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Voyager, un antidote au stress et un plaisir d’apprentissage

Hanaa Khachaba Samedi 08 Juin 2019-14:37:20 Chronique et Analyse
Voyager, un antidote au stress et un plaisir d’apprentissage
Voyager, un antidote au stress et un plaisir d’apprentissage

L’Egypte  offre à ses habitants mille et un endroits pour un amusement complet. Toutefois,  de nombreux égyptiens, surtout les personnes âgées, ont du mal à bouger pour aller voir ailleurs. Où se situe le voyage dans la culture de la population ? Faute de moyens, certains ménages se trouvent obligés de s’enfermer dans leur ville, village voire domicile. D’autres, du fait qu’ils n’avaient pas encore éprouvé la joie de s’ouvrir sur le monde, ne voient pas d’inconvénient de passer leur vie entre quatre murs. Les plus jeunes, eux, font tout au point de s’endetter pour quitter le domicile. Voyager pour eux est synonyme de liberté. Dans le pays ou à l’étranger, l’essentiel est de s’émanciper des contraintes quotidiennes. Quand ils décident de partir en voyage, soit-il à l’étranger ou à la plage d’une ville de quelques centaines de kilomètres de distance, les Egyptiens vous étonneraient par leurs habitudes de voyage drôles et bizarres.

 

Voyager comporte de nombreux avantages. Surtout celui de se déconnecter de sa vie quotidienne et du stress de ses responsabilités professionnelles. C’est donc très normal de voir dans le voyage une escapade de la pression de tous les jours. Il est très fréquent que, vu la frénésie de la vie, les gens décident de s’offrir quelques jours de détente à l’improviste même en dehors des périodes de vacances traditionnelles.

Que vous soyez jeunes ou plus âgés, le voyage aide, parmi tant d’autres avantages, à changer d’air. Les plus jeunes cherchent à partir à l’aventure. Ils optent pour des destinations dépaysantes et exotiques où le soleil et la fête battent leur plein. Quant aux personnes plus âgées, elles ont tendance à partir pour des voyages plus calmes, dans des endroits ordinaires, en famille, pour fuir le tumulte des endroits encombrés.

Après de dures longues semaines de labeur, il est naturel de ressentir ce besoin de cueillir les fruits de son travail et de simplement se donner une semaine, sinon quelques jours, de répit. Voyager permet donc de partir en quête d’une nonchalance momentanée. Il aide aussi à partir à la découverte de nouvelles cultures, de faire la connaissance de nouveaux gens, d’ouvrir son esprit au monde.

Voyager contribue à enrichir nos vies, nos valeurs et à mieux se recentrer sur ses besoins. Quand on part pour de nouvelles contrées, on aura la chance d’apprendre de nouvelles informations, on étendra notre savoir-faire et multipliera nos astuces pour avancer avec adresse dans la vie. Bref, c’est l’occasion de refaire le plein d’énergie et de se ressourcer pour s’en remettre des ennuis quotidiens infinis et ensuite de se mieux fondre dans le train-train de la vie. Il s’agit donc d’une nécessité psychologique, instructive et relaxante en particulier pour les jeunes gens qui sont encore dans le besoin de découvrir leur entourage.

Dans notre société actuelle, beaucoup de gens souffrent du stress au travail et de surmenage. Les moments de détente de week-end, ils les passent enfermés dans leur monde, devant l’écran. Sinon, les réseaux sociaux dévorent tout le temps libre au détriment d’un changement d’horizons en voyageant. Pendant un séjour ailleurs, de nouvelles expériences augmenteront les capacités d’adaptation de l’individu et renforceront son ouverture aux autres. Les gens qui voyagent beaucoup ou très souvent sont beaucoup moins réticents au changement que ceux qui ne voyagent que très peu ou pas du tout. Et donc, ils sont beaucoup plus enclins à accepter l’autre tel qu’il est, sans chercher à le formater à sa guise.

De nombreuses familles égyptiennes considèrent le voyage comme un accessoire. Si on a les moyens, on peut partir à la plage, sinon, il y a « d’autres priorités dans la vie ». Une famille égyptienne typique ne cherche pas à faire des économies pour voyager. Pour elle, le voyage n’est synonyme que de repos luxueux, et l’on peut bien se reposer tout en étant chez soi, pensent beaucoup de ménages. Ce n’est seulement pas le peu d’argent qui est mis en question. La culture même d’aller à la découverte d’un nouvel endroit fait défaut. Et si elle décide enfin de faire les bagages, une famille égyptienne dresse une très longue check-list !

Deux ou trois semaines avant le départ, la maman se trouve absorbée par des courses interminables, le tout pour le voyage, même si l’escapade ne durera que quelques jours. Une femme égyptienne part rarement sans ses propres draps, pour éviter les punaises de lit ! Que le séjour se fera dans un hôtel ou dans un appart, elle apporte avec elle des draps et des couvertures, car soupçonnant la propreté des autres ! Idem, pour la cuisine ! Elle emporte souvent ses petits trucs de cuisine avec elle : son meilleur couteau, ses lessives, un linge pour nettoyer, du savon, du papier toilette, son petit fer à repasser et inévitablement sa bouilloire. Si l’on passera quatre jours, c’est qu’elle portera le double des vêtements nécessaires. Quatre habits de rechange pour chaque membre de la famille si celle-ci se compose de plusieurs enfants âgés de moins de sept ans. Côté nourriture, une famille égyptienne authentique, vous la reconnaissez en trouvant avec elle une demi-douzaine de bagages dont la moitié est réservée aux aliments. L’odeur des repas prêts à consommer vous pénètrent à deux mètres de distance. Les marmites de mahchi « des aubergines, des feuilles de vigne, des poivrons farcis », les sandwichs de kofta (un hachis de viande pimentée), du blanc de poulet pané, des steaks, sont la caractéristique des voyages à l’égyptienne au bord des plages populaires. Les pastèques font partie du repas de place. C’est la tendance générale chez les ménages à revenu limité, tandis que les familles issues d’une classe sociale plus élevé n’emportent que le strict nécessaire. L’on peut tout acheter  là où on va, en sont-elles convaincues. Alors pourquoi se donner de la peine de se déplacer avec des choses encombrantes !

Le choix de la destination se fait en fonction, a priori, des moyens financiers. Secundo, les familles égyptiennes modestes préfèrent partir en groupes, par l’intermédiaire d’un certain syndicat professionnel, d’un club sportif et social, ou d’une agence de tourisme qui présente des offres alléchantes à prix modiques.

Ces familles égyptiennes dont les économies ne sont pas considérables, préfèrent les endroits classiques, où les plages populaires sont gratuites. Comme réserver dans un hôtel leur semble exorbitant, elles partent, pour la plupart, à Alexandrie, dans un bus collectif, pour ne pas payer un sou de plus. Le divertissement est facultatif pour eux.

Ces ménages semblent pourtant ignorer les multiples bienfaits et avantages que procure le voyage, ceci est d’ailleurs très recommandé dans la culture musulmane. Les gens à modestes moyens n’apprécient pas trop le voyage. Comme ils n’ont pas éprouvé les belles émotions de l’aventure, ils s’en passent croyant que c’est plus pénible qu’amusant de faire des déplacements loin de chez soi pour rien ! Or, le fait de simplement s’allonger devant la mer, sans réfléchir qu’à l’instant présent, fait beaucoup de bien à l’être humain. Une vérité qui échappe à celui, vu les circonstances, est privé de ce bonheur.

Voilà une des raisons qui obligent les autorités égyptiennes à offrir de temps à autre des semaines de tourisme interne en contrepartie de prix symboliques à l’intention des familles à revenu limité, pour que l’amusement ne soit pas l’apanage de ceux qui disposent de moyens !

 

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