est à son cinquième mandat, qui doit s'achever en août 2021.

Cette limitation ne convainc pas l'opposition, qui relève qu'Idriss Déby pourrait tout de même rester au pouvoir jusqu'en 2033.

- Déby "seul" aux commandes -

Les ministres, nommés par le président, prêteront serment devant celui-ci qui pourra aussi "déléguer certains de ses pouvoirs aux ministres".

"Déby seul sera aux commandes, plus qu'il ne l'était déjà", estime l'un des principaux partis d'opposition, l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR).

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