La police égyptienne: entre discipline militaire et administration civile
Le système de police en Égypte au début du XXe siècle — notamment durant la période monarchique et sous le protectorat britannique — se distinguait par une organisation mêlant structure militaire et administrative, comme en témoignaient les grades et les appellations.
Premièrement : Les appellations des commissariats
Au début du siècle dernier, les postes de police dans les grandes villes comme Le Caire et Alexandrie étaient appelés « huitièmes » (division administrative et sécuritaire). Dans les provinces, on utilisait plutôt le terme « centre ».
Les « huitièmes » étaient administrés par la direction de la capitale ou de la ville.
Cette période a également vu l’introduction de technologies simples, comme le téléphone pour relier les différents postes, ainsi qu’un recours accru à la police montée aux côtés des agents à pied.
Deuxièmement : le poste de commissaire principal
Le commissaire principal était — et demeure dans son essence — le responsable de l’administration et de la sécurité dans son district. Au début du XXe siècle, ce poste présentait les caractéristiques suivantes :
Grade et statut : il détenait souvent un grade militaire, comme commandant ou colonel. Il jouissait d’un grand prestige social, représentant l’autorité exécutive directe dans la région.
Uniforme : il portait une tenue militaire officielle composée d’une veste fermée et du tarbouche, symbole de l’autorité étatique à l’époque.
Fonctions : son rôle ne se limitait pas à la sécurité ; il avait aussi des responsabilités administratives et sociales, intervenant dans les conflits majeurs entre familles et supervisant l’application des décisions de la direction provinciale.
Troisièmement : La structure interne du commissariat
Le commissariat comprenait plusieurs fonctions dont certaines ont disparu ou évolué :
L’adjoint : assistant direct du commissaire principal, avec des postes comme adjoint administratif et adjoint chargé du maintien de l’ordre.
Le constable : grade souvent attribué à des policiers étrangers (européens) ou à certains Égyptiens, équivalent à un sous-officier.
Le sergent et le sergent-chef : grades chargés de la discipline sur le terrain.
Le garde rural : dans les centres ruraux, ces agents jouaient un rôle essentiel dans la surveillance des villages et des installations.
Quatrièmement : Le lien avec la direction provinciale
À cette époque, le commissaire principal relevait directement du directeur de la province (équivalent actuel du gouverneur), qui cumulait les pouvoirs administratifs et sécuritaires. La police constituait alors un instrument central pour maintenir l’ordre public et appliquer les lois, notamment dans les domaines agricole et financier.





